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 Re: [RP] Maison de soins d'Annaell 25 Fév 2013 23:21

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MessageSujet: Re: [RP] Maison de soins d'Annaell 25 Fév 2013 23:21    Mar 26 Mar - 19:11

Annaell a écrit:



Annaell était arrivée à Rohan depuis quelques semaines à présent, et elle avait acquis une petite maison à quelques rues de sa nouvelle demeure. Peu de temps après avoir terminé son emménagement et redécouvert cette ville qu'elle avait déjà visitée plusieurs fois, la jeune médecin s'attela à préparer son nouveau cabinet. Elle traversa le village pour se diriger vers l'un des hameaux qui le bordaient : à la sortie du centre-ville de Rohan, là où les habitations s'espaçaient pour laisser un peu plus de place à la nature, elle avait trouvé une petite maison comportant un minuscule jardin de plantes. Un atout non négligeable pour l'usage qu'elle comptait en faire. Elle déverrouilla la vieille porte et entra.

La maison de soins comportait uniquement deux pièces, et un étage qui n'avait pas encore été rouvert. La porte d'entrée donnait directement sur la pièce principale, qu'Annaell avait fait aménager en bureau et en salle d'examen. Un lit était disposé sur un côté de la pièce, séparé de celle-ci par un épais rideau de coton opaque. Un guéridon, une armoire et une table de travail munie d'un fauteuil complétait cette première salle. Dans un coin, un escalier de pierre usé montait vers l'étage, et à quelques pas de là, une porte s'ouvrait sur la seconde pièce, laquelle contenait deux lits simples tendus de draps de coton et munis de couvertures. Une autre cheminée, en face des lits, réchauffait déjà la pièce d'un petit feu crépitant. La large commode qu'on avait poussée contre le dernier mur libre, sur le côté de la fenêtre, n'était pas encore garnie des divers instruments médicaux dont Annaell avait besoin, mais elle avait apporté à Rohan le strict nécessaire. Dans les jours qui suivraient, elle complèterait le matériel.

Avec satisfaction, la jeune vicomtesse referma la porte de la pièce et s'assit à son bureau. Prenant une plume neuve et un livre de comptes encore vierge, elle consigna le compte-rendu de la première visite effectuée... une jeune femme enceinte qui lui avait demandé de l'examiner, et qu'elle pourrait suivre tout au long de sa grossesse.
Scorpon a écrit:
Scorpon ne supportait pas de voir une femme triste...
Alors, ce soir là, il l'avait consollée.
Du moins avait-il voulu le faire, mais finalement, la consolation fut reciproque.

Et maintenant, il marchait dans les rues de Rohan, apparement sans but, perdu dans ses pensées.
Apparement... mais...

Il s'arrete et observe une petite maison, un peu en retrait du centre-ville.
Il sourit, un sourire emprunt de tristesse: c'est la maison de soin de Annaell.

Il hésite, commence même à continuer sa route et... s'arrête et reviens vers la demeure.
Il parcoure le petit jardin et s'arrête de nouveau devant la porte, hésitant...

Puis il se decide et frappe doucement à la porte, esperant ne pas la déranger, et aussi qu'elle soit là.
Annaell a écrit:

09 Mar 2013 00:39
Relevant sa plume qui courait sur le papier, occupée à rédiger une réponse à la lettre d'un vieil ami en voyage, Annaell se demanda qui pouvait bien venir frapper à sa porte. À sa connaissance, personne n'était malade actuellement à Rohan. Peut-être était-ce la jeune femme enceinte qui avait oublié quelque chose ? Ou Gui revenu par surprise ? Après avoir remis la plume à sa place, la jeune femme se leva. Elle se sentait d'humeur plus apaisée ce jour-là, et elle avait mieux dormi. Avoir parlé à Scorpon la veille au soir de ce deuil qu'il comprenait l'avait grandement soulagée, et la gentillesse réconfortante de cet homme qui lui était pourtant presque inconnu avait eu quelque chose de salvateur. Peu à peu, l'esprit d'Annaell commençait à faire le deuil de son époux disparu... cela faisait bien trop longtemps qu'il avait sombré en mer pour qu'elle puisse entretenir encore un sain espoir. Et pourtant, au fond d'elle, son coeur ne pouvait se résoudre à considérer comme mort l'homme qu'elle aimait tant et qu'elle avait épousé par amour.

