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 Lorsque le destin bascule…Décés de Viken ( 14 octobre 1459)

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MessageSujet: Lorsque le destin bascule…Décés de Viken ( 14 octobre 1459)   Mar 29 Jan - 7:49

--Barjot a écrit:
[ Fougères ]

Depuis quelques jours il était arrivé en ville, cherchant un endroit tranquille pour se loger.
Rien !
Toutes les villes étaient les mêmes, sales et austères !
Trop fatigué pour chercher davantage, il passerait sa première nuit sous le renfoncement d’une porte cochère ou sous un pont. Son regard s’arrêta sur un chien endormi dans l’un des nombreux caniveaux que contenait cette ville. Caniveau ruisselant de toutes sortes d’excréments. Sautant en direction de la bête, lui assénant un coup de pied dans les côtes, cédant à un rire fou, en entendant la bête gémir. Il s’allongea, se recroquevilla dans la place chaude abandonnée par l’animal. Roulant sa besace en guise d’oreiller il cala sa tête

Sa tête, parlons-en de sa tête, il y avait un tumulte dans celle-ci depuis la mort de sa femme. Elle était morte depuis peu, on l’avait trouvée dans un fossé, raide comme un passe-lacet. La garce n’ayant même pas finit le ménage de la maison.
Raide, froide !
Mauvaise rencontre avait déclaré le sergent de police. Rapport vite signé, femme vite oubliée, ainsi meurent les gueux….
Mais lui il savait….Il savait…

Alors il était parti. Droit devant lui avec sa maigre besace Il travaillait un peu aux champs quand il n’était pas trop soul, il tirait quelques bourses de ces nobles bien habillés, chapardait dans les poulaillers au hasard de sa bonne fortune.

Le soir il hantait les taudis, mais son physique n’attirait pas trop les femmes. Il voulait des jeunes femmes aux formes bien faites. Il lorgnait tous les jupons qui passaient à sa portée. Il lui arrivait bien quelques bonnes fortunes…..

Un soir dans une taverne de la ville, un gros bourgeois à la bedaine bien rebondie, offrait des tournées générales à tout le monde. L’homme avait bu comme un trou et Barjot en avait bien profité buvant tous les verres qui étaient à sa portée, essuyant sa grosse lèvre épaisse sur sa manche. Son ventre était en feu car il n’avait guère mangé ce jour-là, le vin lui chauffait ses tempes, sa tête était lourde….

Quand le bourgeois avait quitté la taverne il lui avait emboîté le pas, le suivant de loin en loin dans les ruelles étroites. L’obscurité se faisant, il s’était rapproché de lui quand il y avait moins de monde et il avait tenté de lui voler sa bourse. Mais ses membres étaient lourds vu son état d’ébriété et son geste imprécis. Le bourgeois s’était mis à glapir comme le chien, hurlant au voleur.. Cette espèce d’idiot avait rameuté des miliciens qui l’avaient aussitôt emmené au poste de sécurité. Puis deux sergents l’avaient conduit en prison.

Et depuis, il était là, à attendre que l’on décide de son sort. Pourtant il appréciait une chose, il pouvait manger de la soupe chaque jour, une sorte d’infâme potage avec de maigres morceaux de légumes et une petite tranche de pain. Bien sûr, ce n’était pas la bonne soupe de sa garce mais, il avait quelque chose à avaler tous les soirs. Il aurait bien aimé aussi du vin mais les gardes gardaient sa ration. Il la gardait pour eux, la buvant en jouant aux dés ou aux cartes. Il entendait les cris des autres prisonniers, ceux qui criaient à l’injustice, qui criaient leur innocence, ceux qui trop jeunes pleuraient comme des enfants gémissant en dormant. Il y avait aussi des femmes, parfois il les apercevait en tendant bien le cou entre deux barreaux et des frissons lui montaient le long de l’échine.

Missanges a écrit:
[ Rennes ]

Une nouvelle vie à trois avait débutée.
Afin de me reposer et de me remettre de mon accouchement, nous avions décidé communément, de rester quelques temps dans la ville de Rennes. Mon mari avait réintégré l’armée et moi je faisais une garde tous les trois jours dans une lance, en suivant scrupuleusement les recommandations de Madcat la mairesse de la ville.

Le moulin nous manquait grandement et chaque jour nous entendions fuser une réflexion des Mamettes.
-Ma doué ! Nous devrions ouvrir des chambres au moulin, nous ferions fortune ! Avec le prix que nous payions pour celle-ci, regarde-moi ce linge..
Entre ses doigts, un drap se tendait, elle le faisait tourner et retourner dans tous les sens, montrant aux deux autres Mamettes des ombres sombres sur celui-ci. Soizig et Ambroisine acquiéçaient de la tête faisant dodeliner leurs longues coiffes.
-Tu sais bien que les rayons de soleil ne sont pas les mêmes ici qu’à Kastell voyons. Le linge ne peut être aussi éclatant…

Mon mari tourna son visage dans ma direction et nos regards se croisèrent. Nos yeux restèrent ainsi un long moment unis se détaillant, se savourant, exprimant l’intensité de notre amour. Un sourire s’étira sur nos lèvres, mais aucun de nous deux ne releva la phrase.

Le moulin me manquait tant et la famille aussi. La famille Kerdren !
Les enfants de Lilith et de Peter avaient dû grandir et j’avais hâte de montrer Naelig. Viken berçait celle-ci doucement essayant de l’endormir malgrè les voix des Mamettes. Passant ma main autour de la taille de mon mari, je déposais un baiser sur sa joue ainsi que sur celle de notre fille.
Nous étions si bien ensemble, chaque jour qui passait, nous faisait regretter de nous être connus tardivement. Naelig fruit précieux de notre amour, s’était endormie, blottie contre le torse puissant et musclé de son père, malgré les voix qui continuaient à détailler et critiquer la chambre.

La pièce était pourtant la plus belle de la modeste auberge, que nous avions trouvée. Les clients étaient rares en ces jours de guerre. L’aubergiste nous avait donné deux de ses meilleures chambres. Mais une seule aurait finalement suffit tant les Mamettes séjournaient dans la notre. Tout était prétexte afin de venir voir Naelig et comme elles étaient trois, cela faisait trois fois plus de dérangement et trois fois moins d’intimité.
Mais nous avions la vie entière devant nous pour nous retrouver…
--Barjot a écrit:
[ Rennes ]

Un jour on le libéra car le bourgeois n’avait pas voulu porter plainte. Pour justifier la perte de sa bourse et taire à sa femme ses exploits de beuverie, il avait du lui raconter qu’il s’était fait détrousser, en omettant de dire le lieu malfamé dans lequel il se trouvait. Mais il était trop aviné et par ses explications confuses, sa femme par recoupements avait bien compris quels genres de lieux son époux fréquentait quand il se prétendait à la boutique pour faire les comptes. La femme qui était une bigote fière de sa position sociale ne voulut point que cette mésaventure s’ébruite, aussi, elle lui fit comprendre que s’il n’était pas allé traîner dans des endroits mal famés cela ne lui serait pas arrivé. Elle lui avait dit "Tout est de ta faute c’est comme si tu balançais un chapelet de saucisses devant un chien affamé, tu es un idiot à montrer ta bourse pleine d’écus dans les bas-fonds de la ville, avec le gros ventre que tu as les aigrefins te repèrent vite "

Ainsi le lendemain Barjot libéré ne fut point inquiété et reprit la route pour s’éloigner au plus vite de cette ville.

Le corps d’une ferme se profila, le côté du poulailler n’était pas gardé, pas de chien, rien, une aubaine ! Dans des cages, des lapins s’agitaient, se réfugiaient sous leur mère. Leur tordre le cou… il fallait assouvir sur ces jeunes cous la pulsion qui montait en lui. Le bruit des os sous ses doigts ne fit qu’accroître cette pulsion. Tuer… Le lapin cessa de remuer et Barjot le mit dans sa besace. Courir, partir vite avant que l’on repère son larcin. Un étendage était là lui tendant ses bras, agitant sous ce léger vent le linge des fermiers qui séchait, le narguant.
Chemise, paire de braies et chausses, vinrent rejoindre le lapin au fond de la besace.
Un coup de chance le fermier avait sa taille !!!!

En passant près d’une rivière il s’arrêta pour se laver et laver tous les vêtements qu’il portait
Pendant que ses vêtements séchaient il avait préparé un feu et fait cuire le lapin. Mais avant il l’avait dépecé lentement regrettant de l’avoir tué si rapidement.

Il reprit la route et arriva dans une autre ville de Bretagne, Rennes la capitale !
C’était une jolie ville bien tranquille, il chercha du travail dans les fermes en échange de quelques écus et de quelques bols de soupe, le droit de dormir dans la paille.
Cela faisait bien un mois qu’il était parti de chez lui… Dans sa tête les idées tournaient, il voyait sa femme, il lui venait des souvenirs de leurs nuits…
L’envie d’une nouvelle compagne le taraudait ….

Dans la ferme où il travaillait le paysan employait une belle brune plantureuse, il la regardait aller et venir, il la regardait se pencher tirant l’eau du puits. Ah ! Ses poumons elle était bien charpentée. Elle l’excitait. Il courait vers elle lorsque les seaux remontaient versant quelques gouttes sur son corsage moulant encore plus l’endroit proéminent de son anatomie. Il lui portait ses seaux d’eau, du puits jusqu’à la porte de la cuisine, la reluquant tout au long du trajet. La fermière une femme maigre et sèche comme un coup de trique s’aperçut de son manège, le flanquant à la porte, voila à nouveau il lui fallait prendre la route….
Maudite fermière !

En passant devant la mairie il vit que l’on recrutait des gardes pour travailler à la prison. Dans son esprit sans cesse en ébullition il lui vint l’idée de se faire embaucher, en travaillant dans cette ville il aurait des chances de revoir et séduire la belle brune plantureuse qui le faisait tant rêver.
Et c’est ainsi qu’il se retrouva en prison mais cette fois ci, c’est lui qui avait les clés à sa ceinture !!!!

Qui l’aurait cru il s’y plaisait bien dans cette prison ! Pour la plupart d’entre eux les gardes chiourme étaient comme lui des gens sans états d’âmes qui passaient leur temps entre deux rondes à boire de la vinasse, jouer aux dés, aux cartes à se raconter des histoires graveleuses à propos des femmes prisonnières. Dans la tête de Barjot les idées tournaient…tournaient et retournaient sans cesse imaginant l’impensable. Il voyait ces femmes… Certaines venir serrer leurs doigts contre les barreaux de leur cellule, le suppliant pour un verre d’eau, un morceau de pain…. Alors il ne leur donnerait pas leur ration complète et en échange il monnaierait des faveurs, des petites faveurs….

AAhhhh !!!!! Les garces elles le supplieraient, il les ferait attendre un peu, il avait les clés, il se sentait leur maître, il aimerait ça les soumettre. Avec toutes ces images en tête bizarrement celle-ci lui faisait moins mal…
missanges a écrit:
[ Rennes ]

Ce fut au matin, en début de ce mois d’octobre qu’un pigeon vint donner du bec sur le carreau de notre chambre. Remontant le drap sur ma tête, je fis semblant de ne rien entendre. Le drap glissa effleurant mon corps, un souffle parcourut mon cou et des lèvres chaudes me couvrirent de petits baisers.

-Debout, Mme de Kerrandic, je crois que vous avez un pigeon à plumer !
-Zut et zut ! Lorsque Naelig fait ses nuits et que nous pouvons dormir, c’est un fichu pigeon qui cogne. Je suis sûre que c’est pour toi en plus.

Tournant mon visage vers lui, prenant un visage d’ange, le regardant tendrement …
-Tu y vas ?
-C’est de la triche, ça Mme de Kerrandic ! Vous savez que je ne peux pas résister à ces beaux yeux verts !

Eclatant de rire, sous les chatouilles qu’il me faisait en guise de punition, il s’éloigna afin de se diriger vers la fenêtre. Un sourire malicieux de triomphe vint se dessiner sur mon visage, tandis que mes mains saisissaient l’oreiller et l’envoyaient vers son postérieur…
-Outch !

Des rires résonnèrent et soudain un cri d’enfant résonna
-Pru..Prunàààààààà
-Ta fille est réveillée mon ange !
-Et zut ! Ta faute pardi ! Tu as ouvert le fenêtre trop fort
-Oh ! La mauvaise foi…

Je reçus l’oreiller en retour sur la tête en guise de réponse, tandis que ses yeux faisaient la lecture du pli reçu.

-C‘est l’armée mon ange, nous devons repartir.
-Je t’accompagne, hors de question que tu y ailles seul. Je vais dire aux Mamettes de rentrer au moulin avec Naelig. Qu’en penses tu ?
-Rentre avec elles chérie, je serais plus tranquille de te savoir au moulin avec notre fille.

