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 Les demeures du pain chaud ! '

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Messages : 762
Date d'inscription : 07/04/2012

MessageSujet: Les demeures du pain chaud ! '    Sam 8 Mar - 16:32

Missanges a écrit:
Un bon mois s’était écoulé depuis mon arrivée au sein de la ville de Narbonne. Un mois à déambuler dans les ruelles à la recherche d’une maison à vendre, rien !
Oh, il y avait bien des champs dans la gazette du marché foncier mais le prix était tellement exorbitant à croire que les propriétaires ne voulaient pas vendre leurs biens au final.
Et puis, après maintes réflexions sur le sujet,  un terrain entendait dire construction, engendrant des mois et des mois logés dans une auberge, un coût supplémentaire qui n’était pas compatible avec le récent déménagement effectué.  Les finances ayant été mises à mal, l’idéal était donc de trouver maison et champs dans le même lot !

Ankou n’était pas encore revenu de son voyage, c’est donc seule que j’arpentais les ruelles de la ville. Une énième journée d’hiver où le ciel  semblait être comme moi, triste, à la vue de sa couleur gris sombre. La ville était déserte, les habitants sans doute occupés par le travail des champs à moins que certains ne soient en mine ou en taverne. Je souris à cette dernière éventualité voyant furtivement dans mon esprit, la bande du soir attablée confortablement autour des tables, chopes en main.  

Après avoir longé encore quelques habitations, encapuchonnée dans mon mantel pur laine, marchant d’un bon pas, je pris le dernier chemin se présentant à la sortie de la ville.  Le village s’effaça lentement derrière moi à ne devenir plus qu’une grosse masse sombre. L’étroite route devint de plus en plus escarpée, légèrement montante. Soudain une bifurcation apparut, l’initiale route continuait vers une colline, tandis qu’un plus petit chemin menait vers une bâtisse. Au fur et à mesure que j’avançais une demeure semblait grossir, voire doubler !

Mon esprit s’emballa, tissant des plans. Ce que je voyais ne pouvais être qu’un rêve. Deux bâtisses identiques reliées entre-elles par une grange qui lui assurait un caractère dominant. Peut être l’œil minutieux d’Ankou aurait découvert quelques imperfections que mon regard ne vit pas, tant je ressentais une excitation intérieure. Mes pas accélérèrent la cadence pour être au plus vite devant la maison. J’en fis le tour essayant de surprendre le panneau à vendre ! Aucune note !

J’examinais avec plus d’attention l’aspect réel du bâtiment. La plupart des pièces étaient de même niveau et à la vue de la hauteur du toit on pouvait sans doute aménager encore sous celui-ci. Les portes et les volets de bois épais en bon d’état étaient solidement accrochés à leurs gonds. Le terrain s’y rattachant semblait immense et nul doute que nous pouvions semer et cultiver des champs de maïs et de blés. Des arbres plus loin se dressaient. Mon imagination avait si bien travaillé que je me voyais déjà en propriétaire dessinant le coin sieste à l’ombre des feuilles !
Je ressentis l’envie de posséder cette maison mélangée d’une crainte. Et si elle n’était pas en vente ! Et si tout bonnement elle était habitée !  

Le bruit d’une porte s’ouvrant me fit tomber de mon nuage, elle était donc habitée !


Missanges a écrit:
Quelques poules s’étaient aventurées hors du périmètre autorisé, délimité par de simples planches de bois. Elles  sursautèrent au bruit du grincement que fit la porte en s’ouvrant. Le battant entrebâillé laissa filtrer une odeur de toison. Mon regard se porta sur le sol couvert de laine et j’aperçus au coin de la grange une auge en pierre sans doute pour baigner les moutons. Tout en remarquant ces détails que mon excitation du départ m’avait fait occulter, je mis les images bout à bout et le puzzle prit forme, ce n’était pas une grange mais une bergerie.

Le badigeon à la chaux semblait s’être fait la malle depuis bien longtemps, le temps ayant fait son œuvre. Le contraste extérieur et intérieur était frappant, cependant la maison restait encore dans un bel état d’entretien.

Je sentis subitement des dizaines d’yeux me dévisageant. Tandis que la plupart des moutons restèrent placidement où ils étaient couchés, c'est-à-dire dans la paille, un vieil homme s’avança et m’invita d’un geste de la main à entrer.
La  voix familière de mon ange gardien résonna dans les méandres de mon cerveau.