Sa main se posa sur la poignée de la porte. Chassant d'un soupir silencieux la pensée du deuil qu'elle portait, elle ouvrit. Scorpon était là, devant elle, comme un peu gêné. La jeune femme se sentit rougir, elle aussi subitement mal à l'aise de le voir à sa porte, après avoir échangé la veille au soir un baiser qui n'était pas de convenance. Mais que faisait-il là ?


Bonjour Scorpon... Puis-je faire quelque chose pour vous ?

Le sourire poli et doux reprit sa place sur son visage. Toujours elle resterait aimable, quelles que soient les circonstances, quelle que soit la douleur de son âme... Mais son coeur avait sombré dans les profondeurs de l'océan en même temps que celui de son époux, et elle s'était renfermée tout au fond d'elle-même. Scorpon cependant, ayant vécu le même deuil qu'elle, avait trouvé les mots justes pour exprimer l'indicible terreur de l'attente... l'attente vaine. Les corps perdus en mer n'étaient presque jamais retrouvés. Annaell ne saurait jamais si Trilo était encore en vie ou s'il gisait au fond de la mer qui avait prit son dû...
Scorpon a écrit:
Elle est là, elle lui ouvre la porte.
Et...

Mais oui, bonne question, qu'est-ce que je suis venu faire ici...
Il n'en sait rien, ses pas l'ont guidé...

Et bien... je passais par là...
J'ai vu de la lumière... non, on est en plein jour!
Et j'ai eu envie de vous revoir... de vous rendre visite sur... votre lieu de travail.

Il est gené, ce qui est loin d'être dans ses habitudes.
Et il a bien vu qu'elle avait rougie, donc sa presence devait aussi la genée.

Bon dieu mais pourquoi je suis venu là?
Mais elle sourit, et celà efface ses pensées parasites.
Il lui sourit aussi.

Comment allez-vous depuis hier?
J'espere que... que mon aide vous a été utile...


Mais bon dieu... dis quelque chose de censé espèce de nouille!!!
Le voilà en panne de mot... chose rare chez lui.

Disons que... je suis venut m'enquérir de votre état... ce qui est un peu ironique vu votre métier...
Et peut-être... discuter encore... si je ne vous dérange pas bien sur!


Il est déjà prêt à repartir, conscient de la gène qu'elle peut ressentir en le voyant arriver ainsi à l'improviste après cette soirée.
Annaell a écrit:
Cela, elle ne s'y attendait pas. Ho certes, le baiser échangé la veille n'était pas très réglementaire, mais elle n'avait pas imaginé qu'il troublerait l'homme qui se tenait devant elle. Il avait été l'un des premiers à l'accueillir à Rohan, chaleureux et amical comme tous les autres, et elle ne le connaissait pas plus que cela. Il était là, maladroit, gêné comme un jeune homme, et cette gêne mettait Annaell dans une position délicate. Elle avait réclamé ce baiser, comme un appel au secours, une main tendue vers la vie pour ne pas se laisser sombrer dans le deuil... comme une manière de sentir encore son sang courir dans ses veines. La douceur de Scorpon l'avait étonnée. Il avait répondu avec tendresse alors qu'elle avait plaqué ses lèvres sur les siennes en un geste impératif, il l'avait enlacée au lieu de la repousser, et elle avait fondu en larmes. Et maintenant elle se tenait là, droite devant lui, dans ses beaux vêtements, peignée et coiffée comme il seyait à son rang de vicomtesse, mais elle n'était pour lui qu'une jeune femme au coeur blessée, pleurant toute sa détresse dans les bras d'un presque inconnu compatissant et compréhensif. Elle n'était qu'Annaell. Elle n'était qu'une femme qui, pour la seconde fois de sa vie, avait vu la mort s'interposer entre elle et l'homme qu'elle aimait.

