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 L’arrivée d’une Miss ( 18 Janvier 1462 )

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Date d'inscription : 07/04/2012

MessageSujet: L’arrivée d’une Miss ( 18 Janvier 1462 )   Sam 8 Mar - 16:30

Ankou a écrit:
Debout sur le quai j’attends mon épouse, après sa longue traversée, je suis si fier d’elle, elle a bravé l’atlantique et ses tempêtes redoutables,
passé Gibraltar pour enfin venir en méditerranée tout ça sur une minuscule coquille de noix.
J’ai revêtu pour l’occasion mon habit de capitaine et je langui de la serrer dans mes bras avant de l’emmener voir notre nouveau domaine.


Les heures passent et s’égrainent lentement, le soleil poursuit sa course et mes yeux se fatiguent, se plissent pour tenter d’apercevoir enfin
sa voile se profiler à l’horizon.
Quand enfin les voila qui arrivent je fais de grand signe en espérant qu’ils me voient, je dois passer pour un dingue mais ce n’est pas grave,
je suis trop heureux de la voir arriver enfin.

Le temps s’étirent les heures passent, le sable s’écoule grain après grain dans le sablier, le Missig semble faire une pose comme s’il regrettait
la pleine mer, comme s’il ne voulait pas rentrer au port et garder encore un peu cette intimité d’un équipage pendant une grande traversée.
Pourtant nous avons hâte ma Miss et moi de nous retrouver, deux mois de séparation c’est bien trop long quand on s’aime.

J’espère que d'autres viendront se joindre à moi pour fêter ce moment, c'est peut être l'occasion de faire connaissance, de connaitre les
personnes de cette ville ou nous attends notre nouvelle vie. Le déménagement d'une ville dans une autre est toujours un moment délicat
je sais que ma Miss est craintive sur cela.
...Miss a écrit:


Le bateau avait stoppé sa course.
Lui ! Petite coquille de noix  avait terminé sa mission, direction Narbonne !
Combien de marins avaient ri de cette aventure. Combien de capitaines avaient parié sur cette frêle embarcation. Combien de jours avaient-ils pu estimer sur la vie de ce bateau et de ses passagers !

Et pourtant le Missig avait filé bon train avec sa seule voile épousant ou rejetant le vent. Toutes ces journées et toutes ces nuits passaient à tenir la barre, dormant sur celle-ci et lorsque mes yeux se fermaient la coquille continuait sa course naviguant seule.
De l’aurore au crépuscule tout avait été un rêve merveilleux, une douce sensation de gaîté et de tristesse à la fois.  Toutes ces lieues m’éloignant de ma Bretagne natale vers une terre inconnue. Serait-elle hostile ou hospitalière !
Des éclats de rire parfois à regarder l’équipage attraper des poissons volants suicidaires se jetant sur le pont nourriture du lendemain.

Et il était là devant ce port se faisant désirer, attendant le vent favorable pour le pousser dans l’antre de cette rade. L’étrave ne faisait plus de tourbillons déversant à droite et à gauche cette écume longuement contemplée. La chanson de l’eau était soudainement devenue muette.
La plume tournoyait dans ma main inscrivant encore et encore sur ce foutu registre
‘ Les conditions étaient trop mauvaise et vous ne vous êtes pas déplacé’
16 heures à attendre un vent favorable la côte semblait proche pourquoi pas la nage !
Combien de temps fallait-il encore attendre !!

C’est alors que mes yeux se portèrent sur la malle embarquée lors du départ, un cadeau de mon mari à n’ouvrir uniquement lors de mon arrivée.
Ben voilà comment tuer le temps !
Le dessus de la malle rustique émit une douce mélodie lorsque ma main fit jouer l’ouverture et mes yeux s’agrandissent sur la beauté de l’objet étalé dormant depuis tout ce temps…

Serait-il là à m'attendre...
Ankou a écrit:
Voila le Missig qui se range parfaitement le long du quai, sans un heurt venant simplement mourir sur son aire.
J’attrape le bout que me jette un homme d’équipage, esquive prestement une boule de neige d’un rapide mouvement de tête puis j amarre l’esquif qui m’apporte mon épouse, mon double, ma raison de vivre et d’entreprendre, d’aller toujours de l’avant.
Bientôt elle va se jeter dans mes bras et je la ferais tourner, tourner, tourner comme elle aime tant.
Nos courageux compagnons qui ont fait le voyage avec elle, seront eux aussi content d’arriver à bon port, nul doute que les retrouvailles vont êtes arrosées et que ce soir les tavernes vont retentir des rires et des chants, peut être auront nous droit à une chorée du verre !!
Combien seront-ils à narrer leurs aventures sur les mers autour d’un verre d’amitié, dans la bonne humeur et l’allégresse.
Missanges a écrit:
Ce n’était plus les lattes du parquet de ma coquille de noix qui craquaient mais celles du coffre s’ouvrant, dévoilant le cadeau secret.
Combien de fois je fus tentée de l’ouvrir, non pas par curiosité féminine,  une femme  n’est pas curieuse c’est bien connu !!
Non, seulement pour savoir s’il renfermait un objet pouvant être utile lors de cette traversée. Mais les consignes avaient été claires "tu ne devras l’ouvrir qu’à ton arrivée Miss promet moi" et j’avais promis non sans pester tout de même, la femme parfaite n’existe pas parait-il …M’enfin ça, c’est du côté masculin bien évidemment !!