- Franchement, tu fais quoi là, barre toi à toute vitesse ! Le vieux va te zigouiller ! Même si tu n’es plus une première main, t’es toujours un festin !!

Fronçant les sourcils le mot ‘première main’ repassa en boucle et j’avançais tête baissée dans l’ouverture. Sérieux va pas me gonfler cet ange à la noix…
Mais souvent les apparences sont trompeuses. En voulant crâner, je ne faisais que renforcer la sensation d’inquiétude qui m’envahissait.  Du pur Miss, on fonce on réfléchit après…

Et l’après on y était !!
Missanges a écrit:

Ce fut la tête placardée sur l’un des murs de la pièce que je vis en premier, en entrant dans la bergerie... Un trophée sans doute !
Un bélier donc les cornes n’en finissaient pas de tourner sur elles - même. Voyant mon regard dans la direction de l’empaillé, l’homme se décida à parler et j’eus droit à l’arbre généalogique du bétail. Le bélier s’appellait Georges et il était l’ancêtre de la lignée actuelle !

Il avait pris un coup de vieux le Georges cloué sur le mur, quoique toutes ses fans de brebis étaient à ses pieds !
Mes iris continuèrent l’examen minutieux s’arrêtant parfois un instant, sur un objet insolite puis reprenant l’inspection. Les rayons de soleil devaient trouver leurs chemins pour venir éclairer la pièce tant les carreaux des hautes fenêtres étaient  opaques. Tout s’avérait sombre, il paraissait manquer un je ne sais quoi, une touche féminine sans doute. Il régnait dans cette pièce une atmosphère mélancolique, incurable donnant l’impression de pénétrer les objets et les êtres.

L’homme s’était tu, renforçant ainsi la sensation de pesanteur planant dans cette bergerie. Mes iris finirent l’exploration  sur la physionomie du grand – père et son regard envers ma personne me convaincu de sa parfaite bienveillance. Je ne risquais rien, l’ange gardien pouvait aller se rhabiller !

Dans ce silence établi, chacun se dévisageant, je notais son teint cadavéreux sans doute du au  fait d’un travail trop acharné ou bien le choix de rester enfermé dans sa maison.  Des yeux profondément tristes que les rides des paupières semblaient cacher.
De fines lèvres très pâles rehaussaient toutefois d’une courbe joliment dessinée, mais dont les années avaient mangé la couleur rouge sang. Un nez se plissant à la moindre mimique du visage et pour finir celui- ci des cheveux d’une délicatesse arachnéenne.

Une éternité  semblait s’être écoulée, je réalisais alors que je ne m’étais pas présentée, ma voix se fit entendre.


- Bonjour, Je me nomme Missanges, je m’excuse de vous déranger et vous remercie cependant de m’avoir fait entrer chez vous. Je suis à la recherche d’une maison à vendre et j’ai cru que celle-ci était inoccupée. Veuillez me pardonner cette erreur et cette intrusion.

Les petites rides au coin de ses yeux s’agitèrent soudainement, ses doigts se posèrent sur ma main et je ressentis une douce chaleur.

- Ma petite dame il y a bien longtemps que la demeure du pain chaud n’a reçu de la visite.
- La demeure du pain chaud ?

Ses doigts se retirèrent doucement de ma main pour se poser sur un tabouret voisin du sien m’invitant à prendre place. Il prit cependant l’attention de mettre sur le mien un coussin. Le tic tac de l’horloge sembla s’arrêter complice de ce moment.  
Les sourcils froncés essayant de rien oublier de cette mémoire qui fiche le camp lorsque les années passent, il remonta le temps…
Missanges a écrit:
- La demeure du pain chaud !

Ma question réveilla sans aucun doute ses plus anciens souvenirs. Son visage prit alors un aspect différent, sa voix trembla légèrement.

- Tu sais petite, cette maison à une histoire la demeure du pain chaud s’est plusieurs générations sous le même toit, une maison qui se transmet de famille en famille…


Il laissa échapper un soupir avant de reprendre


- Enfin…Tout cela s’éteint avec moi, je suis le dernier de notre lignée.