Mes iris se firent plus grands, le regardant sans rien dire, seul mon nez remua lentement en signe de désapprobation.
-Arf ! Je ne peux décidément rien te refuser mon ange.
-Vraiment mon mari ! Notre fille semble avoir rêvé, elle nous offre un répit…

Rabattant le drap, découvrant le lit, le regardant intensément…
-Serait- ce une invitation à la débauche mon ange…

Eclatant de rire, le drap se referma sur nos corps…
--Barjot a écrit:
[ Dans la prison de Rennes ]

Les clés dans la poche, il errait dans les couloirs sombres, humides et malodorants, de la prison, éclairés par des flambeaux aux flammes vacillantes qui avec les courants d'air donnaient à son ombre une forme fantasmagorique.
Barjot embauché depuis peu dans la chiourme aimait bien à se dissimuler dans les recoins sombres, de là il passait son temps à lorgner dans les cellules étroites, cellules où l'on retenait une femme, une jeune et nouvelle arrivée.

Certaines arrivées avaient encore de la fraîcheur, elles attisaient sa convoitise, il ricanait en les observant, sentant monter en lui des pulsions de copulation. Son plus grand plaisir était la domination de la femme, il aimait lorsqu'elle luttait pour défendre ce que certains appelaient sa vertu. Il rit doucement, laissant s'exhaler son haleine lourde qui empestait l'ail et la mauvaise vinasse.

La jolie bourgeoise blonde qui venait d’être enfermée donnait des lourdeurs à ses entrailles, elle le faisait saliver, c'est qu'elle avait tout ce qu'il faut où il faut, et cette chevelure d'or, il avait une envie folle de la saisir à pleine main et de la tenir bien serrée, de renverser la tête de la donzelle pour se repaître de sa bouche. Ah ! Il se voyait déjà et sentait réagir une partie de son anatomie, lentement il descendit sa main vers sa ceinture pour palper son trousseau de clés.

Du bruit ! C'était quoi encore que ces empêcheurs de tourner en rond ? Pensa-t-il en entendant des pas et des voix qui s'approchaient. Il était sur le point d'aller rendre une petite visite à la blonde et on allait l'en empêcher.
Il vit une geôlière qui accompagnait une femme, une huile à voir la façon dont elle s'adressait à elle, une femme tout de noir vêtu comme un corbeau, son visage paraissait plus blanc dans tout ce noir, et ses yeux étranges le fascinaient.

Visite des cages !

C’était une simple visite des lieux
Une éminence ! La rigide et austère femme au visage de marbre était une éminence accompagnée de la geôlière une femme commandant la prison, commandant les matons. Une brune mal coiffée qui parlait comme un charretier, voulant ressembler aux hommes, volant leurs gestes virils. Elle avait toujours une pomme qu’elle croquait, balançant le trognon n’importe où sans se soucier de savoir où il atterrissait.
Eminence ! C'est ainsi que la croqueuse de pomme venait de l'appeler. Cette folle voulait mettre un homme dans la cellule de l'objet de sa convoitise. La voir passer devant lui avec la bouffeuse de pomme lui fouetta le sang, lui mit les sens à l’envers.

Elle sentait bon, marchant en pinçant son nez et en tenant ses jupes pour qu’elles ne traînent pas sur le sol inégal et humide. De ses jupons, il apercevait parfois son cou de pied, imaginait sa cheville, son mollet et ahhhhhh…Puis ses idées revinrent sur sa blonde.
Qu'elle lui laisse sa blonde en cage !

Cela faisait quelques jours qu'il errait à la recherche d'une femme pour assouvir son envie de possession. Il sentait toujours que ses braies étaient tendues par son impatience. Il fallait qu’elles repartent ces deux femmes, il fallait qu’elles le flanquent ailleurs leur bonhomme, qu’elles lui laissent son futur divertissement.
Foutez le camp !

Il observait toute la scène qui se déroulait non loin de lui, la croqueuse de pomme ne l'intéressait pas, un autre jour peut être, au détour d’une ruelle il lui ferait tordre sa bouche de croqueuse.

Il remarqua la répulsion de l'éminence quand les mains de la prisonnière se tendirent vers elle, cela le fit frémir. Il vit ses narines serrées pour ne pas respirer les relents fétides des lieux, il lui sembla qu'elle allait se trouver mal tant son dégoût se lisait sur son visage qu'elle voulait impassible, son habitude de lire sur les visages des femmes lui fit comprendre qu'elle souhaitait se trouver à mille lieues de là.
Elle répondait à la bouffeuse de pomme qui balança son trognon derrière des barreaux, mais pas de chaleur dans sa voix. Cette femme glaciale l'excitait plus que la blonde à présent.

Il commença de la reluquer avec plus d'attention, ses mains blanches et fines il les imaginait autrement que crispées comme elles l'étaient là, cette bouche qui semblait laisser passer les mots avec peine il l'imaginait offerte, son regard concupiscent se posa sur les rondeurs du corsage, les hanches qu'il devinait, la croupe attira son regard, soudain le sang lui martela les tempes. Cette femme corbeau l’excitait.

La croqueuse de pomme allait lui enlever sa proie de la nuit pour lui faire faire du ménage, mais de quoi elle se mêle, qu’elle aille ailleurs, qu’elle décampe, qu’elle se taille….
La tête lui tournait un peu à présent toutes ces femmes le rendait aussi excité qu’un boute-en-train, mais lui il finirait le boulot !
Qu’on le laisse seul avec la femme corbeau, alors ! Il lui montrerait l’étalon qu’il était. Elle allait aimer ça cette garce. Il lui ferait voler ses frusques noires à l’éminence, il la renverserait là au milieu de ce couloir mal éclairé et lui montrerait qu’il était un super étalon. Il la verrait roulant ses yeux, cherchant à se dégager, il savait que ça le stimulerait, la salive lui en montait dans la bouche.

Aaahhh ! Il lui donnerait bien une beigne ou deux pour la calmer, et puis son quintal sur elle la dominerait, l’écraserait. Elle allait aimer ça…..Sa tête lui faisait mal, les cris de cette femme corbeau résonnaient dans ses tempes.
Missanges a écrit:
[ Rennes ]

Ce ne furent pas les rayons du soleil filtrant par le carreau qui nous réveillèrent, nous tirant d’un sommeil profond dans lequel nous avions sombré.
Ce fut des cris inhabituels, enfin pas inhabituels, inhabituels dans cette auberge. Car ces cris ou plutôt les voix qui nous parvenaient nous étaient familières. Je tournais mon visage vers mon mari, qui les mains derrière sa tête me regardait.

-Tu avoueras mon ange, qu’elles sont impossibles. Elles doivent démonter l’auberge en ce moment et devine ? C’est à ton tour de te lever ! Si tu te rappelles je me suis levé tout à l’heure pour le pigeon et de plus je suis impuissant devant ces trois vieilles.
-Ohhhhh ! Ces trois veilles ! Je vais leur répéter et amplifier tiens !!

Et nos rires résonnèrent encore. M’habillant vite fait. Un petit coup de langue sur mes doigts, afin de lisser mes cheveux de leur redonner un semblant de coiffure…
Ben quoi ? Qui ne l’a pas fait hein !
Je dévalais les marches deux par deux afin de me rendre compte quelle révolution mettaient les Mamettes dans l’auberge.

Le bruit provenait de la cuisine. Ouvrant la porte je vis le cuisinier affrontant une Mahestine visiblement remontée qui avait pris possession de la cuisine de l’auberge. Les bras couverts de farine jusqu’au coude, quoiqu’en y regardant de plus près c’était peut être elle qui l’affrontait en lui secouant le rouleau à pâtisserie sous son nez.
-Je vous dis que j’ai vu un rat énorme pourchassé par ce chat.

Mahestine pointait dans ses mains le rouleau soudainement devenu menaçant en direction d’un chat qui avait stoppé sa course ne sachant s’il devrait pas mieux aller faire ses griffes ailleurs.
-Mais madame, nous sommes dans une auberge et dans chaque auberge il y a des rats et les chats courent après ces rats !
-Dans chaque auberge ! Ma Doué ! Mais dans mon moulin et dans MA cuisine, il n’y a aucun rat. C’est propre !

L’aubergiste recula voyant le rouleau se rapprocher de plus en plus près de son visage. Les mains ouvertes en signe d’impuissance, il ouvrit la bouche pour répondre, puis s’arrêta, regardant autour de lui, découvrant avec stupeur le nombre de personnes assistant à la scène, le discréditant dans son rôle de propriétaire, dans son statut d’homme. Ses yeux s’arrêtèrent sur ma personne. Plissant ma bouche d’amusement en haussant les épaules,
-Bien le bonjour messire, je viens chercher ma Mamette, j’ai comme l’impression que vous serez ravi de me la rendre !!

Mahestine dénoua activement les rubans de son tablier, le jetant sur la table faisant virevolter un peu de farine dans la pièce puis fixa un regard noir dans celui de l’aubergiste, qui assurément devait être un brave homme, mais toutefois heureux de voir Mahestine sortir de sa cuisine entraînée par ma main.

Tout en remontant les marches de l’escalier menant à notre chambre, je lui expliquais la situation. Curieusement elle ne dit mot, comprenant la situation.
En début d’après-midi la charrette composée des trois Mamettes et de notre fille prenait la direction de Kastell. Blottie dans les bras de mon mari, des larmes de tristesse coulèrent sur mes joues. J’entendis le son de ma voix
-Prenez bien soin d’elle, prenez bien soin de vous…
--Barjot a écrit:
[ Rennes ]

Elles étaient parties avec sa blonde… L’éminence aux voiles couleur corbeau et la croqueuse de pomme lui avaient enlevé sa blonde
La cloche !
C’était la fin de la journée. Sortir retrouver l’air, retrouver de l’air…Sortir de ce lieu mais avant repérer où elle est !
Où est sa blonde, il regarde partout, il cherche le corps en feu ...

Barjot n’en peut plus, son fantasme est toujours inaccessible, il pense à elle sans cesse, elle l’obsède, le hante, sa seule évocation fait sonner le branle dans ses braies, lui arrachant des gémissements sourds. Dans sa tête il lui vient toujours ces images obsédantes, il la voit la toilette en désordre, tordue de désir soumise à sa volonté, les lèvres ouvertes, la salive emplissant sa bouche, la gorge serrée il déglutit presque avec douleur.
Un jour…Un jour…Oui, un jour viendra, il le faut, il le veut, il La veut…
Mais la cloche sonne emplissant l’air de ses percutions, elles résonnent dans sa tête, sa tête qui elle, résonne de ses obsessions.

Il fuyait le bruit de la cloche à grands pas et au hasard il dirigea ses pas vers le chemin qui montait au château. En abordant les lices qui étaient presque vides à cette heure il vit une blonde à la belle silhouette, et dans sa tête le carrousel de ses idées reprit son martèlement. Il était frustré depuis trop de jours, les prisonnières étaient des proies faciles qui ne se débattaient guère. Il lui en fallait une rebelle qui lutterait un peu avant de se soumettre, car ce qu’il aimait par-dessus tout, c’était entendre supplier, gémir, pleurer, il se souvient de sa bonne femme et des beignes qu’il lui assénait, la dernière fois il y était allé un peu trop fort….. Mais il avait su détourner de lui tout soupçon et pour une gueuse on n’enquête pas trop, il l’avait donc étranglée et déposée dans le fossé tard dans la nuit où son corps fut découvert le lendemain…..
Ah, sa tête lui faisait encore mal, son sang tapait à ses tempes, ses oreilles bourdonnaient.

La blonde à présent était parvenue au pied d’une tour, vide de toute présence humaine et lui il voyait ses cheveux d’or sur ses épaules, ses hanches qui arrondissaient sa jupe, ses rondeurs le rendirent soudain ivre de désir. Sa pulsion revenait , le tiraillait, il ne se rendait même pas compte qu’il haletait comme après une course et se rapprocha au plus près de la belle femme pour l’aborder. La blonde montait les marches de la tour, elle montait ses jupes l’aguichant. Soudain elle disparut dans l’ouverture de la pierre. Des femmes et des hommes armés arrivaient. Il fallait se cacher, disparaître.
Maudite femme !
Monter les marches, aller tout en haut, se tapir se cacher.

La tour était vide, un pan de mur à moitié tombé fera l’affaire en lui offrant une cachette improvisée pour quelques heures.
Des rires !
Une femme et un homme étaient en train de venir. Sa cape vole, c’est un ange tout de blanc vêtu. Ses cheveux sont de braise sous le soleil. Elle rit, elle rit et son rire entre dans ma tête.
Qu’elle se taise ! Lui, il la regarde comme jamais un homme regarde une femme. Ses yeux transpirent l’amour. Ils s’embrassent, se caressent.
Qu’elle se taise ! Sa tête lui faisait mal de son rire. Sa main tata sa dague. Comme un éclair il sortit poing levé et il frappa cette rousse !
Crève vermine !