Et si la femme parfaite n’existe pas l’objet étendu au fond de cette malle était parfait !
Mes yeux en détaillèrent  chaque contour, chaque couture. C’était un costume de capitaine magnifique. Ma main plongea dans le coffre afin d’en caresser le tissu. Une agréable sensation de douceur s’empara de mon être. Deux mois à porter une vareuse, deux mois à résister aux lames d’une mer tantôt calme, tantôt en furie et soudain toute une féminité refaisait surface au contact de cette soierie. Je me saisis du chapeau complétant cet habit et le portant contre ma poitrine j’esquissais quelques pas de danse. L’accessoire était devenu un beau et jeune cavalier me faisant danser au son d’une musique imaginaire.
Pourtant le silence avait pris possession du foncet, le bruit du vent et celui de la mer dont mes oreilles s’étaient accoutumées pendant ce voyage s’était tu.

Nous étions au port et c’était l’heure de débarquer ! Débarquez – moiiiiiiiii !!

Malgré l’excitation de fouler cette nouvelle terre, je fis durer ma toilette, dernier bain dans une cuve aussi étroite que la surface de ma cabine. C’est que la vie sur un bateau se résume à l’essentiel, pas d’objets superflus seulement l’importance dérisoire de soi-même face au gigantisme de Dame nature.

Fermant les yeux savourant les bulles de savon qui éclataient sous mon nez libérant un doux parfum, quelques souvenirs refirent surface.
Lentement la nuit prenait possession de cette cabine et de tout ce royaume. Une fine pellicule sombre s’étirait sur toutes les cités et je revis les villes de Bretagne maintes fois parcourues. Dans ce pays de légende, je voyais courir un korrigan s’amusant à faire disparaître sous un fin voilage noir les menhirs, pierres droites et fières, héritage d’un temps passé qui devenaient encore plus impressionnants sous les doigts espiègles de ce farfelu. Tel des géants assoupis préservant leur terre, ils étaient là, guettant l’impudent osant braver leur périmètre.
Moi ! L’enfant de cette terre, connaissant chaque lopin, chaque légende, j’avais pris un soir de novembre  place à bord du Missig et lentement les chemins des douaniers s’étaient effacés sous le regard figé de ces hommes de pierre. Tandis que les récifs disparaissaient doucement comme la flamme d’une chandelle que l’on souffle de vieilles légendes contées tant de fois afin d’honorer la culture de mon pays me revenaient en tête.

Dans cette carcasse de fines lattes au milieu des flots où une voix lointaine me disait de prendre garde aux lames gorgées d’eaux pouvant tuer les pêcheurs imprudents, pouvant noyer les récoltes, elle me susurrait de me protéger de ces éclairs chargés d’électricité pouvant faire passer de vie à trépas tout individu. Seules quelques âmes défuntes erreraient ou partiraient en quête d’une autre vie.

J’étais celle-ci, âme morte d’un pays auquel je ne me reconnaissais plus, terre souillée par la folie du pouvoir et des lois dont ses piètres juristes en profanaient le verdict pour énoncer un jugement à leur sauce malsaine pleine de haine envers un des leurs. Un frère breton dont ils ne voyaient plus l’être humain mais seulement leur jouet momentané aveuglés par la rage et le plaisir d’humilier  un homme qui avait tout donné en temps et en argent au profit de ce peuple, sans jamais redemander un seul écu comme tant d’autres se disant grands seigneurs…
Bretagne ! Chêne magnifique dont chaque jour tes branches sont sciées par les tiens !
Resterait-il au fil du temps une quelconque résistance ? Une opposition ?
Contradiction qui faisait la grandeur de cette Bretagne, ce mélange d’idées qui donnait souvent naissance à de grands éclats de voix mais dont le respect rassemblait toujours. Ce respect avait disparu au détriment de l’humiliation de l’être osant dire sa façon de penser, osant s’élever. Bretagne te relèveras- tu de tous ces déchirements, de tous ces gens qui ne veulent que le pouvoir…J’ai un doute sur cela, une certitude cependant, cela sera sans moi …