Je compris à cet instant, la sensation que j’avais ressentie en entrant. Cependant, je ne dis rien, à quoi bon remettre une couche sur le malheur des gens, toutes les phrases dans ces moments là sont inutiles. Puis reprenant son souffle, il se mit à me raconter

- Deux maisons identiques pour deux frères jumeaux qui ne pouvaient se séparer. En ce temps là, dans cette pièce, et afin d’accentuer sa parole il donna un coup de talon au sol, ce n’était pas une bergerie mais une forge. La plus grosse forge de tout le village, les marteaux résonnaient, le feu crépitait. Le travail du forgeron est un art petite, une magie ! Lui seul dompte les quatre éléments. Le minerai extrait de la terre, le feu qui le façonne, l’eau nourricière pour la forge et l’air dont s’oxygène les soufflets.
Tout le village venait passer commande et puis ce fut la guerre. La forge ne fabriqua plus l’ustensile pour travailler mais celui pour tuer. Nous passâmes des socs de charrues aux  épées, casques et autres armements.


Ensuite l’horreur commença, les denrées se firent de plus en rares et ce fut le début d’une grande famine dans tout le royaume. Ceux qui ne succombaient pas sous les coups des lames s’effondraient sous celle de Damoclès !

Ma grand - mère eut l’idée en voyant une meule de fromage, de marteler l’identique diamètre en fonte que le feu de la forge garderait à bonne température. Elle réalisa une pâte dont l’appellation mixture serait sans doute plus approprié au vu des ingrédients la composant. Mais les denrées étant rares, elle fit avec ce qu’elle eut sous la main. L’histoire ne dit pas si cela fut bon mais cela alimenta et nourrit les habitants du  village.
Du plus loin des terres on venait chercher ce pain chaud pour s’alimenter. La renommée était en route et lorsque la guerre cessa cela resta dans toutes les mémoires puis au fil du temps ce fut la demeure du pain chaud.


Ses yeux rencontrèrent les miens et sans parler je fis de petits hochements de tête.  Les heures  n’avaient plus court, l’ancêtre avait tout son temps et moi j’étais fascinée.

Il me parla des étangs et des ruisseaux, là où il avait appris à nager. De toutes les dunes de sable qu’il avait exploré, de ses voyages, véritable exploit à l’époque. Il me raconta être allé plus loin que n’importe lequel de sa famille. L’œil devint plus pétillant et un sourire furtif étira ses lèvres.
J’appris aussi, par intervalles, par sous – entendus l’histoire de sa vie et le sortilège semblant peser sur ces lieux..
Missanges a écrit:
Un certain mystère paraissait planer sur la demeure. Je n’osais cependant poser de questions. Ceci dit, j’avais bien compris que cela avait un rapport avec la descendance de la famille. Les heures s’écoulaient ainsi au fil de sa narration, moi l’intruse du jour, une parfaite inconnue pour lui et pourtant, une certaine alchimie s’était établie entre nous rythmée par le tempo tournant des aiguilles de l’horloge.

- C’est une solide construction tu sais cette curieuse bâtisse.


Il reprit le cours de son histoire, plissant ses yeux afin de faire ressurgir de sa mémoire quelques images furtives. Je le sentais ému, réservé mais cependant l’envie d’extraire les bribes de sa vie était plus forte aujourd’hui, activée sans doute par ma visite.

Comme un voile que l’on tire lentement afin de faire découvrir l’objet caché au dessous. Du brouillard de sa mémoire il se souvint


- Les combats de la guerre se terminèrent un soir, emportant avec eux le corps du frère de mon grand – père. L’un des deux jumeaux de l’origine de cette bâtisse.
La forge s’éteignit avec lui. Plus de feu, plus de vie. L’envie d’avoir envie n’y était plus. Le sort avait amputé ce frère restant et même la naissance de mon père ne rendit pas l’éclat à la demeure du pain chaud. Une maison se ferma, des brebis apparurent dans celle-ci où nous nous tenons actuellement. Mes grands-parents changèrent radicalement de métier, une sorte de deuil, en quelque sorte.
Mon grand-père s’éteignit avant ma grand-mère qui le suivit de près et mon père garda les bêtes continuant la filière élevage qu’il avait toujours connue. Mais un malheur en suit toujours un autre.