Mais l’homme cria plus fort alors il se jeta contre l’homme de toute sa force bestiale pour le frapper et le faire taire à jamais, il ne voulait pas retourner en prison derrière les barreaux, il avait les clés à présent.
Il vit le regard de l’homme, ses larmes et au travers de ses larmes sa haine, un désir de le tuer, une détermination sans nom et il comprit dans une fulgurance que l’homme devait être lié à la rousse. Sa tête lui faisait de plus en plus mal. Il n’eut pas le temps de réfléchir davantage l’homme le frappa de son épée en lui donnant un coup de tête contre son nez qui parut littéralement exploser sous la violence du choc, il porta une main à son visage pour en essuyer le sang qui l’aveuglait et fou de rage, de frustration, de peur il frappa de sa dague lorsque l’épée revenait. Puis ce fut le vide.
Missanges a écrit:
[ Rennes ]

-Chérie, nous partons ce soir, nous avons encore le temps de nous promener un peu. Viens, mon ange, je vais te faire voir là où je défends chaque soir.
-Oui, si tu veux allons faire un tour. Nous penserons moins à Naelig ainsi.

La ville était animée. Un homme, l'animateur de la ville, juché sur un tonneau de bière rameutait de sa grosse voix, les habitants pour les faire participer à un concours de pêche. Je souris en voyant la mairesse de la capitale lever la main encourageant les badauds à faire pareil. Bientôt, nous fûmes au pied d’une grande tour. Des soldats en faction portant heaumes et armures, tenant dignement l’étendard de la Bretagne, nous reconnurent et nous saluèrent, tandis qu’une lance constituée de femmes et d’hommes tout aussi armés s’éloignait vers les écuries en nous disant,
-A ce soir, les tourtereaux…

Un large escalier de pierre menant au sommet de l’une des tours protégeant le château déroula ses marches devant nous. Ma main autour de sa taille, enlacés nous montions les marches afin de profiter de ces quelques heures en amoureux, avant de partir pour la guerre.
Arrivés au sommet de la tour, le vent s’engouffra dans ma cape, la soulevant de ses bras invisibles, la faisant onduler. Mon mari vint plus près de moi resserrant ses bras autour de mon corps. Nous ne faisions plus qu’un.
-Je t’aime mon ange.

Bercée par ses bras nous nous retrouvâmes au bord des dents de pierre si menaçantes vue d’en bas, si glaciales en haut. Pointant son index dans le vide…

-Regarde chérie, tu vois au loin les ailes du moulin ?
Eclatant de rire
-Chéri, d’ici tu vois les ailes du moulin ?
-Oui amour, je vois Naelig dans les bras de Mahestine et plus haut notre chambre.
-Tu es impossible Viken…
-Oui fou de toi ma petite femme.

Ses lèvres s’unirent aux miennes dans un long baiser, tandis que ses mains caressaient mes épaules. Depuis notre mariage, depuis notre rencontre, pas un jour n’avait été fade, pas un jour n’avait été regretté. Un homme exceptionnel sans demi - teinte…
Prolongeant ce baiser le temps s’arrêta.

Un hurlement déchira l’air, le cri d’une bête agonisant emplit soudainement le sommet de la tour. Je vis les yeux de mon mari s’ouvrir avec horreur et son corps se détacher de moi. Sa lame glissa de son fourreau, étincela un instant sous un rayon de soleil, je sentis mes os craquer dans mon dos. Ma chemise se couvrit de rouge lentement.

Mes yeux étaient rivés sur ceux de mon mari. Un élancement de douleur parcourut ma poitrine, mes poumons cherchèrent de l’air péniblement. Des points noirs dansèrent soudainement devant mes yeux brouillant ma vision. Je sentis le froid de la pierre lorsque mes jambes défaillirent. Sans un cri, sans un bruit, allongée sur la dalle, je cherchais de l’air.
J’entendis mon mari hurler mon nom, je ne pus lui répondre.

Impuissante j’assistais au combat non équitable se déroulant devant mes yeux. L’épée de mon mari fendit l’air, entra dans les poumons de ce malade, au même moment où lui-même enfonçait sa dague dans le cœur de Viken. L’homme convulsa avec violence, secoué de tressaillements, hurlant comme une bête enragée, assoiffée de sang. Tandis que la lame de mon mari s’abattait encore sur lui, projetant son corps dans le vide puis le son de la lourde épée de mon mari résonna sur la pierre, s’intensifia dans mes oreilles. Nos regards se cherchèrent, se fixèrent. Lentement il plia, ses genoux touchant le sol, il rampa vers moi. Impuissante je sentais la vie m’échapper. Ses mains me touchèrent les jambes puis la taille.
Je sentis son souffle devenir plus court.
Je sentis son poids sur moi.
Chacun cherchant un air qui ne s’engouffrait plus. Mes doigts cherchèrent à caresser ses cheveux mais aucun d’eux ne bougèrent refusant d’exécuter mon désir. Nos yeux se détaillèrent longuement, son nez frotta le mien puis ses lèvres se posèrent sur mon cou.

-chérie, ne bouge pas les secours vont arriver. Je vais te raconter mon rêve mon ange. Un rêve que j’ai fait il y a un moment…

" Le rêve d'une Bretagne dont le peuple prendrait sa destinée en main dans le but unique et louable de la sauvegarde de ses terres.
J'ai fait le rêve d'une solidarité nouvelle dénuée de toute considération pécunière, le rêve d'une Bretagne unifiée loin de toute manigance et de tout complot.
J'ai fait le rêve que ma main tendue en rejoindrait d'autres et qu'ensemble elles formeraient une force aussi active que désintéressée.

J'ai fait le rêve que Solidarbreizh existerait et j'en scelle la première pierre.

Recherche Marchand du Coeur:

Mais qu'est ce donc qu'un marchand du coeur ?

A l'heure du chacun pour soi, il est important de savoir compter sur la solidarité du plus grand nombre au bénéfice de tous.
Un marchand du coeur s'engage donc sous conditions à fournir ses marchandises ou matières premières à prix bas et fixes.
Ces prix seront déterminés par une grille prédéfinie, élaborée par l'ensemble des marchands du coeur et dont ils en auront accepté les termes.
La grille des prix se veut évolutive et pourra donc à tout moment être modifiée par un vote collégial.

Afin que la population en soit informée, la liste des marchands du coeur sera affichée en place publique et régulièrement mise à jour.

Chacun aura le devoir de pratiquer ces bas prix dans les cas suivants:

- Vente à tout nouveau breton (niveau 0) qui en fera la demande.
- Vente à tout(e) breton(ne) ayant subi une agression ou se trouvant en situation précaire.
- Vente aux soldats en temps de guerre ou aux défenseurs d'une ville en cas d'agression.
- Vente aux autres marchands du coeur sur l'ensemble du Duché.
- Vente pour le compte du Duché en cas de pénurie avérée.

- Le cas échéant et sous conditions, vente pour le compte de sa ville après accord avec le maire.

Le reste du temps, et dans tout autre cas, chaque marchand du coeur est libre de pratiquer les prix qu'il souhaite.

Il ne s'agit donc pas d'un sacrifice insurmontable mais bien d'un engagement fort de démontrer son désir d'aider la population de Breizh en cas de besoin.
Il est important de rappeler chaque jour à quel point dans certaines situations, l'intérêt collectif doit primer sur les intérêts individuels.

Les convoyeurs bretons:

Certaines villes bretonnes achètent aujourd'hui en dehors de nos frontières des matières premières ou denrées que d'autres cités du Duché pourraient leur fournir.
Une organisation dédiée, forte de liaisons régulières et réciproques permettrait aux maires de Breizh de mieux réguler leurs marchés respectifs.
Sans dénigrer les relations commerciales en place, il apparait opportun de favoriser le commerce interne au Duché afin d'en privilégier sa population.
Dans le but d'assurer le transport de marchandises et matières premières, les convoyeurs auront pour mission d'assurer ces liaisons entre les différentes villes bretonnes.
Leur rôle sera de se mettre en rapport avec les maires des dites cités, d'en répertorier les besoins et d'en assurer l'approvisionnement en collaboration avec l'ensemble des mairies du Duché.
Ils auront toute lattitude pour se créer un réseau de fournisseurs dans chaque ville, y compris auprès des marchands du coeur.

Les défenseurs de l'impossible:

La défense de nos villes est l'affaire de tous, civils comme militaires. Chacun d'entre nous peut aisément se mettre au service de la défense de sa ville.
L'expérience montre qu'en cas d'attaque de nos cités, il est fort long et fastidieux de monter et d'organiser des groupes de défenseurs.
En organisant au préalable des groupes armés déjà constitués et prêts à intervenir, nous gagnons un temps précieux et pouvons réagir plus vite.
Le défense de nos terres ne peut se faire sans l'aide des civils impliqués, il nous appartient d'organiser leur action en amont de toute menace.
Cela nécessite peu de temps et de sacrifice à chacun et permettra à l'ensemble de la population de Breizh de pouvoir compter sur une solidarité bienveillante.

Le bouillon de culture:

Comme dans bien d'autres domaines, l'animation et la culture sont le lot de quelques personnes motivées. Mais là aussi, la motivation retombe dès lors qu'on se sent seul.
L'animation d'une cité n'est pas chose aisée mais elle peut être facilitée par des échanges d'idées, par un bouillonnement mutuel dans lequel chacun vient puiser son inspiration.
Une animation qui cartonne à Vannes ? pourquoi ne pas en faire profiter les brestois ou rennais ?
Une envie d'émulation entre villes ? on se concerte et on lance l'idée en gargote. Seul, souvent on n'ose pas, alors qu'ensemble on se motive et on se lance.

Ouvrez la bouche, tendez la main, apportez votre enthousiasme et vos envies ... on vous écoute !

Solidarbreizh est un rêve un peu fou, mais comme tous les rêves il est fait pour être concrétisé. J’avais un rêve…J’avais ce rêve…"


Mes lèvres articulèrent doucement

- Chéri, parle-moi encore…Chéri…Vik…

Un vol de pigeons sorti d’un pigeonnier environnant passa dans les hauteurs. Des plumes tournoyèrent autour de nous. Une musique sembla jouer au loin

Le pigeonnier des Kerrandic s’était éteint à jamais.
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MessageSujet: Re: Lorsque le destin bascule…Décés de Viken ( 14 octobre 1459)   Mar 29 Jan - 8:05

Madcat a écrit:
L'intendante de Rennes faisait sa promenade quotidienne au pied des remparts de la ville. Parfois elle montait au sommet de la tour Nord et, dominant la ville, elle contemplait au loin les champs et les pâturages, parsemés de petit points noirs ou blancs, qui devaient être des vaches ou des moutons en train de paitre. Mais ce jour là, monter à la tour ne lui disait rien, elle préférait rester au niveau du sol, marchant à grands pas réguliers dans l'herbe humide et faisant crisser les feuilles mortes sous ses chausses.

Son chien, Irun, un grand animal au poil doré, qui la suivait partout comme son ombre, gambadait devant elle, partant en courant comme une flèche, rebroussant chemin et se précipitant vers elle, si vite qu'elle avait toujours peur qu'il ne s'arrêtât point à temps.

Perdues dans ses pensées, Anne-Solenn était arrivée au pied de la tour Nord. Réalisant que le soleil commençait à être bas à l’horizon et que les rouges et les ors du soir ornaient déjà le ciel, qui s'assombrissait de plus en plus, elle décida de rentrer chez elle. Elle voulut rappeler son chien... Mais où était l'animal? Soudain un long hurlement lui glaça le sang... Que se passait-il donc? Était-ce vraiment Irun qui hurlait ainsi à la mort? Mais où était-il? Terrifiée, elle l'appela cependant, d'une voix à peine étranglée:


Iruuuuuuun, reviens mon chien, Iruuuun!!!

Le chien ne revenait pas... Le silence qui régnait de nouveau sur la campagne semblait sinistre à la jeune femme et un long frisson la parcourut des pieds à la tête. Où était le chien? Il se passait quelque chose, Irun obéissait toujours à son appel... Soudain le long hurlement reprit, ou plutôt un gémissement prolongé, une lamentation lugubre qui résonnait dans la campagne silencieuse...