Blackie avait été le premier. Tué sur la route, alors qu'elle n'avait pas beaucoup plus de seize ans. Ils étaient fiancés, ils accompagnaient le père d'Annaell dans son voyage de noce avec sa nouvelle épouse... Ils avaient été attaqué. Blackie avait perdu la vie cette nuit-là, laissant une Annaell détruite et brisée.

Les années avaient passé... les amants aussi. Les joies, les déceptions, les moments de folie, les drames et les blessures. Annaell avait grandi. Elle avait aimé Rimedor, puis Trilo. Qu'elle avait épousée, enfin heureuse, enfin complète... Et la mer le lui avait arraché.

Annaell était un pantin joliment vêtu, une poupée de cire aux gestes délicats, animé d'un coeur muet qui ne lui permettait que des mouvements mécaniques. Mais tout au fond d'elle, sous une couche de cendre encore tiède, renfermé très loin dans le secret de son âme, et presque inconnu d'elle-même... se cachait encore un coeur vivant, qui n'était pas dépourvu d'espoir.

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait embrassé Scorpon. Enfin, si, elle savait ! Elle en avait eu besoin. Elle avait eu besoin de se sentir vivre, un court instant; de sentir son coeur s'affoler pour quelques secondes, de sentir son ventre réagir à la chaleur d'un baiser. Jamais elle ne s'était posé la question de la réaction de Scorpon. De sa réaction sur le moment, et de celle qui viendrait le lendemain... celle qui était là aujourd'hui. Elle se sentit idiote. Egoïste, ausi. D'avoir pris un baiser à celui qui n'en demandait pas. D'avoir, peut-être, touché un coeur qui n'y était pas préparé.

Sa main vint se cacher dans ses boucles noires, frottant sa nuque sans aucune autre raison que celle de se donner une contenance, et elle se mordit un peu la lèvre. Que lui dire ? Elle ne savait pas, elle-même, comment définir son propre ressenti. Elle ne savait pas ce qu'elle en pensait, ce qu'elle pensait de lui, ce qu'elle pensait de son geste, ce qu'elle pensait du fait qu'il était venu et qu'il était là, devant elle. Au fond d'elle, son coeur lui faisait timidement ressentir une petite pincée de plaisir, saupoudrée d'une sorte d'amertume. Qu'avait-elle fait ? Elle était partagée entre la honte de son acte, la peur de vivre sans Trilo, la gêne face à la réaction de Scorpon... et tant d'autres choses encore.

Mais il attend.

Et il représente pour elle une main secourable. Il a vécu le même deuil que le sien.


C'est gentil à vous d'être venu me voir...

Elle aussi se sent bête. Phrase idiote, qui veut bien dire qu'elle ne sait pas quoi lui dire.

Je... Je vais un peu mieux, merci. Je suis heureuse d'avoir pu... parler avec vous ! Mais venez, entrez, ne restez pas dehors par ce vent...

Elle se recule, ouvrant sa porte à Scorpon, ne sachant pas tout à fait pourquoi elle le faisait, ni si elle avait vraiment envie de le faire, ni si c'était une bonne idée. Mais il était à vrai dire, et surtout en l'absence de Gui, le seul ami à qui elle pouvait se confier. Et peut-être aussi le seul qui lui offrait ses bras simplement pour y pleurer. Du moins voulait-elle s'en persuader.
Scorpon a écrit:

09 Mar 2013 01:29
Un court instant de silence passe avant qu'elle ne réponde.
Scorpon, pourtant, trouve cet instant long, extrèmement long, bien plus qu'il ne devrait le ressentir...

Mais elle finit par répondre, assurement aussi genée que lui.
Je devrais ptete repartir de suite, ce serait sans doute m...
Sa pensée s'interrompt lorsqu'elle l'invite à entrer.

Il est surprit de son invitation, mais son coeur fait... comme s'il avait sauté un battement.
Il lui faut un temps pour réagir.

Merci Annaell.
Il entre donc, doucement, évitant sans savoir pourquoi le regard de celle qui lui ouvrait sa porte.

Il observa les lieux: une pièce simple, dénotant un sens pratique, avec juste le necessaire.
Une pièce de travail...