- Alors que la fête du printemps se préparait au village afin de chasser les jours sombres de l’hiver. Tandis que les meilleurs bûcherons érigeaient au cœur du village le plus haut des mats afin de faire grimper les plus habiles habitants, ma mère allongée sur son lit vivait sa plus belle histoire de femme, la naissance de son enfant. Moi !

- De la fenêtre à demi - ouverte, des mélodies se faisaient entendre. Au sein de la chambre les cris de douleur résonnaient. Comme le mat dépouillé de ses branches, je sortis du ventre de ma mère nu et lisse. Les chants s’étaient tus, ma mère aussi…

- Alors que tout un village dansait, festoyait allégrement, un drame terrible se déroulait au pain chaud.


Des fourmis semblèrent grimper le long de ma jambe endormie, mais je ne bougeais pas. Des  images vinrent danser devant mes yeux. Des pages de vélins noires tournoyaient dans ma tête, me montrant cette famille vivant dans cette maison.

- Cette demeure petite porte malheur !

Je m’attendais bien à quelque chose dans ce genre, mon imagination avait déroulé la scène finale avant l’ultime révélation, néanmoins un  silence s’instaura, il resta muet, moi aussi !
Le son du  gargouillement qu’émit mon ventre sembla s’amplifier dans la pièce à mon grand regret. J’avais beau essayer de le faire taire il criait famine de plus belle.

Subitement il se redressa de son siège en criant, j’entendis ma voix l’imiter


- Je manque à tous mes devoirs. Tu n’as pas déjeuné !
- P’tain vous m’avez fait peur !
Missanges a écrit:
Un rire emplit soudainement la bergerie. Il riait gaiement comme un enfant ayant fait une farce et avant que je réponde à la question posée ses doigts se plaquèrent dans mon dos, me projetant au milieu d’une autre pièce dont il avait ouvert la porte.
Une douce chaleur vint caresser mon visage m’enveloppant de ses doigts invisibles. Un feu crépitait dans la grande cheminée tenant tout un pan de mur. Une longue table trônait au milieu de la salle et elle fut recouverte vivement d’une nappe sortie d’un meuble à tiroirs. Deux assiettes vinrent se dresser dessus. La table fut mise, vite fait bien fait, sans que je puisse dire un mot.

Il avança un fauteuil garni de coussins, afin que je prenne place, tandis que lui préférait un modeste banc. Le remerciant de son attention je pris place dans ce siège réservé sans doute aux invités et je tombais dans le fond…
L’assise était bien vieille, usée par tous les popotins s’étant assis précédemment et mon menton se retrouva  dans l’assiette mise devant moi. Nos rires résonnèrent dans la pièce dont l’écho se fit complice renvoyant le son sur tous les murs.
Tout en riant je déménageais pour m’asseoir à côté de lui.

Il se fit un honneur d’entamer le plus gros jambon cru fait maison ainsi que le dernier bocal d’un délicieux pâté dont mes papilles garderont éternellement la saveur. Un morceau de fromage, quelques olives noires de l’olivier centenaire au fond du jardin, tout y était…
Et pourtant il se leva encore afin de prendre la bénédiction d’Aristote comme il disait c’est à dire deux doigts de vin rouge !
Je mangeais sans me faire prier, tout était bon. Le vin rouge sur le fromage était un délice. Je n’avais pas trouvé une maison à vendre mais j’avais déniché autre chose. Le bonheur peut être bien simple pour celui qui sait apprécier chaque jour qui se lève…

Ce ne fut cependant pas ce petit vin de messe qui mit le feu à mes joues, mais le bocal de cerises à la gnôle du grand –père ! Un tord - boyaux de dix ans d’âge qui attendait de faire son effet depuis tout ce temps…
Puis ce fut l’interrogatoire, l’ancêtre avait délié sa langue c’était à mon tour. Il voulut savoir ma vie et je m’exécutais racontant mon existence en Bretagne.
Orpheline suite au naufrage de mes parents, mon adoption par la famille la plus atypique de Bretagne. Mes Mamettes, mes amours, mon travail au sein du Duché et du Grand – Duché, mes heures le soir à l’encyclopédie tout…Mon voyage dans ma coquille de noix, le Missig ! Mon mari encore en mer.
Je racontais tout, élevant parfois la voix sur certains sujets.
Il resta étonné lorsque je lui appris avoir été vicomtesse des Forges et il partit d’un rire sonore lorsqu’il apprit mon métier


- Toi forgeronne !