Anne-Solenn leva les yeux, le chien devait être au sommet de la tour, la clameur semblait venir du ciel. Relevant ses jupes pour ne point trébucher, elle entreprit l'ascension de l'escalier aux innombrables marches sans plus réfléchir. Elle faillit arrêter sa course à mi chemin, mais un nouveau hurlement du chien lui donna la force de continuer sans reprendre haleine. Haletante, elle tenta encore une fois d'appeler son chien:


Iruuuun, au pied, descends mon chien... Descends!

Cette fois le chien apparut au sommet de l'escalier, mais au lieu de se précipiter vers elle, il gémit misérablement et disparut encore.
Dans un dernier effort, la jeune femme gravit les dernières marches et se trouva dehors. Le vent s'était levé et une bourrasque soudaine faillit renverser Anne-Solenn. Elle se retint à un créneau, dont la pierre lui écorcha les doigts.

Elle ne sentit pas la douleur, son regard venait de découvrir ce qui faisait hurler à la mort son paisible compagnon. Missanges gisait sur le sol rugueux, baignant dans une mare de sang. Viken, tellement penché sur elle qu'il semblait vouloir la protéger en la couvrant de son corps, était aussi immobile qu'une statue.

Anne-Solenn se précipita vers le couple et s'agenouilla près d'eux. Doucement, elle murmura:


Viken, Missanges, que s'est-il passé, que...

Elle ne termina pas sa phrase, Viken venait de s'écrouler sur le côté, d'une profonde blessure au niveau du cœur le sang coulait encore. Il n'y avait plus rien à faire pour lui. Il avait dû rendre son dernier souffle seulement quelques minutes avant l'arrivée d'Anne-Solenn. Saisie d'un horrible pressentiment, elle se pencha sur Missanges, craignant de ne trouver qu'un corps sans vie. Un léger souffle, à peine perceptible, s'échappait des lèvres de son amie, sa vie ne tenait sûrement qu'à un fil.

Anne-Solenn se trouvait devant un cruel dilemme: aller chercher du secours et laisser la blessée seule en haut de la tour avec son époux défunt? Demeurer auprès de Missanges? Elle risquait de mourir dans les heures qui suivraient, si elle ne recevait aucun soin.

Soudain, comme une réponse à ses prières, un cri résonna dans la nuit, qui était presque complètement tombée:


M'dam' Ann'Solenn, M'dam' Ann'Solenn, c'est y qu'vous êt' là haut? Mamzell' Alana, elle m'envoie vous chercher. La Fanchette y m'a dit d'pas r'venir sans vous M'dam' Ann'Solenn! Si vous r'venez pas avec moi y va m'donner du bâton pour sûr!!

Jamais la voix de son palefrenier n'avait paru aussi mélodieuse à Anne-Solenn, c'était le ciel qui l'envoyait, pas Fanchette, pas Alana, sûrement. De toutes ses forces, elle hurla:

Robinn, je suis en haut, monte vite, j'ai besoin d'aide, hâte-toi, c'est une question de vie ou de mort!!
--Robinn a écrit:


Robinn n'était pas réputé pour la vivacité de son intelligence. S'il comprenait parfaitement les chevaux, les humains étaient souvent pour lui un grand mystère. Cependant en entendant sa maîtresse dire que c'était une question de vie ou de mort, il n’eut aucune difficulté à comprendre qu'il devait se hâter. Seul Aristote savait dans quel pétrin la Dame Anne-Solenn s'était encore empêtrée. C'était une habitude chez elle, dès qu'il y avait un problème, elle essayait de le régler... et bang!! Une tuile lui retombait sur le nez!!

Les pensées qui se bousculaient dans sa tête, fort à l'étroit dans sa petite cervelle, n'empêchèrent pas Robinn de prendre ses jambes à son cou et de grimper l'escalier quatre à quatre. Tout en gravissant les marches, il hurlait pour encourager Anne-Solenn:


Faut t'nir bon, M'dam', z'en fait' pas, j'arrive!!!

Un grand gaillard comme Robinn ne mit pas longtemps à escalader la centaine de marches de l'escalier. Même pas essoufflé, il atteignit le sommet de la tour, tout prêt à défendre sa maîtresse contre une armée, il aurait aimé être un héros, ou à la sortir d'un mauvais pas.

Le spectacle qui l'accueillit le laissa bras ballants, bouche bée et sans voix.
Il arrivait trop tard, le combat était terminé. Un corps sans vie gisait non loin de sa maîtresse, qui, couverte de sang, semblait essayer de ranimer un blessé.

Revenant de sa stupeur, d'une voix étranglée, Robinn murmura:


Z'êtes blessée, M'dam'.... Le sang... M'dam' faut rentrer, faut pas rester là....
Madcat a écrit:
Anne-Solenn n'avait pas le temps de prendre des gants avec le palefrenier, aussi répondit-elle assez vivement à son jeune valet d'écurie:

Ah! Quand même!! Te voilà!! Tu a pris ton temps!! Bouge-toi un peu!!

Je ne suis pas blessée, gros lourdaud, c'est le sang de mon amie qui rougit mes vêtements.


Robinn, toujours bras ballants, ne bougeait pas, ce qui irrita au plus au point Anne-Solenn, qui, soutenant toujours la tête de Missanges dans ses bras, sentait le souffle de son amie s'affaiblir de plus en plus.

Mais, bon sang, tu vas bouger espèce de balourd!! Mon amie est blessée, nous devons la transporter d'urgence chez la vieille Enorig, elle saura peut-être que faire pour la soigner.

A partir de ce moment tout alla très vite. Galvanisé par les paroles d'Anne-Solenn, Robinn bougea enfin. Il se pencha sur Missanges et, aidé par Anne-Solenn, qui soutenait la tête de la jeune femme, il l'a prit dans ses bras et entreprit de descendre l'escalier aussi vite qu'il l'avait monté.

Anne-Solenn s'apprêtait à le suivre de près, mais une pensée l'arrêta... Viken, elle ne pouvait laisser Viken ainsi. Oubliant la fraîcheur de la nuit, d'un geste vif, elle retira sa cape et l'étendit sur le corps sans vie, après lui avoir respectueusement fermé les yeux.

Ce devoir accompli, elle dévala l'escalier aussi vite que le lui permettait la longueur de ses jupes.

Quand elle parvint au pied de la tour, Robinn avait déjà pris le chemin qui menait chez la guérisseuse. Oubliant toute idée de convenances, la jeune femme releva ses jupes jusqu'aux genoux et, courant à toutes jambes, en dépit des cailloux du chemin, eut bientôt rejoint Robinn.

Malgré l'heure tardive on y voyait comme en plein jour, la lune s'était levée et éclairait la campagne d'une lueur froide qui faisait ressortir les contours des arbres et des buissons. Une hulotte, dérangée pas le bruit des cailloux qui roulaient sous les pas des deux jeunes gens, poussa son cri lugubre et s'envola dans un battement d'ailes courroucé.

Missanges ne bougeait pas, toujours sans connaissance.

Enfin la maisonnette d'Enorig apparut au bout du chemin. Les volets bleus étaient clos, mais Anne-Solenn savait que dès qu'elle frapperait à la porte, la guérisseuse ouvrirait l'huis pour accueillir celui ou celle qui avait besoin d'aide.

Anne-Solenn, devançant Robinn de quelques pas, cogna du poing sur la porte de la chaumière et cria à pleine voix:


Un blessé, Enorig, un blessé a besoin de toi!!
Anakin41 a écrit:
Il était déjà bien tard et Anakin revenait du château de Rennes. Son nouveau poste de Capitaine lui prenait beaucoup de son temps et il passait maintenant son temps entre Fougères et la capitale.
Monté sur Avalon, mon compagnon de toujours, nous traversions les rues calme de cette nuit d'automne. Quelques étoiles perçaient timidement les nuages invisibles.
Anakin était au moins soulagé de ne pas subir les larmes du ciel en cette nuit tout de même très fraiche.
un cri déchira le silence, Avalon se cabra et hennit. La tête d'Anakin parcourait la rue pour essayer de trouver l'origine de ce cri de femme:


Citation :
Un blessé, Enorig, un blessé a besoin de toi!!

Il talonna Avalon pour retrouver le chemin.
Sans doute une rue plus loin, cela ne pouvait venir de bien loin. Se dit-il en cherchant sa route dans la petite rue de Rennes.

Il arriva devant une maison où deux personnes tambourinait à la porte en appelant la propriétaire.
L'une des deux personnes portait un corps. S'approchant, il reconnu la bourgmestre de Rennes qu'il connaissait bien maintenant...

D'un bond, il mit pied à terre.

Anne ? Que se passe-t-il ?

Il regarda le blessé et il cru que son cœur allait s’arrêter...
Missange ! Missange ? Mais que c'est il passé ?

La propriétaire de la maison tardait à répondre. Il regarda Anne Solenn.

Qui est cette personne qui vit ici ? Un médecin ?


Sans attendre de réponse, Anakin frappe de toute ses forces contre la porte en bois, faisant un vacarme de tous les diables...
--Enoryg a écrit:

Quelqu'un tambourinait à sa porte.........
Nan, mais quel importun pouvait donc bien débarquer à c't'heure se dit pour elle même la vieille tout en allant ouvrir la porte de sa chaumine.

Nan mais ça va pas de faire un tel raffut, commença t elle, lorsqu'elle reconnut l'Intendante de la ville qui se tenait sur son seuil, en compagnie d'un homme qu'elle ne connaissait pas. Elle lui jeta un regard suspicieux, elle n'aimait pas les inconnus, malgré tout, elle s'effaça devant l'Intendante en plissant le nez et en bredouillant alors comme pour s'excuser d'avoir été si longue à répondre :
Pardon ma tite Dame, mais qu'est ce qui vous amène chez la vieille Enoryg à une heure aussi tardive........

C'est alors qu'elle vit débouler et entrer sans autre cérémonie, à la suite de la Dame, Robinn tenant le corps d'une femme dans ses bras. Elle invita d'un signe l'autre homme à entrer et referma sa porte comprenant enfin, à ce moment, les paroles qu'avait prononcées la Dame en tambourinant à sa porte. Reprenant ses esprits en secouant la tête, elle commença à donner des ordres afin que Missanges soit installée dans la pièce attenante.
Cherchant vivement tout ce dont elle pourrait bien avoir besoin en la circonstance, elle jeta un bref coup d'oeil sur la femme et vit beaucoup de sang maculer sa tenue. Elle se dit que s'il ne s'agissait que du sien elle ne pourrait plus faire grand chose pour lui porter secours. Elle fit une grimace peu engageante et demanda à La Dame :

Dites m'en un peu sur c'te Dame et sur c'qui s'est passé pour qu'elle soit dans c't'état.
Après quoi, Enoryg qui commençait à évaluer la situation, ordonna à l'inconnu de se rendre utile en allumant un feu pour faire chauffer de l'eau.
Saphyra a écrit:
Saphyra et Athris étaient arrivés à Rennes dans l’après-midi, ils avaient fait le chemin pour aller chercher Eloïse, la soeur d'Athris, qui était en perdition en terre françoise, abandonnée par son époux, elle se retrouvait seule avec ses enfants.
Athris était d'une colère noire mais il ne disait mot. Saphyra n'avait pas trop osé lui parler pendant le chemin car elle savait que dans ces moments là il aimait être seul dans ses réflexions.

Ils avaient déposés leurs affaires dans la vieille auberge où ils avaient l'habitude de s’arrêter quant ils étaient à Rennes.
Saphyra adorait cet endroit qui lui rappelait ses nombreuses missions lorsqu'elle était soldat et elle pensa alors à ses fréres et soeurs d'armes qu'elle savait ici en ses murs.


En arrivant, ils avaient aperçu le campement de l'armée de Roxane et c'est le coeur serré que Saphyra se retint d'aller voir ses amis.

Athris s'étendit sur la paillasse de leur chambre, les bras croisés derrière sa nuque en train sans doute de s'inquiéter pour sa soeur jumelle.
Saphyra s'allongea contre lui, glissant sa main sous sa chemise et caressant son torse :

"Mon coeur...la nuit tombe...et je me disais que cela nous ferait du bien de nous faire une promenade en amoureux sur les remparts..tu sais comme autrefois?" elle lui faisait ses yeux de biche en espérant qu'il accepterait.

Il fallait qu'ils s’oxygènent un peu et puis tellement de bons souvenirs sur les remparts de Rennes.
Anakin41 a écrit:
Anakin se présenta rapidement à la guérisseuse. L'heure n’était pas aux civilités. Missange, son amie, gisait sur un lit, couverte de sang et il fallait la soigner.
Il se tourna vers le petit groupe de personne...


Il me faut de l'eau, des linges et de la lumière. Il faut faire vite, elle a perdu beaucoup de son sang.