Il fit quelques pas dans la pièce avant de se retourner et d'enfin croiser le regard d'Annaell.
J'espère vraiment que je ne vous dérange pas...
Je vois que vous étiez en train d'écrire...


Il tente de lire dans son regard ce qu'elle pense de cette visite impromptue, mais il n'y voit toujours qu'une chose, la même chose que la veille: de la tristesse.
Il sent son coeur se serrer.
Bon dieu que j'aime pas voir une femme triste

Il n'avait qu'une envie: la prendre dans ses bras pour la reconforter, mais il ne pouvait pas... il ne devait pas faire ça...
Ils se connaissaient si peu, et pourtant...

Leur première rencontre lui revint tout à coup en mémoire, et déjà cette tristesse dans son regard...
Il avait tout fait pour l'effacer, avec ses pitreries et son franc parler, mais seules ses lèvres avaient alors sourient, jamais ses yeux... du moins pas cette partie profonde...
Les yeux serient-ils donc vraiment le miroir de l'âme?

Il revient sur terre, pris d'un frisson qu'il ne s'explique pas.

Il la regarde encore, plongeant de façon presque indecente ses yeux dans les siens, y cherchant peut-être... mais quoi?
De l'espoir? Une pointe de plaisir de le voir? Ou simplement cette envie de vivre, vitale à tout être humain?

Il se force à cligner des yeux, s'appercevant du trouble qu'il riquait de faire naitre en elle avec un regard si insistant et ... pénétrant.

Il se recula un peu et se plaça à coté d'une chaise, attendant qu'elle bouge pour bouger aussi.

Je voulais... je... je m'inquiétais pour vous...
Il sourit, de ces sourires qui servent à cacher tant bien que mal de la gène.
J'avais envie de vous revoir!
Il le pensa si fort qu'il craint un instant de le dire à voix haute, mais il se mordit la lèvre pour ne point le faire.

Et... et si on s'asseyait?
Mais c'est pas à moi de dire ça, couillon!
Mais pourquoi je me sens si gauche avec elle?!!


Et il se posa encore cette question:
Pourquoi suis-je venu... pour elle ou... pour moi?
Annaell a écrit:
Lorsqu'elle s'écarta pour laisser entrer Scorpon, elle remarqua qu'il n'osait pas lever les yeux. Il semblait timide, lui qui pourtant n'en donnait guère l'apparence, et lorsqu'elle referma la porte derrière elle, il la regarda. Un sourire maladroit répondit à sa remarque et c'est d'un ton qui se voulait naturel qu'elle expliqua :

Oui, j'écrivais à un lointain ami de Champagne... un troubadour qui fut jadis de mes plus proches amis. Je craignais qu'il ne fut lui aussi disparu, car ma première lettre était restée sans réponse, mais il m'a enfin répondu. Je terminerai ma réponse plus tard, ne vous inquiétez pas.

À nouveau, autant à cause de la présence de Scorpon que de l'évocation de Rimedor, elle sentit naître en elle l'étrange, délicieuse et dangereuse sensation de posséder au creux de sa main le pouvoir de mener les hommes. Mais elle n'en voulait pas, de ce pouvoir... elle ne voulait plus prendre les corps et les coeurs comme elle l'avait fait jadis. Avec soin, elle mesura ses mots :

Je vous suis reconnaissante de l'amitié que vous me montrez. Il m'est doux que de savoir que vous pouvez me comprendre...

En lisière de sa conscience, la tentation disputait la place à la raison. Elle ne pouvait nier qu'elle ressentait le besoin d'être serrée dans des bras masculins, d'être protégée et choyée, comme Trilo le faisait... mais c'était Trilo, qu'elle voulait. C'était Trilo qu'elle aimait. Et la culpabilité rampait sournoisement sous cette envie de tendresse. Etait-ce légitime ? Devait-elle se sentir en tort de ressentir tel besoin en une pareille situation ? Si Trio était vraiment mort... cela devenait légitime. Mais s'il ne l'était pas ? C'en devenait une trahison... or, rien ne lui permettait de savoir si son époux avait ou non trépassé. Si le deuil avait fait sa place en son coeur, elle n'avait pas perdu ce mince espoir de le voir revenir. Cet espoir qui la faisait vivre encore.