Son rire s’accentua lorsque je lui fis voir mes biceps. Jalouse de cette complicité, la bouilloire choisit ce moment là pour émettre son sifflement et d’un tour de poignet il servit deux infusions de plantes.

Soudain il devint sérieux, un silence envahit la pièce. Ses deux mains encerclant sa tasse il semblait perdu dans ses pensées comme endormi. Je savais cependant qu’il ne dormait pas dû au léger balancement de son corps. Il semblait se bercer au son d’une musique que lui seul entendait. Puis sa voix résonna

- Et si je te léguais le pain chaud !


Mes lèvres tremblèrent murmurant des paroles inaudibles.
Missanges a écrit:
- Et si je te léguais le pain chaud !

L’ustensile sur le feu avait cessé d’émettre son long sifflement, plongeant la pièce dans un silence total, cependant le son continuait de bourdonner dans ma tête.
Mais était–ce bien le chant de la bouilloire que j’entendais ou était-ce les dernières paroles de l’homme assit à mes côtés qui tambourinaient contre les parois de mon crâne.


- Et si je te léguais le pain chaud !

D’une manière lente, le silence étirait son voile sur nos personnes, nous pénétrant. Pourtant j’entendais le battement tumultueux de mon cœur cognant dans ma poitrine. Le sang affluait contre mes tempes jouant un tempo dans mes oreilles. Je ressentais une étrange sensation, plaisir et  crainte s’affrontaient dans mes pensées.
Le plaisir de cette proposition, le sentiment qui en émanait.
La crainte de savoir ce qu’il adviendrait de cet homme emplit d’une généreuse bonté.
Soudain, les senteurs des plantes de l’infusion flottèrent dans l’air me ramenant sur terre. Ses yeux se fixèrent dans les miens.


- Il n’y a jamais de hasard petite, chacun suit sa route tracée par le très haut. Si tes pas t’ont amené ici dans cette demeure ce n’est pas pour rien.
Voilà, des nuits et des nuits que je rêve de ce que va devenir le pain chaud. Je n’ai pas eu de femme par peur de la voir disparaître du sort qui s’abattait ici. Je n’ai pas eu d’enfants donc pas de descendance et avec moi tout s’éteint.


Sa voix se fit plus douce

-Des nuits et des nuits que je rêve de ce, que mes ancêtres ont bâti. De ces pierres qui se transmettent de génération en génération. De cette demeure qui a fait la renommée du village lors de la guerre et tu arrives comme une fleur éclosant subitement,  insufflant une vie disparue depuis tant d’année. Et, cerise sur le gâteau, la particularité de ce hasard réside dans le fait que  tu sois forgeronne !

Une douce lumière passa dans ses yeux

- Je sais que tu as un passé, des parents, mais veux tu être ma continuité ?
Devenir un membre de ma famille à qui je peux transmettre le pain chaud.


Les battements de mon cœur continuèrent à cogner et pourtant j’étais sereine. Subitement, l’atmosphère de la pièce parut lourde et pourtant elle était paisible.
Une douce harmonie se jouait dans cette pièce dont l’acte final se nommé amour…
Ma voix se fit tendre et douce,


- Avoue que c’est pour faire ta soupe chaque soir !

Et nos rires résonnèrent dans la pièce…

Les rires diminuèrent peu à peu, telle la flamme d’une chandelle se consumant lentement. Ce fut encore  l’absence de bruit qui gagna la pièce. Tour à tour, semblable à une partie de ramponneau, le bruit et le silence jouèrent une partie de cartes imaginaire, interminable. Mes iris plongèrent dans les siens, mes pupilles cherchèrent les siennes et lorsque nos regards furent rivés, je dis


- C’est un très grand honneur que vous me faites, mais je  n’accepte qu’à la seule condition de prendre le pain chaud en viager et que vous restez vivre dans votre maison sans changer vos habitudes. Mais je sais cependant que ceci risque d’être impossible, car Ankou ramène avec lui mes Mamettes et j’avoue ne répondre de rien du tout avec elles !