Il s'approcha de Missange et commença par chercher sa blessure, retirant ses vêtements avec la plus grande précaution. Il se tourna vers celui qui semblait être le valet de la mairesse de Rennes.

Vous, sortez chercher ma besace accrochée à la selle de ma monture qui doit être resté dans la rue. Faites vite !

Continuant de chercher la blessure, il comprit que celle-ci devait être dans le dos de son amie.
Il retourna délicatement Missange afin d'atteindre la blessure qu’il finit par découvrir. Celle-ci était profonde...
Athris a écrit:
Si tu veux mon cœur, tiens j’ai même une idée : tu te rappelles ces fameux créneaux où j’avais tendance à m’endormir quand je ne voulais pas rentrer dans mon taudis ? On peut y aller s’y asseoir et je te conterais les étoiles, comme nous le faisions quand nous étions encore insouciants !

Prenant la main de celle qu’il aimait, ils longèrent les remparts avant d’atteindre la grande tour de guet et son large escalier. Le soleil n’était pas encore tout à fait couché, ils pourraient sans doute voir disparaître la campagne rennaise avant que n’apparaissent les premières constellations. L’écho d’un chien hurlant à la mort quelque part résonnait dans l’air.

Après quelques dizaines de marches avalées bien lentement – le couple s’arrêtait à chaque pallier pour échanger baisers et caresses, promesses d’une tendre nuit en perspective – ils débouchèrent enfin sur la plateforme.


Brrr ! Va faire froid cette nuit, viens donc te blottir contre moi mon cœur, je te réchaufferai ! Et je … Ah, on dirait que nous ne sommes pas seuls.

Une silhouette était allongée au sol, recouverte d’une lourde cape. Allons bon, si c’est un guetteur je vais lui botter les fesses ! Dormir pendant son service, pauvre Breizh ! Holà bonhomme, un coup de fatigue ?

Le sourire narquois qu’Athris arborait s’éteignit quand il vit que le maraud ne répondait pas. Pas possible, mais il cuve ou quoi ? Oh, je te parle !

Il souleva la cape pour tomber sur le visage de … Vik … Viken ?
--Enoryg a écrit:
Il me faut de l'eau, des linges et de la lumière. Il faut faire vite, elle a perdu beaucoup de son sang.





Non mais qu'est ce que vous faites !
, coupa la vieille. Où vous croyez vous Messire, je ne vous permettrais pas de déshabiller cette jeune femme sous mon toit.
Ce faisant la vieille femme s'était approchée de l'homme et contre toute attente vu son vieil âge, l'avait empoigné et mis à la porte de la chambre.
Elle fit signe à Robinn de sortir lui aussi et leur dit :

Allez ouste, prévenez les gens qui doivent l'être ! On vous donnera des nouvelles .....

Sur ce, elle leur ferma la porte sous le nez et se porta bien vite vers le lit de la blessée.
Délicatement, elle déshabilla la jeune femme et la lava, constatant qu'il y avait plus de peur que de mal. La jeune femme n'avait qu'une blessure peu profonde au côté gauche, en dessous du sein.

La lame d'un couteau visiblement se dit la vieille, mais par miracle, celle-ci aura ripé sur les côtes, sans quoi je n'aurais pas pu être d'un grand secours.
Elle lava la plaie à grande eau et y appliqua un onguent de sa confection avant de la panser avec le plus grand soin. Elle installa bien la jeune femme puis alla chercher un petit flacon sur la cheminée. Le débouchant, elle le présenta sous le nez de sa patiente afin que celle ci respire les sels et reprenne conscience .........
Saphyra a écrit:
Ils étaient si heureux, cette promenade nocturne envisageait une bien belle nuit...chaude et enivrante comme la jeune bretonne les aimait, mais la nuit allait tourner au cauchemar.
La sombre silhouette au sol...les frissons partout sur le corps...l'inquiétude...le désarroi...tout avait été trés rapide.
Saphyra se précipita à la suite de son époux qu'elle vit tomber à genoux, tenant la tête de son ami dans les bras.
Les mots que son époux se mit à dire furent comme des coups de poignards dans la poitrine de l'ancienne soldate.


Citation :
Vik … Viken ?

Elle s'approcha tombant à genoux à ses côtés.

L'ami...le frére d'armes...gisait sans vie à leurs pieds.

Saphyra posa son oreille contre la poitrine en sang afin d'y déceler une once de vie.
Elle se releva, regarda son époux en larmes...

"Viken...il n'est plus ..." elle n'arriva pas à dire plus de mots, ses larmes coulèrent sans qu'elle ne puisse les retenir.

Elle ferma les yeux de son ami, laissa sa main un instant sur son visage et fermant les yeux se rappela les prières pour les dieux anciens celtiques qu'elle avait tant prié.
Leur ami Viken avait été assassiné et il avait été rappelé pour rejoindre leurs ancêtres.
Elle regarda Athris, ne comprenant pas ce qu'il arrivait.


"Que se passe t'il ? qu'est il arrivé? qu'allons nous faire ? et ...Missange...où est-elle? Pourquoi ? pourquoi...." elle parlait tout en pleurant se réfugiant dans les bras de son époux.

Madcat a écrit:
(Pendant de temps chez Enorig)

Heureuse de savoir enfin son amie à l'abri et de voir Anakin et la guérisseuse s'occuper d'elle, Anne-Solenn, après un regard impérieux vers Robinn, pour l'inciter à obéir promptement aux ordres d'Anakin, se préparait à aller faire chauffer de l'eau.

L'intervention de la vieille, mettant à la porte non seulement Robinn, mais aussi Anakin, l'arrêta dans son élan. Craignant de faire une bêtise, elle s'adressa poliment à la guérisseuse.


Puis-je me rendre utile, Enorig, ou dois-je vous laisser aussi?
Anakin41 a écrit:
Anakin regarda son compagnon d'infortune... Visiblement un médecin n’était pas utile à la guérisseuse.

Il sorti de la maison, récupéra sa besace et retourna à l’intérieur déposer ce qu'elle contenait sur la table et qui pouvait aider la vieille femme.Il sorti ensuite sa flasque et tournant en rond comme un lion en cage, bu une gorgée, puis la tendit au valet.
Que pouvait-il bien faire ?

Reprenant la flasque que le valet lui tendait, il lui demanda alors où ils avaient trouvé Missange, et celui-ci lui indiqua le lieu en lui apprenant le triste sort de Viken...


Je vais le chercher, reste là pour aider... Je reviens au plus vite...

Anakin sorti de la maison, monta sur Avalon et après un dernier regard sur la porte close, Il talonna Avalon.
Athris a écrit:
[Sur les remparts...]

Citation :
Viken...il n'est plus ...

Les larmes ruisselaient sur les joues du marin et de sa femme. On a beau se croire endurci,il était impossible de cacher sa détresse devant l'ami avec qui on ne rirait plus jamais, dont on n'entendrait plus jamais les paroles.

A genou Athris caressa le visage de Viken. Il était encore tiède. Le crime ... car c'est bien d'un crime dont il s'agissait, remontait à peu.


Poignardé en plein coeur, mais si j'en crois les traces de sang sur l'épée, Viken a du emmener son agresseur avec lui.

Les yeux encore brouillés de larmes, Athris fit le tour de la plateforme, essayant de distinguer dans les dernières lueurs du jour ... oui, il y avait un corps désarticulé en bas dans les fourrés.

Citation :
Que se passe t'il ? qu'est il arrivé? qu'allons nous faire ? et ...Missange...où est-elle? Pourquoi ? pourquoi....

Je ne sais pas mon coeur, mais ce manteau qui recouvre notre ami n'est pas venu là tout seul. Quelqu'un a pris soin de lui. Quelqu'un d'autre que nous sait ce qui est arrivé. Missanges peut-être ?

Un cor résonna au coeur de la ville, en provenance du campement de Roxane. Et Athris sut ce qu'ils devaient faire.

Je vais ramener Viken au campement. Sans doute ses camarades de l'armée bretonne voudront-ils lui accorder les derniers honneurs militaires.
Anakin41 a écrit:
[sur les remparts]

Anakin arriva sur les rempart au galop suivant les instructions du valet de Anne-solenn. A peine eut-il mis pied à terre qu'il entendit des voix.
il tira sa bâtarde et s'approcha.

S'approchant, il reconnu des voix familières... Athris et Saphyra !
il les appela pour s'annoncer.


Athris ? Saphyra ? Est-ce bien vous ?

Il continua son approche tout en remettant son arme dans son fourreau, allant à la rencontre de ses amis.
Saphyra a écrit:
Athris portait délicatement le corps sans vie de leur ami Viken, et prudemment il descendit l'escalier glissant des remparts.
Saphyra le suivait se tenant à chaque paroi de granit, se disant que tout ceci ne pouvait être vrai.
Jamais elle n'avait perdu une personne proche, c'était la première fois et cela était une douleur horrible dans sa poitrine.

Arrivés en bas de l'édifice, ils reconnurent une silhouette bien familière.

Saphyra se jeta dans les bras d'Anakin sanglotant de plus belle.


"C'est Viken, Any...il est...il faut prévenir Missange...." ses jambes tremblèrent tandis qu'Athris s'approcha avec Viken dans ses bras.
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MessageSujet: Re: Lorsque le destin bascule…Décés de Viken ( 14 octobre 1459)   Mar 29 Jan - 8:06

Missanges a écrit:
[ Sommet de la tour ]

-Chéri, parle-moi encore…Chéri…Vik…

Lentement ma main se souleva, mes doigts passèrent dans ses cheveux, les caressant. Ses lèvres posées sur mon cou se faisaient doucement plus fraîches.
Le temps déroula ses heures, les premières étoiles scintillèrent timidement. Le temps continuait sa route, rien ne changeait, sauf le mien. Le temps du bonheur venait de s'arrêter au cours de cette nuit.

Les yeux ouverts sans pouvoir bouger, le poids de Viken sur moi, je savais que la vie de mon mari avait rejoint d’autres contrées. Une autre douleur avait remplacé le coup reçu par ce fou, une douleur plus grande, plus profonde avait chassé la précédente.

Je sentis le nez d’un chien nous reniflant, puis j’entendis l’appel de son nom. J’espérais que le maître du chien monterait nous découvrirait. Mon esprit pria en silence. Une silhouette se pencha, je reconnus mon amie Mad et pourtant je ne pus lui parler. Deux bras me saisirent, me séparant du corps de mon époux. Je vis son corps inerte, allongé puis lentement la nuit me happa.

[ Plus tard ]

Le réveil !
Mes paupières clignèrent et mes yeux s’ouvrirent. Avais-je assez dormi ? Est-ce cette odeur sous mon nez, qui fit me réveiller ? Que de questions auxquelles les réponses étaient superflues !
Sans bouger, mes yeux détaillèrent la pièce dans laquelle je me trouvais, se fixèrent sur la fenêtre, étroite d’un seul battant à mi-hauteur du plafond. Mon esprit calcula, si la distance du sol au plafond était égale, si la fenêtre était centrée. Mais en fait mon esprit s’en fichait, il vagabondait, se concentrant sur une chose inutile afin d’éviter la réelle, cruelle réalité.

À travers le carreau, des points lumineux scintillèrent me rappelant le sommet de la tour, me rappelant…
De sombres draperies encadraient la fenêtre. Je sentais, je respirais une atmosphère de chagrin. Une mélancolie âpre, profonde, incurable planait, me transperçait.
Mes yeux fixèrent cette main qui bougeait devant mon nez agitant une fiole.
Même pas de la prune !
Mais même celle-ci ne n’aurait pas donné l’envie de me réveiller…
--Enoryg a écrit:


Regardant l'Intendante, la vieille lui répondit doucement :
Oh mais bien sûr Dame, vous pouvez rester.
Ce faisant, elle s'adressa de nouveau à l'Intendante, sur un ton qui se voulait rassurant :
Vous avez l'air de connaître cette jeune personne, on dirait.
Venez donc près d'elle et parlez lui doucement pour la rassurer.......
Peut être pourriez vous me dire qui elle est et ce qui lui est arrivée.
En tout cas, n'ayez plus de crainte pour sa vie, la blessure n'est pas profonde, elle devrait être vite sur pied.

Pour elle même elle ajouta tout bas :
Je ne m'explique pas tout ce sang ni cette faiblesse.........
Elle déboucha alors le flacon de sels et le fit passer sous le nez de la jeune femme pour qu'elle le respire..........

Enoryg vit alors, les yeux de sa patiente papillonner puis s'ouvrir avec quelque soulagement. D'une voix très douce, elle lui dit :
N'ayez crainte ma p'tiote...... tout va bien, vous êtes en sécurité maint'nant.........
Madcat a écrit:
A l'invitation de la vieille femme, Anne-Solenn s'était approchée du lit sans bruit et avait passé délicatement une main légère sur le front de Missanges. S'adressant à la guérisseuse elle murmura une réponse succincte.