Après une longue inspiration, elle regarda plus franchement Scorpon. Elle n'avait aucune réponse à ses questions. Devant elle, mal à l'aise, le rohannais cherchait sa place. Elle lui sourit... il n'était pas méchant homme, ni laid à regarder. Bien bâti, l'air bourru, il cachait pourtant un esprit bien fait et un coeur sans dureté.

Lentement, elle revint près du bureau, là où Scorpon se tenait. Sa main se tendit vers lui... ses doigts, après s'être lentement dépliés, se posèrent sur son avant-bras. Elle la regarda, cette main ; puis ses yeux remontèrent le long du bras jusqu'à l'épaule, puis au visage. Il était un peu plus grand qu'elle. Elle baissa à nouveau les yeux. Sa main se retira lentement du bras, mais après avoir fait un pas en avant, la jeune femme posa simplement le front contre l'épaule de Scorpon, les bras croisés entre leurs poitrines comme pour prévenir un contact trop rapproché. Ses yeux se fermèrent et seule une lente respiration répondit au Rohannais...

Et en son for intérieur, le Diable bien caché harcelait la partie d'elle-même qui désirait être embrassée.
Scorpon a écrit:
Le silence, de nouveau, de ces silences génés qui pourraient durer une éternité.
Seuls brisant ce silence assourdissant, son regard et son sourire semblaient lui parler, mais ce sourire n'était que gène, et ce regard...

Puis, enfin, elle bouge, se rapproche.
Et lui ne sais quoi faire, alors il ne fait rien.

Il ne tente toujours rien lorsqu'elle pose sa main sur son bras, tout juste ressent-il encore cet étrange frisson.
Et son regard qui glisse doucement sur lui, remontant vers ses propres yeux qu'il évite au dernier moment.

Toujours pas un mot...
Pourtant, elle se rapproche de lui tout en croisant maintenant ses bras.
Son front qui vient se poser sur son épaule, même malgrès cette barrière qu'elle semble dresser de ses bras...

Scorpon réagit instinctivement.
Ses propres bras se dressent lentement et viennent doucement l'enlacer, ses mains glissant le long de son dos en une très légère caresse.
Il tourne son visage et, avec une grande douceur, vient déposer un baiser dans cette chevelure qui est la seule chose qu'elle lui montre.

Ses mains vont ensuite sagement se poser sur ses reins, terminant de cloisonner l'étreinte qu'il lui offre.

Il ne pense plus, il a la tête vide à cet instant, seul son corps réagit à la présence de cette femme contre lui.
Le chagrin de cette veuve vient soudain entrer en résonance avec le sien, qu'il cachait pourtant si soigneusement depuis si longtemps.

Et une de ses mains vient de nouveau caresser son dos, tandis que ses lèvres reviennent déposer un nouveau baiser dans ses cheveux.

Que veut-il d'elle... ou que veut-il pour elle... à moins que ce ne soit pour lui-même...
Annaell a écrit:
En sentant les bras de Scorpon entourer ses épaules, Annaell laissa échapper un soupir silencieux qui trahissait un certain soulagement. Il pouvait la comprendre et c'était pour elle le plus important. Cependant, lorsqu'elle sentit ses mains descendre sur son dos pour se poser sur ses reins, elle se raidit un peu... Ca n'était pas ce qu'elle désirait. Scorpon était gentil et son soutien était le bienvenu, mais elle ne pouvait, à ce moment, supporter d'être enlacée. Seul Trilo pouvait vraiment la prendre dans ses bras. La jeune femme se redressa et s'écarta, sans vraiment lever le regard vers Scorpon mais en faisant toutefois un sourire un peu pincé en guise d'excuses... Non, ça n'était pas ce qu'elle voulait. Elle ne le pouvait pas. Des mains sur son corps.... ça n'était pas possible.

Vous avez raison, asseyons-nous... Nous serons plus à l'aise pour discuter.

Elle se déplaça pour tirer la chaise à eux puis alla prendre son propre fauteuil, derrière le bureau. Elle s'y assit, mettant entre eux le large meuble de bois, comme une barrière rassurante. Mais à peine assise elle se releva :

Je vous offre quelque chose à boire ? Vin, tisane, hydromel ?