L’eau froide de la cuve me fit prendre conscience que l’heure du bain était finie. L’habillage ce fit lentement comme un épicurien dégustant un met raffiné, je me vêtis avec délectation de cette merveilleuse soierie.
Les bottes raisonnèrent sur le parquet du Missig et mes yeux le virent instantanément. Lui ! Mon mari, il gigotait afin de se faire voir.
Aujourd’hui encore, après un an de mariage je le trouvais séduisant. Il était magnifique dans son habit. Je lui rendis son sourire. Sur ce pont prête à descendre, je sentis au fond de mon être un émoi, quelque chose indescriptible, pas exactement de la joie mais un sentiment d’achèvement, un soulagement de tirer un trait sur une vie antérieure et l’excitation de celle qui s’ouvrait là devant moi avec ma famille et ceux que j’aimais.
Au fond tout ce qui importe c’est d’aimer profondément les siens quel que soit l’endroit.

Je sentis les plumes du chapeau jouer avec mes cheveux, je m’avançais vers lui…


Ankou a écrit:
Soudain éclairée par le soleil levant, dans l'air frais du matin de ce mois janvier, elle est la devant moi resplendissante dans sa tenue de capitaine qu’elle a largement mérité, le teint halé par les embruns lui va merveilleusement bien.
La fréquentation des gens de mer ne l’a pas rendu moins coquette.

Des milliers de sentiments et d’émotions se bousculent en moi à mesure quelle s’avance, l’amour qui nous uni est fait de tendresse et de douceur, mais dans l’instant j’ai envie de bondir et de la serrer dans mas bras sans plus attendre.

Je la vois donnant ses derniers ordres à l’équipage, capitaine de son Missig jusqu’au bout.
Elle donnera le commandement sans doute à son second, notre ami Abriell.
Puis elle s’engage sur la passerelle, elle va mettre pied à terre, retrouver la stabilité du sol après des semaines de roulis

Et soudain elle est là, devant moi, à quelques pas, je retiens mon cœur et mon souffle, profitant de chaque seconde, à la fois impatient mais voulant profiter et graver dans ma mémoire chaque seconde de nos retrouvailles.
Autour de moi plus rien n’existe, ni les murs, ni les rues, ni même les passants, je ne vois qu’elle.
Sa présence est comme un sourire poussant les portes de mon cœur ; c’est un rêve qui emplit tout mon corps d'une sensation de bonheur.
A cet instant, un frisson m'envahit comme une douce musique entrant dans ma vie, j'ai le sentiment que le temps peut s’arrêter ici et maintenant, si je peux conserver cette image ultime.
Missanges a écrit:
Ma main glissa sur la fine corde de la passerelle et mon pied se posa sur la marche afin de descendre les quelques escaliers nous séparant. Aucun tapis rouge, aucune robe longue pailletée, le trophée du meilleur capitaine va me passer sous le nez assurément !!
Nos yeux ne se quittaient pas chacun détaillant l’autre profondément. Passant devant le marin Obiewan auquel je donnais les derniers ordres, j’entendis son soupir de soulagement, sans doute celui d’être finalement arrivé à bon port ! Va me faire croire qu’il a été malheureux lui pendant le voyage ! Alors que c’est moi qui fut la cible de ses boules de neige glacées !
Il est vrai que l’équipage avait signé pour un certain nombre de jours et que cela fut un tout petit peu plus long !!  
Mais bon, en même temps, ce n’est pas tout le monde qui fait une traversée artistique !!  Le Missig avait fait de son tracé, une œuvre d’art !
Des boucles parfaites afin que les passagers puissent admirer et encore  admirer ce qu’ils avaient loupé lors du premier passage.
Des zigzags irréguliers afin de casser la monotonie d’un tracé ordinaire que seul les artistes peuvent connaître  !! Faudrait peut songer à demander un surplus d’honoraire tiens pour avoir fait une croisière différente !!

Tandis qu’Obiewan s’élançait dans tous les sens frappant de ses pieds nus les lattes du pont, halant les cordages afin de décharger le ventre du Missig je passais devant lui avec un sourire amusé en lui chuchotant " bonne continuation marin d’eau douce, au plaisir d’une taverne !"

Il n’y avait pas grand monde sur le quai, des pêcheurs raccommodant leurs filets, quelques habitants ou gens de passages regardant mécaniquement ce qu’ils voyaient chaque jour. Les bateaux dans la rade étaient devenus tellement communs que  l’arrivée d’une coquille de noix ce fit sans cri de surprise.

Sauf pour celui qui était là attendant sur ce quai sa petite femme chérie ! Ma main glissa de la fine corde de la passerelle sur la sienne et nos doigts se croisèrent puis ses bras m’enveloppèrent, me portèrent et soudain mes pieds ne furent plus sur la terre. Il me fit tourner, tourner et nos rires se mélangèrent puis se turent le temps d’un baiser interminable. Tout n’était que couleur et lumière dans ses bras. Mon chapeau s’envola, virevolta dans l’air semblant dire vive Narbonne !
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