Oui, je la connais bien, c'est Missanges de Kérandic, épouse de Viken...

En prononçant le nom du défunt, la jeune femme sentit son visage se crisper et ses lèvres trembler... Essayant de garder son sang froid, elle poursuivit cependant.

Je les ai trouver tous les deux sans vie au sommet de la tour Nord. Il n'y avait plus rien à faire pour Viken... Je... ne... sais pas ce qui s'est passé... Un rôdeur peut-être... Mais comment vais-je annoncer la mort de Vi...

Elle s'interrompit et poussa une exclamation étouffée.

Elle a ouvert les yeux... Qu'Aristote en soit loué!! En la trouvant là haut je n'aurais jamais cru qu'elle survivrait à ses blessures...

Se penchant vers Missanges , aux côtés de la vieille femme, elle commença à murmurer des paroles rassurantes, comme celles que l'on murmure à un enfant qui s'éveille d'un cauchemar, pour le rassurer, effacer les images terrifiantes du mauvais rêve.

Je suis là, Miss, tout va s'arranger... tu es en sécurité... tu vas guérir... Tu n'as plus rien à craindre...

Malgré ses efforts, Anne-Solenn sentait sa voix trembler, deux larmes coulèrent lentement sur ses joues... Elle réalisait qu'en revenant à elle, Missanges ne s'éveillerait pas d'un cauchemar, la réalité était pire que tout ce que l'on pouvait imaginer.
Anakin41 a écrit:
[sur les remparts]

Saphyra déboucha de la tour et se jeta dans ses bras en pleurant. La voix pleine de sanglots, elle lui confirma ce que le valet lui avait dit.

"C'est Viken, Any...il est...il faut prévenir Missange...."

La serrant fort contre lui, lorsqu'il vit Athris arriver derrière elle.
La voix déchiré, il leur annonça.


Je sais... Anne-Solenn les a trouvé... tous les deux... Ici. Missange est blessé !

Anakin desserra son étreinte doucement. Regardant ses amis tour à tour, il continua, voulant les rassurer au sujet de Missange. il prit une longue inspiration, souffla, comme pour évacuer un peu de sa peine.

Elle a été conduite chez une guérisseuse... Une certaine Enoryg, si j'ai bien saisi son nom, qui vit à quelques rues d'ici...
Je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé... Mais de ce que j'ai pu voir, sa blessure n'est pas trop grave.

La guérisseuse saura et fera surement ce qu'il faut pour la soigner.
Ajouta-t-il pour se rassurer lui même.

Puis se tournant vers Athris, il proposa.


Athris... Peut être... Peut être devrions-nous emmener Viken au camp...
Installons-le sur Avalon... Tu veux.


Il approcha Avalon pour qu'il place le corps de leur ami sur le dos du cheval. L'aidant dans cette pénible tâche, il s’inquiétait pour Missange, espérant qu'Enoryg parviendrait à soigner sa blessure.
Missanges a écrit:
La voix se voulait rassurante
…épouse de Viken... tu vas guérir... Tu n'as plus rien à craindre...

J’entendais résonner les mots, j’écoutais…
Ma main serra doucement celle de mon amie, précieux réconfort, témoignage d’affection, d’amitié. Je voyais ses larmes couler sur ses joues…Je savais.

Au milieu de la pièce, dans une coupe en fer brûlait un parfum à la senteur fruité, presque nue livrée aux mains d’une femme, je ne voulais y croire.
Je sentis des doigts parcourir mon dos, des odeurs de plantes, une douleur et pourtant tout cela était supportable.
Aucun cri, aucune grimace, rien n’était plus profond que la douleur des détours de mon âme. Un abîme au fin fond de mes entrailles semblait s’être ouvert.
De ses mains ridées par les années l’ancienne dont les gestes relevaient d’un rite mystérieux répandait un effluve, un onguent sur ma plaie.

Cette ancienne me fit soudain penser à ce que m’avait raconté Viken un soir, sur une mystérieuse rencontre en forêt. Je ne voulais rien oublier…
Mes yeux se fixèrent sur la chandelle qui lentement vacillait au gré du courant d’air que la femme déplaçait allant et venant, de ma personne à la table, table qui s’était lentement garnie d’instruments et de pansements.
Mon esprit se fixa sur la flamme et fermant les yeux je me crus au moulin devant la cheminée, écoutant le récit de Viken…
Un gémissant de douleur me tira de ce merveilleux souvenir. Du bout des doigts, la femme appliquait sur ma plaie un morceau de toile sondant mes chairs vives.
Madcat a écrit:
Toujours penchée sur Missanges, Anne-Solenn suivait tous les geste de la guérisseuse. Quand elle entendit son amie gémir, elle serra sa main un peu plus fort, mais sans rien dire. Elle savait que Miss était consciente et se souvenait de ce qui s'était passé. La douleur physique n'est pas comparable à la souffrance causée par la perte d'un être cher. Anne-Solenn, retenant ses larmes, pleurait intérieurement pour son amie, pour la mort de Viken, pour un bonheur brisé.

Essayant d'empêcher sa voix de trembler elle s'adressa à voix basse à la guérisseuse.


Dites-moi, Enorig, est-elle transportable? Ma demeure est vaste, si elle le veut bien, je pourrais l'installer dans une des chambres d'amis, elle y attendrait la guérison de sa blessure. Elle serait en sécurité et bien entourée par ma famille.
--Enoryg a écrit:


La vieille avait réalisé le pansement mais elle savait qu'il faudrait le vérifier chaque jour avec minutie et précaution, afin que la blessure ne s'infecte pas et qu'elle ne laisse qu'une légère cicatrice.

Malgré tout, elle comprenait que l'Intendante ne voulait qu'aider son amie.
Elle s'avança vers le lit et regarda la jeune femme, avant de s'adresser à Madcat:

Oui, j'pense qu'elle pourra aller jusque chez vous mais seulement en voiture, ce qui ne doit pas être une grande gêne, vous devez ben avoir ça, Dame !
Puis se tournant vers Missanges, elle ajouta d'une voix très douce et presque dans un murmure :
Dites, la p'tiote, z'en pensez quoi vous ? v'lez allez chez l'Intendante vot'amie j'suppose.......

Elle parlait plus pour elle-même qu'elle ne posait véritablement la question, se disant que la femme serait bien mieux installée dans la confortable maison de l'Intendante. Elle serait quitte pour faire la route chaque jour afin de s'assurer que sa patiente se remettait bien......
Missanges a écrit:
Le temps avait passé, je ne savais combien de jours avaient défilé depuis que j’étais ici, sûrement une éternité. Je ressentais plus qu’une légère douleur mais une immense lassitude.
Mon regard croisa celui de l’ancienne qui me soignait. Mes lèvres esquissèrent un léger sourire de gratitude.
Dites, la p'tiote, z'en pensez quoi vous ? v'lez allez chez l'Intendante vot'amie j'suppose.......

La soigneuse ne pouvait pas me garder éternellement, j’avais déjà bien abusé de ses soins, les Mamettes allaient être folles de rage lorsqu’elles sauraient cela mais dans l’immédiat c’était la meilleure des solutions.

Oui, je pense que c'est la meilleure des solutions. Merci de vos soins dame...

Une grimace passa furtivement sur mes lèvres lorsque je m’assis sur le lit afin d’essayer de me lever. Les bras de Mad se firent aussitôt présents autour de ma taille et lentement je me levais me tortillant afin éviter la douleur qui revenait lancinante. Je sentis mes mâchoires craquer afin de retenir un cri de douleur.

Me tortillant encore un peu mes jambes prirent appui sur le sol. Aidée de Mad et de la soigneuse je fus habillée rapidement. Après avoir remercié l’ancienne je sortis maintenu par mon amie Mad.
Madcat a écrit:
Dès qu'elle avait su que Missanges viendrait s'installer chez elle, Anne-Solenn avait fait signe à Robinn, qui, toujours attentif aux ordres de l'Intendante, était allé en courant jusqu'au 17 place de l'église. Il avait, en un temps record, attelé les deux Merens noirs à la voiture la plus confortable et, menant les pauvres chevaux à un train d'enfer, était de retour devant la chaumière juste quelques minutes plus tard.

A cet instant, Anne-Solenn, soutenant Missanges, sortit à pas lent de la demeure. Elle eut un sourire satisfait en voyant que ses ordres avaient été suivis à la lettre. Remerciant Robinn d'un signe de tête, elle installa son amie sur les coussins empilés sur le siège pour le rendre plus confortable.

Avant de monter elle même en voiture elle tint à remercier Enorig de ses soins et l'assura qu'elle serait récompensée à la hauteur du mal qu'elle s’était donné.

Puis elle donna à Robinn l'ordre de se mettre en route. Celui-ci ne se le fit pas dire deux fois, dès que l'intendante fut installée aux côtés de Missanges, il bondit sur son siège et, faisant claquer son fouet, sans toucher les chevaux, Anne-Solenn ne l'aurait pas supporté, lança l'attelage au galop pour regagner le plus vite possible la résidence Wolback.

Une nouvelle vie allait commencer pour Missanges, au fil du temps la douleur deviendrait moins vive, mais resterait présente comme une grande cicatrice. Le temps atténue la douleur, mais ne l'efface jamais.

Anakin41 a écrit:
Anakin avait donc emmené le corps sans vie de Viken au camps militaire de Rennes et s'était occupé de lui avec l’aumônier de la caserne. Il aurait voulu retourner au chevet de Missange pour prendre de ses nouvelles, mais des obligations l'avaient rappelé à Felger.

Dès qu'il eut le temps de revenir à Rennes, Il retourna chez la guérisseuse. Cette fois-ci, c'est doucement qu'il frappa à la porte de cette dernière.

Il s'excusa tout d'abord, lui expliquant qu'il était médecin et qu'il n'avait voulu que venir en aide à son amie.

Grincheuse, la vieille femme lui apprit tout de même que Missange avait retrouver quelques forces et qu'elle se trouvait maintenant chez l'intendante de la capitale.

Après avoir posé maintes questions sur la santé de son amie et avoir demandé l'adresse d'Anne-Solenn, Anakin remercia la guérisseuse, puis, après l'avoir salué, se dirigea directement en direction de chez Anne-Solenn...
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MessageSujet: Re: Lorsque le destin bascule…Décés de Viken ( 14 octobre 1459)   Mar 29 Jan - 8:06

--les_mamettes a écrit:
Mahestine avait reçu un pli en provenance de Rennes. Pour la seconde fois, elle resta sans voix ne croyant pas ce qui était écrit, ne croyant pas ce qui arrivait encore une fois à sa petite… Elle aurait tant aimé être avec elle en ce jour si triste. Au travers de ses larmes elle afficha la triste nouvelle. Elle ne pourrait plus jamais taquiner celui qu’elle aimait tant, celui qui avait tant rendu sa petite heureuse…



**********

Vol direct pour le paradis solaire: Enterrement de Viken ( 29 Octobre 1459 )

Le_Fossoyeur, incarné par Pouilloux a écrit:


Le Fossoyeur de Renne vient de finir de creuser le trou, la dernière demeure de Viken de Kerrandic. Il regarde avec fieté son ouvrage. Le trou est parfait, les parois droites et lisses, une profondeur corecte. Ce qu'il aime le plus dans son métier c'est l'art du beau trou. Il n'est pas comme ceux qui creusent un trou et hop c'est fini. Non... Lui, c'est un artiste. Son pinceau c'est sa pelle. Sa tablette c'est le cimetière de Renne. Il ne trouve rien d'honteux dans son métier. Lui c'est les trous, et ce que l'on peut mettre dedans, cela ne le concerne pas.

Dès l'aube il est venu commencer son trou. Avec quelques cailloux, du fil, deux ou trois repères en bois, il a délimité le trou. Il l'a corectement aligné avec les précedents. Il se recule souvent, s'acrouppie, s'agenouille, prend sa pelle et creuse. Le tas de terre pelleté croisse rapidement.En fin de matiné il est là devant le trou, il passe sa main rude et calleuse dans sa barbe blanche, dans l'autre sa pelle est le prolongement presque naturel de son bras. Il est vraiment content de lui, encore un beau trou livré. Il se demande si la foule qui viendra accompagner le défunt se rendra compte de la qualité de son ouvrage.

A côté les cloches de l'église Notre Dame en Sainte Melaine résonnent dans le ciel de Renne. Le Diacre Pouilloux Fouquet va accueillir sur le parvis, famille, proches, amis et le défunt.