Le contact des mains de Scorpon au bas de son dos avait laissé comme des picotements. Ni agréables, ni désagréables. Une sensation cependant étrangère... mais à présent seule l'image de Trilo restait imposée à son esprit, plus forte que jamais, imposante et attirante. Tandis qu'elle se détournait pour ouvrir l'armoire vitrée qui contenant ses boissons, elle se revit encore dans les bras de son époux, et son coeur se remit à battre en diffusant en elle une douce chaleur. Sentir Scorpon l'enlacer avait éclairci son esprit : elle ne voulait rien d'autre de lui qu'une amitié sincère. Elle ne voulait rien d'autre de la vie que de retrouver son époux. L'homme qu'elle aimait.

Mais lui... Scorpon... que pensait-il ? Que voulait-il ? Elle avait senti en lui ce même désir de réconfort, de tendresse... Qu'attendait-il d'elle en retour ? Serait-il prisonnier volontaires des filets inconsciemment lancés par la jolie bretonne ?
Jehanne.sz.trestain a écrit:
Jehanne arrive au cabinet de soin d'Annaell de Kermeur. Elle voit du monde, donc s'installe dans le petit salon à côté, discrètement, en attendant que le médicastre puisse la recevoir. Elle pose ses mains sur son ventre, essayant de prier pour ce petit être qu'elle pense avoir.
Scorpon a écrit:
Ses gestes s'étaient voulus appaissants, mais le résultat fut tout à l'inverse.
A peine ses mains effleurèrent-ils ses reins qu'elle pris la fuite, sans brusquerie mais une fuite claire tout de même.

Il se doutait de la raison de sa réaction, bien que ce n'était nullement son but, mais le mal était fait!
Il s'était voulu d'une tendresse appaisante, mais elle avait ressentit plutôt une demande plus forte...

Une erreur d'interprétation pour eux deux, mais Scorpon ne tenta même pas de se justifier, cela n'aurait fait que semer encore plus le doute en elle.

Elle fuit poliment de l'autre coté de son bureau, tandis que lui s'assoit.
Mais il sent le trouble qu'il a créé chez elle quand il la voit presque rebondir sur son fauteuil pour lui proposer une boisson.

Et tandis qu'elle lui tourne le dos pour fouiller dans sa réserve...
Tisane: impossible!
Hydromel: je suis déjà bien assez troublé sans cela!

Du vin, merci.

Et alors que finalement, il allait tout de même s'excuser pour ce qu'il pensait être une méprise, une dame entra dans le cabinet.
Scorpon se retourna pour voir qui c'était et faillit s'étrangler en reconnaissant la mégère qu'il avait croisé au dispensaire.
Heureusement, celle-ci voyant la médecin occupée s'éclipsa rapidement dans la pièce d'à coté.
Non mais elle me traque ou quoi celle-là?!

Mais déjà, Annaell, revenait vers lui avec un verre de vin.
Il ne put s'empêcher de se lever pour le prendre, frollant inévitablement sa main dans ce geste.
Merci...
Et... je suis désolé si mon geste vous a troublé...
Je ne voulais que... je ne voulais pas vous effrayer ainsi...
Juste...

Mais il ne parvint pas à finir sa phrase, se rasseyant en même temps que elle.