Y ai fini encore une fois le trou à temps, Y suis bon quand même.
Pouilloux a écrit:
Les quatres porteurs déposent le cercueil de Viken sur des tréteaux devant l'entrèe de l'église Notre Dame en Sainte Melaine. Une bougie est déposée, et sa flamme virevolte.



Les cloches se taisent, le calme, le silence emplit le parvis de l'église de Renne. Aujourd'hui c'est un conseiller ducal en exercice que l'on enterre, c'est un père, un époux, un proche, un ami, une personne que l'on aimait croiser.


Brisant le silence, la voix de Pouilloux est la plus douce possible, la plus calme. Il ne veut surtout pas que l'enterrement finisse en pleur interminable, mais souhaite la célébration de la mémoire de Viken. Il regarde les fidèles...

Dans les temps jadis, un homme a fait un acte qui entraine qu'aujourd'hui nous sommes tous les enfants du Très Haut. Cet Homme c'est Number Ouane. Il a fait preuve d'AMOUR. Et gràce à cela le Très Haut a reconnu les hommes comme étant ses enfants.

Pouilloux regarde le cerceuil et continue

Viken de Kerrandic tu es un enfant du Très Haut. Tu as montré dans ta vie que tu savais faire preuve d'amour. Ta femme Missanges, ta fille Naelig, tes amis, tes proches peuvent tous le certifier. Ta vie,... Tu l'a parsemée d'Amour. Cet Amour de la Bretagne aussi, où tu voullais oeuvrer pour elle.

Pouilloux fait un signe aux porteurs. Et de sa main montre la porte grand ouverte de l'église. Entre Fils du Très Haut, Entre dans cette église pour que nous puissions faire l'ultime sacrement de ta vie. Viken, humble représentant de l'Amour des Hommes, soit le bienvenue.

Pouilloux suit le cercueil, précédant tous ceux qui se trouvent réunis en ce jour de mémoire. la cérémonie d'adieu va pouvoir commencer.
Missanges a écrit:
Peut être est-ce dans ces instants là, que nous prenons conscience des moments partagés, que finalement nous aurions du en profiter encore plus. Un destin bascule si vite…
Je suivais cette boite sans réellement y être comme un corps qui se dédouble. Un corps qui doit assumer, enterrer sa moitié et l’autre qui s’y refuse.

En accompagnant mon époux à sa dernière maison , dans cette église froide, mon esprit vagabondait. Je repensais à ma mère la vicomtesse de Ploërmel, Mirven de Brignac qui avait eu trois maris. Je repensais aussi à mon père qui disait souvent la malédiction des Kerdren…Qu’avaient donc fait nos ancêtres pour que leurs descendants aient ce prix à payer…
On essaye d’être différent mais au final on suit les mêmes traces…

Seule derrière le nouveau Diacre je suivais.
Portée par des mains anonymes, la boite se balançait doucement. Les hommes tenaient les poignées avançant dans la nef. Tous les amis étaient partis à la guerre je ne savais pas qui était encore là, qui serait là !
Les hommes posèrent le cercueil et le diacre Pouilloux se retourna vers les présents. Ses yeux se posèrent sur moi et je compris que je devais prendre place.

Le premier rang ! Vide est froid je pris place dans la première rangée de bancs alignés. La place attribuée, réservée à la famille du défunt. Seule, je resserrais ma cape autour de moi.
Mon regard se fixa sur un cierge se consumant…
Saphyra a écrit:
Le coeur de Saphyra se serra et sa main se crispa dans celle de son époux Athris lorsque le cercueil porté passa devant eux et entra dans demeure du Très Haut.
Missange suivait juste aprés et elle pouvait sentir la tristesse énorme de son amie, Saphyra avait l'impression de voir passer deux corps sans vie.
Celui de son frère d'armes Viken mais aussi celui de son épouse Missange.

La bretonne laissa couler ses larmes et avec Athris ils entrèrent à la suite dans l'église pour un dernier hommage à leur ami.

Le froid était encore plus glacial.
Meiline a écrit:
A l'annonce de la mort de l'ancien Ambassadeur de Bretagne, je me devais en tant que Grain de Sel de venir à l'enterrement.
Habillée dans ma tenue de diacre habituelle, j'avançais silencieuse.

Chaque pas était une prière que je lui adressais, ainsi qu'a son épouse et leur enfant.
Aristote allait l'accueillir, et son épouse pleurera la mort d'un époux aimant et fidèle, beaucoup trop jeune pour nous quitter.

Je regardais discrètement ma soeur auprès de son époux, attristée par la disparition soudaine d'un de ses proches amis, mon coeur se serrait, j'avais perdue jadis ma soeur de coeur Princess_lili et chaque enterrement me replongeaient dans ce vide au fond de nos tripes qui nous envahit.

Pelotine. a écrit:
Pelotine connaissait Viken depuis quelques temps désormais.
Elle avait appris a le connaitre en taverne et puis d'après certains dires de Gwilherm.
Mais ce qu'elle connaissait surtout c'était l'amour que lui portait son épouse , Missanges.
Il était normale pour l'actuel juge de Bretagne de venir assister a l'enterrement de ce jeune breton.
Mais n'étant point une proche , ni amie , elle se contenta de rester au fond et de prier pour l'âme de cet homme.
Saphyra a écrit:
Les personnes commençaient à arriver...Elle fit un signe de tête à sa soeur aimée Meiline.

Tout en gardant la main de son époux dans la sienne, elle s'approcha de Missange qui semblait encore plus seule qu'elle.

Son coeur se serra mais il fallait qu'elle soit forte pour son amie.

Elle prit place à ses côtés et de son autre main attrapa la main glacée de Miss qui ne pouvait détacher son regard du cercueil de bois devant elle, elle serra fort sa main, fermant les yeux et secrètement pria les dieux anciens celtes d'accueillir Viken dans leur bras.
Izea a écrit:
Viken... Un nom quasiment inconnu...
Quoi qu'il était peut être venu un jour ou deux à Brest...

Elle s'était un peu renseignée avant de se rendre à l'enterrement de ce dernier. Il avait été soldat et ambassadeur d'après ce qu'elle avait découvert.

Aujourd'hui, elle avait revêtu une houppelande noire, évènement oblige, c'était la première fois...

La jeune femme aperçut Missanges. Si elle était là aujourd'hui, c'était pour elle, pour lui prouver son soutien dans cette épreuve de la vie.
Guigoux a écrit:
Ici, là, ailleurs, à côté... Des âmes s'en allaient, et cela faisait...Deux semaines depuis la dernière fois. Mais il ne se démontait pas, Viken et Missanges étaient des amis. Le Blanc, couleur de deuil ne l'avait jamais quitté, et il avait remis une chemise blanche.

Il arriva, ses Azurs étaient alors penchés vers le sol, et il entra après le funèbre cortège, puis s'assit dans l'édifice.

Combien de fois fallait-il entrer dans une Eglise avant d'avoir un moment de bonheur pour cérémonie?

Sans un mot, il regarda l'autel, le diacre, les présents, le cercueil qui allait amener Viken vers sa dernière demeure...

Il écouta la cérémonie, comme à chaque fois.
Anakin41 a écrit:
Anakin avait suivi le cortège en toute discrétion. Il entra dans l'église et resta au fond de la salle.
Un regard vers son amie qu'il n'osa pas aller voir mais ses pensées l'accompagnaient en ces moments de douleurs.
Il regrettait de ne pas avoir pu avoir de ses nouvelles suites à ses blessures survenue en ce terrible jour qui vit la fin de son mari.

Il ne connaissait que très peu Viken, surtout de réputation, comme beaucoup de breton, surement. Il était là pour soutenir Missange, ce qu'il ferait sans faillir.
Athris a écrit:
Citation :
"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé"

Serrant la main de Saphyra dans la sienne, Athris se dit que ces mots traduisaient ce que serait désormais le monde sans la présence de son ami Viken ... quand il se serait fait à l'idée qu'il ne le verrait pas ni demain, ni les jours qui suivraient.

Les rangs de ceux qu'il connaissait s'éclaircissaient de jour en jour, et même si de nouveaux visages faisaient leur apparition, il est des êtres qu'on ne remplacerait jamais. Vik' en faisait partie.

Fermant les yeux, Athris se mit à prier pour le salut de son ami.


Nous nous retrouverons dans l'autre vie, ne crois pas que tu vas te débarrasser de nous comme ça !
Naeligdekerrandic a écrit:
Loin, au Moulin des Kerdren, à l'instant où le cercueil de Viken en franchissait les portes de l'église :
OOOOOOUUUUUUUIIIIIIIIINNNNNNNN, la voix de sa fille se fit entendre.
Une plainte lancinante plus que des pleurs d'enfant, comme si dans son coeur, si loin, la petite pleurait son père.............
comme si à son âge déjà, elle sentait et savait ..........
Pouilloux a écrit:
Pouilloux se place à côté du cerceuil et fait face aux fidéles. Le livre des vertu est déja ouvert à la bonne page, celle qu'il a choisit pour Viken.

Mes Frères, mes soeurs, je vous invite à dire avec moi le Credo. Mais en le disant je vous demande de penser à celui qui nous rassemble aujourd'hui. De penser à sa vie, à son Amour, à la joie de le rencontrer.

Posant sa main sur le cercueil

Viken, c'est tous ensemble que nous accompagnons ta mémoire et ton esprit.



Pouilloux se place devant le livre des Vertu et lit un passage.

Livre de la Création ,Chapitre VII - L’amour a écrit:
7 "C’est pour cela que Tu as donné des talents plus beaux les uns que les autres à toutes Tes créatures. Chacune d’elles a sa place dans Ta création. Son talent permet à chacune d’elles de la trouver. De ce fait, il n’y a pas de créature préférée de Toi, ô Très Haut. Nous sommes toutes pareillement aimées par Toi et nous nous devons tous de t’aimer en retour. Car, sans Toi, nous n’existerions pas. Tu nous a créés alors que rien ne t’y obligeait et nous nous devons de t’aimer pour te remercier de ce geste."

8 "Nous sommes certes enchaînés à la matière, certes soumis à ses lois, mais notre but est de tendre vers Toi, l’Esprit Éternel et Parfait. Donc, selon moi, le sens que Tu as donné à la vie est l’amour." Alors Dieu dit: "Humain, puisque tu es le seul à avoir compris ce qu’était l’amour, Je fais de tes semblables Mes enfants. Ainsi, tu sais que le talent de ton espèce est sa capacité à M’aimer et à aimer ses semblables. Les autres espèces ne savent aimer qu’elles-mêmes."

OUI nous sommes tous les enfants du Très Haut et Toi Viken, par ton amour des autres tu es un digne représentant.

Pouilloux regarde les fidèles et annonce.

Nous allons nous rendre au cimetière, mais si quelq'un parmis vous souhaite honnorer la mémoire de Viken, qu'il prenne la parole.
Douchka a écrit:
Douchka appuyée contre le mur tout près de l'entrée de l'édifice, récitait le Crédo.

Viken un homme droit, juste avec qui elle avait pris plaisir à travailler sans le connaitre vraiment.
Son sérieux lui avait plu et son franc parler aussi.

Elle était là pour Missanges, discrète, effacée mais présente pour elle.

Les plus malheureux sont ceux qui restent, elle le savait bien, après avoir vu partir nombre de ses amis et son parrain dernièrement.
Madcat a écrit:
Rien n'aurait pu empêcher l'intendante de Rennes de venir soutenir son amie pour les obsèques de Viken.

Elle avait suivi le cortège, sentant son cœur se serrer de plus en plus et retenant tant bien que mal ses larmes. La vue du cercueil avait fait ressurgir l'image de Viken comme elle l'avait trouvé, baignant dans son sang, allongé sur la pierre froide au sommet de la tour. Cette image hantait ses cauchemars.

Elle s'était assise près de Miss, sans rien dire, espérant apporter par sa présence un peu de réconfort à la jeune veuve.

Perdue dans ses pensées, elle réalisa soudain que son filleul avait commencé l'office des morts. Il récitait le Credo. Anne Solenn, priant de tout son cœur, murmura la prière en même temps que le diacre.
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MessageSujet: Re: Lorsque le destin bascule…Décés de Viken ( 14 octobre 1459)   Mar 29 Jan - 8:07

Mimilia74 a écrit:
La diaconesse de Vannes se rendit au lieu du dernier Hommage. Elle n'entendait pas grand chose, elle se rapellait la douleur de perdre l'être que l'on aime. Elle remonta l'allée, bravant les convenances elle remonta jusqu'à Missange, qu'elle prit dans ses bras, la serra fort, tentant de lui insufler un peu de chaleur. Puis sans un bruit se rendit aux bancs libres afin de suivre la cérémonie.

Une larme roula sur sa joue, elle se souvenait du jour ou elle avait Uni la vie de Viken à celle de Missange, qu'il est dur de comprendre le trés haut lorsqu'il nous reprends l'être qu'on aime.
Missanges a écrit:
Seule sur le banc je suivais l’office.
Une main se glissa dans la mienne et des doigts serrèrent les miens. Saphyra était là présente ainsi que Athris pour qui Viken avait tant de sympathie envers sa personne. J’entendais le bruit du frottement des chaises emplissant l’église, frottement témoignant de la présence d’amis venus rendre un dernier hommage à celui qui disparaissait à Viken…Mon mari…

Une voix, lointaine portée sans doute par le souffle des ailes d’un moulin tari temporairement ou tari à jamais …Une voix lointaine sembla résonner, sembla envelopper ce cercueil, une voix que Viken aurait tant aimer entendre…

Le bruissement d’une robe, la chaleur d’un corps, je sentis Mad près de moi, sans rien se dire, sans échanger une parole, seul le regard en disait long sur une amitié qui s’était nouée au fil du temps. Une silhouette se rapprocha des joues humides vinrent contre les miennes, je souris à Mimillia venue me serrer dans ses bras. Je lui infligeais un retour en arrière avec cette cérémonie, elle qui savait la peine que je ressentais…

La suivant des yeux jusqu’à qu’elle prenne place je découvris alors les personnes présente dans l’église. Je détaillais chaque personne en leur adressant un timide sourire en guise de remerciement. Des personnes différentes, des tempéraments différents mais qui avait croisé un jour notre route, dans une taverne, dans un Conseil…Elles étaient là, pour lui, pour moi…Et certaines étaient là malgrè mon franc-parler...

La voix du jeune diacre me fit revenir à la cérémonie en cours

Nous allons nous rendre au cimetière, mais si quelqu’un parmi vous souhaite honorer la mémoire de Viken, qu'il prenne la parole.

Lentement je m’avançais vers le cercueil et posant une main sur le bois, dernière communion de deux corps qui vont à jamais être séparés, je pris la parole.

À toi Viken, à toi mon mari,

Toi qui as été si tenace,
Toi qui as été si empressé afin que je dise oui à tes avances
Toi qui doucement au fil des jours a gagné mon cœur
Toi l’homme sans demi-teinte
Je ne regrette pas un jour depuis notre rencontre
Notre vie fut heureuse et radieuse
Merci d’avoir croisé ma route et de m’avoir donné tout ce bonheur…


Je regagnai ma place…
Pelotine. a écrit:
Quelques paroles ? Non ... elle n'oserait pas , de toute façon les mots les plus réconfortants qui soient , ne réconfortent jamais ... quoiqu'on en dise.

La jeune femme regardait Missanges , comme elle était forte.
Pelotine , elle , lorsqu'elle avait perdu son époux Taizo , ne tenait presque plus debout , elle n'était plus que l'ombre d'elle même , Miss au contraire , malgré sa tristesse et son désarroi apparent semblait tenir , comme un roc ... l'amour certainement , qui plus fort que tout , vous pousse a vivre malgré vous , malgré la perte de l'être aimé.

Une larme versée par la baronne , oui pour Viken , qui de la ou il était regrettait certainement la présence de son épouse , et une autre larme ... pour Taizo qui resterait dans le coeur de Pelotine a tout jamais , et dont la douleur de l'absence se réveillait a chaque enterrement.

Elle sécha ses joues et écouta les paroles de Miss , qui parlait d'une voix claire , on ne remarquait presque pas le chancellement du ton qui trahissait son émotion.
Quelle force oui , en cet instant , elle admirait la toute fraichement veuve.
Saphyra a écrit:
Saphyra attendit que Missange revienne s'asseoir prés d'elle, elle était si blanche et le regard si lointain.

La bretonne se leva et se posa devant la dernière demeure de son ami Viken, elle sortit de sa poche un petit vélin et lut aux personnes présentes les quelques mots qu'elle avait glissé sur le papier.


"A toi mon ami...mon frère d'armes...
Ta disparition a été pour nous trop soudaine
Un immense vide icilieu se creuse et laisse nos âmes en peine
Drôle d'amitié qu'en ces lieux nous avons découvert
Par nos récits mélés, nos histoires dans cet univers
Aucun mot ne pourra effacer notre peine
Tu vas me manquer...mon ami...mon frére...Viken"


elle laissa glisser ses larmes et repartit à sa place, prenant les mains glaciales de Miss dans les siennes et jeta un regard à Athris qui avait les yeux rougis par la tristesse.
Roxane2 a écrit:
Elle s'était glissée derrière les participants de la cérémonie . Elle avait beaucoup de peine d'avoir perdu ce vaillant soldat qui n'avait jamais peur d'affronter ses supérieurs quand il avait une idée et qu'il la croyais bonne .
Elle se souvenait de l'homme doux et du mari attentif qu'elle avait vu lors du feu de la saint Jean .
Il allait leur manquer .
Shaphyra venait de se rassoir et elle s'avança .


Comme vous le savez j'ai surtout connu Viken en tant que combattant étant son capitaine d'Ost .Il était plein de courage et toujours prêt à prendre les armes pour défendre la veuve ou l’orphelin ainsi que sa chère Bretagne .
Je rends hommage au guerrier qu'il était .


Puis se tournant vers Missanges

Missanges je suis désolée qu'il soit parti de cette façon

Elle se penche et serre les mains de Missanges et va reprendre sa place

Sanzillusion a écrit:
Cachée derrière un arbre non loin du parvis de l'église, elle avait vu passer le cercueil dans lequel reposait le corps de Viken.

Viken...

Elle ne gardait de lui que les moments de leur amitié. Leur première rencontre lors d'une course de grenouilles ; la folie qu'il avait eu de se mettre aux enchères sur la grand'place de Bruges ; sa façon de danser avec un balai en chantant pour faire le ménage dans son échoppe... Elle sourit doucement à ses souvenirs.

Viken l'ami de Bruges, celui qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être.

"A trop jouer avec l'Ankou quand ce n'est pas ton heure,
Il viendra te faucher au coeur de ton bonheur", tels étaient les mots qui lui revenaient à cet instant, les mots de mise en garde d'une maxime que Jehan lui servait quand elle était enfant.

Viken. Il avait traversé tant de périls qu'elle avait fini par penser qu'il était immortel

Pauvre Viken. Qu'on le veuille ou non, il avait fait partie de la vie de la brune et il resterait dans son coeur et ses pensées, au même titre que tous ses êtres chers qu'elle avait déjà perdus.

Le soleil était bas. De gros nuages au loin annonçaient la pluie prochaine. D'un pas lent, Sanzi reprit le chemin de sa maison.
Pouilloux a écrit:
[Le cimetière De là-Haut, tu va l'accueillir... ]

Tout le monde est autour de la Tombe. Le fossoyeur à bien travaillé. Dans le trou le cercueil à été déposé. Le bruit des cordes qui frottent sur le cercueil est juste insuportable, ce bruit ressemble à un cri , un rale.

Pouilloux prend la parole.


Nous allons maintenant confier à la terre le corps de notre frère dans ce lieu où reposent déjà tant de défunts de nos familles. Le moment est venu de lui dire "à Dieu".
C'est un moment de tristesse, mais il faut que l'espérance reste forte en nous. car nous espérons le revoir quand le Très Haut nous réunira, dans la joie de son Royaume.
Recueillons-nous en pensant à tout ce que nous avons vécu avec Viken, à ce qu'il est pour nous, à ce qu'il est pour le Très Haut.


Pouilloux prend une poignée de terre et la jette sur le cercueil. Il invite tous ceux présent à en faire autant. Il se dirige ensuite auprès de Missange pour lui présenter ses condoléances.

Soit forte ma grande, sache que je suis à tes côtés, et que tu peux compter sur moi en cas de doute.

Pouilloux l'enlace. Lui sourit, et se retire pour laisser la place aux autres. Il rejoint le fossoyeur pour le féliciter de son ouvrage.
Missanges a écrit:
Droite devant le banc, j’écoutais l’hommage de Saphyra fidèle amie. L’hommage de l’amie et de la sœur d’arme au sein de l’armée. Des souvenirs me revinrent en mémoire des discussions aussi sur le sujet de l’armée. Il aurait tant aimé apporter sa pierre dans cette bâtisse…

Ce fut le tour de Roxane à témoigner sa gentillesse auprès de Viken,. Mon mari qui appréciait tant Roxane aussi. Quelques paroles plus personnelles envers ma personne et ses mains prirent les miennes. Je lui fis un sourire afin de la remercier de s’être déplacée et mes bras l’étreignirent chaleureusement pour témoigner ma gratitude sans vraiment la regarder. Un seul regard ferait craquer cette carapace que l’on se donne afin de faire bonne contenance. Quelle connerie mais c’est ainsi !

Puis sans savoir, sans vraiment réaliser combien de pas j’avais fait pour être là. Comment on avait quitté l’église pour être ici, mais j’étais là, autour de ce trou…Peut être le moment le plus dur…Le fossoyeur était là, les mains posées sur sa pelle encore noire de terre. Il était là attendant pour finir son travail. L’écho de la terre jetée par le diacre Pouilloux résonna sur le bois du cercueil. Un battement de cil afin de retenir cette larme qui promène de gauche à droite. Mes doigts saisirent à leur tour, cette terre noire et l’écho résonna encore et encore…

Les mots de gentillesse du diacre Pouilloux puis son étreinte me firent revenir sur le présent et à mon tour je le remerciais de son office, nul doute Aristote a gagné un nouveau serviteur digne de foi en cet homme. Je lui rendis sa bise en le remerciant grandement.

Droite devant la tombe je me retournai afin de remercier celles et ceux qui étaient venus.
Saphyra et Athris que j’embrassais longuement en chuchotant dans le creux de l’oreille un merci étouffé.
Any mon fidèle ami, toujours présent afin que le fil ne se rompe pas…
Madcat et Mimilia que j’embrassai également les remerciant pour leur témoignage d’affection et leur présence.
Je fis une bise à chacune des drôles de dames divinement exquises Pelotine, Izea, Douchka. Merci
La série de bises continua, Guigoux fidèle en amitié toujours présent lorsqu’un ami est en peine.
Je terminais en embrassant Meiline et Roxane les remerciant de leur présence et de ce moment de chaleur qu’elles m’avaient insufflé.

Le fossoyeur bougea sa pelle, deux pigeons vinrent se poser autour de la tombe roucoulant, je partis lentement…

Slamjack a écrit:
[Sur la tombe de Viken]

Nom de dieu, Viken est mort!?

S'exclama le Baron Noir, en apercevant ce nom sur une stèle. Les inquiétudes quant à l'état de santé de son ancien frère d'armes étaient parvenues jusqu'à ses oreilles, en Flandres, mais Slamjack s'étonna de le voir si vite enterré.

Le Général des Forces Spéciales Flamandes déambulait dans le village depuis quelques heures, errant d'un endroit à l'autre, découvrant les petits coins typiquement bretons au gré de sa convalescence, imposée par le sabordage de son Flanders II.

C'est ainsi qu'il parvint au cimetière.

Avec son allure de Grande Faucheuse, le Sanguinaire se fondait dans le paysage. Quelques corbeaux agrémentaient le tableau. Leurs croassements lugubres donnaient l'impression à Slamjack d'être chez Lui, à la forteresse FSF.

FSF. Viken en avait été un à l'époque où il vivait à Bruges. C'était un guerrier fidèle et respectueux. Le genre qui assagissait la sinistre réputation des forces spéciales. Trop sage, peut-être, pour servir sous bannière noire. Jusqu'à ce que ses racines le rappellent sur ses terres d'origine.

Qu'il aurait été fier, Viken, de voir ses anciens frères d'armes se battant aux côtés des troupes bretonnes. A cette pensée, le Général se déride et murmure.


Repose en paix, guerrier.
Hugo. a écrit:
Il était de ceux qui suivaient les jeunes soldats et Viken était un des derniers rentrés dans l'Ost Breton. A l'époque ou il était chef de Garnison perdre un Griffon était toujours un moment douloureux.
L'évêque se rendit alors au cimetière accompagné de quelques frères, dans sa soutane noire au ruban violet il vit quelques personnes autour de la sépulture.
Les gens rendaient un dernier hommage et il souhaitait lui aussi s'exprimer ainsi que d' être au coté de sa vieille amie Missange.


Puisse le Très Haut, les prophètes Aristote et Christos et les sept saints-Bretons te guider au paradis solaire.

Il prit le temps de regarder humblement la sépulture de l'ancien Cavalier de Rohan.
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MessageSujet: Re: Lorsque le destin bascule…Décés de Viken ( 14 octobre 1459)   

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Lorsque le destin bascule…Décés de Viken ( 14 octobre 1459)
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