Il leva les yeux vers elle et une idée lui vint subitement.
Annaell, pour me faire pardonner, et aussi histoire de vous changer un peu les idées, puis-je vous proposer de m'accompagner moi et des amis sur un bateau que je commanderais?
Mais il grimaça en terminant sa phrase, se souvenant que son mari était disparu en mer.
Pardon... c'est une mauvaise idée de vous proposer cela alors que...
Et une fois encore, il ne put finir sa phrase.
Il noya celle-ci dans son verre de vin.
Annaell a écrit:
Au moment où Annaell versait dans une coupe le vin demandé, elle entendit des pas dans l'entrée. L'on toqua discrètement à la porte : Jehanne fit son apparition, comme le médecin l'avait invitée à venir, mais disparut aussitôt en voyant qu'elle n'était pas seule. Annaell eut la brève pensée qu'elle n'était pas arrivée au mauvais moment... qu'aurait-elle cru en voyant la vicomtesse dans les bras du rohannais ? Elle qui était presque sa cousine et qui, elle aussi, craignait pour la vie de son mari ? À nouveau les joues de la jeune femme prirent une chaleur inconvenante... qui augmenta lorsque Scorpon effleura sa main en lui prenant le verre. Elle eut envie, alors, et bien qu'elle l'ait repoussé quelques instants plutôt, de sentir la force de cette main dans la sienne... Mais il avait déjà pris le verre et la main s'était éloignée. Annaell se sentit troublée ; elle oscillait entre la certitude de ne désirer que le retour de Trilo, et une attirance qu'elle ne s'expliquait pas pour le tendre Scorpon. Au lieu de se rasseoir derrière le bureau, elle prit le dossier de son fauteuil et l'approcha de la chaise voisine.

Je... vous êtes tout excusé... c'est de ma faute. À vrai dire je ne sais pas... enfin. Je... je m'excuse aussi. Je ne sais pas ce qui...

Elle prit une gorgée de vin. Non, elle ne savait pas. La proposition qui s'ensuivit la prit au dépourvu... Aller en mer ? Maintenant ? Avec... lui ? Avec d'autres ? Avec qui ??? Elle interrompit son geste, restant dans la surprise... et elle le regarda. Dans ses yeux, elle ne pouvait que voir cette attirance, ce désir de lui plaire... et elle ne pouvait pas rester insensible à cela en un tel moment. En quelques secondes, elle imagina ce que pourrait être un voyage en mer... sans Trilo ? Avec Scorpon ? L'idée la troublait... Etait-ce une bonne idée ? Pour elle ? Pour lui ? Pour l'époux disparu peut-être pas vraiment mort ? Mais devant elle, elle avait cet homme qui la regardait avec tant de douceur et de compréhension qu'elle ne pouvait pas ne pas ressentir l'envie de se confier à lui. Cette fois, ce fut elle qui tendit la main, et qui la posa sur la main libre de Scorpon pour la serrer un peu. Il était comme la corde à laquelle on s'accroche au moment où la vague déferle est près de vous jeter à l'eau... Elle serra sa main, doucement, mais fermement, et ne le relâcha pas.

Oui... je crois que ça pourrait être une bonne idée. J'ai besoin de voyager, de prendre l'air... et puis... nous nous comprenons, tous les deux. Votre présence m'est douce...

Une façon neutre d'exprimer les multiples réactions que lui inspirait Scorpon. Mais elle ne pouvait pas nier que depuis qu'il lui avait raconté que lui aussi avait perdu sa tendre moitié, elle se sentait proche de lui. Il la réconfortait. Elle se refusait à se laisser aller à d'autres pensées, cependant...

Excusez-moi, j'avais donné rendez-vous à une patiente. Pourrons-nous discuter ce soir de ce voyage ? Je viendrai à la taverne municipale.

Reposant le verre de vin auquel elle avait à peine touché, elle se leva, entraînant dans son mouvement Scorpon dont elle n'avait pas encore lâché la main. À nouveau il furent face à face, et à nouveau l'envie de tendresse le disputa à la pensée que son époux n'était peut-être pas mort. Mais, si tout à l'heure elle avait repoussé le geste de Scorpon, cette fois, ce fut elle qui se rapprocha. Levant le visage, elle posa un baiser sur la joue du rohannais... ho dieu ! Qu'à ce moment elle eut envie d'un véritable baiser ! Elle se fit violence pour ne pas prolonger le contact. Cela n'eût pas été convenable.

À plus tard, mon ami...

Elle le raccompagna à la porte, puis ouvrit celle de la pièce ou Jehanne patientait... elle lui fit un sourire et l'invita à entrer. Secrètement, son coeur battait un peu plus vite, bien qu'elle eût un peu honte de ce comportement qui ressemblait beaucoup trop à son goût à celui d'une jouvencelle.
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Re: [RP] Maison de soins d'Annaell 25 Fév 2013 23:21
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