Je ne sus dire si, de ses pupilles ou de ses lèvres celles qui s’arrondirent en premier, mais sa bouche  mima des mots inaudibles.  Ses doigts exercèrent une pression plus forte contre le verre de l’infusion. Je savais que le viager allait le faire grimacer. Je rajoutais

-  Et ce n’est pas négociable !

Le bruit du verre se posant sur la table résonna dans la salle, la bûche dans l’âtre roula en crépitant bruyamment. Je sursautais !

- Soit ! Faisons ainsi à ta convenance, nous irons voir un juriste afin de faire cela dans les règles alors. Tape là !

Le plat de sa main était tendu montrant des lignes profondes et bien dessinées que des années de travail avaient maintes fois façonnées. Ma main se perdit dans le centre de la sienne. Il referma d’un coup sec ses doigts sur les miens me tirant vers lui. Ses yeux se plissèrent, mon cœur bondit

- Tu  crois  apprendre à un vieux singe à faire la grimace !!
C’est moi qui choisirais la somme de la rente et je mettrais une clause chez le juriste que ton argent te sera rendu en héritage à ma mort ! Et ce n’est pas négociable !!


Ses yeux se plissèrent un peu tandis qu’un sourire taquin étirait ses lèvres.
C’est le casse, casse, c’est le casse de Miss ! En deux phrases il avait cassé la femme d’affaire que je pensais être ! Adieu rêve, espoir d’être le maître du monde un instant,  bonjour réalité !

Voyant son regard et son sourire j’eus soudain envie de lui jeter du maïs sur la tête pour le taquiner à mon tour mais je n’étais pas en taverne et pas de sacs sur moi. Son rire résonna secouant son corps, je l’imitais. Il avait gagné un set et sans doute la partie.

- allez viens ! Je crois que c’est le moment de sauter le pas…

Les pieds de la chaise glissèrent sur le parquet, au même moment où le fond du verre se posa sur la surface de la table. Synchro ! Si tu cherches à le faire exprès, ben tu n’y arrives pas !! Je ne sus comment je me débrouillais pour me lever. La cause en serait sans doute dû, à la petite gnôle dix ans d’âge, mais toujours est-il, que mes pétons se prirent dans le bas de ma robe qui s’entortilla dans mes jambes. En demi pointe telle une danseuse exécutant un pas de danse je me retins à la table, sous le regard moqueur du vieil homme !

Puis d’un air solennel, sa main caressa un meuble oublié depuis la nuit des temps. Le tiroir grinça lorsque la poigne ridée l’ouvrit. Ses doigts disparurent à l’intérieur, se refermant sur l’objet sacré. La clef !
La clef de la jumelle demeure du pain chaud était là dans sa paume façonnée sans doute par le meilleur artisan d’un temps d’avant. Je le suivis passant d’une pièce à l’autre, la maison n’en finissait pas de se dévoiler. L’ancêtre stoppa devant le pan d’un mur soigneusement revêtu d’une tapisserie de Lens.

Sous un fin voilage sombre le regard d’une jeune femme étrange semblait nous regarder. Ni cils, ni sourcils assise dans un fauteuil elle paraissait nous attendre depuis toujours. Tandis que j’étudiais plus minutieusement la fine broderie, mon hôte fit glisser celle-ci et une porte se dévoila. Une oeuvre de ferronnerie se tenait devant mes yeux, modèle unique en fer massif reliant les deux maisons. Lentement la clef tourna suivant les tremblements de la main qui exécutait fidèlement les ordres transmis. Un son aigu et discordant se fit entendre. Le battant pivota sur les gonds révélant l’atelier de la maison, la forge !

Ma main se glissa dans la paluche de l’homme qui se tenait là, le regard perdu dans le vide écoutant le bruit imaginaire du marteau de ses ancêtres. Le feu était éteint mais une douce chaleur s’échangea lors de ce contact, toute une puissance de sensations se véhicula alors entre nous. Un léger bruit au centre de la pièce se fit entendre. Un groupe de petites souris grises se déplaçaient en toute hâte dérangée par notre intrusion. Une plus hardie stoppa sa course, relevant la tête afin de nous regarder puis reprit sa trajectoire ne voulant pas perdre le reste de la troupe.

Un linceul de toile d’araignées et de poussières accumulés avec les années avait recouvert tous les objets de la pièce.  Le temps s’était arrêté de tourner sur cette maison devenue un tombeau de souvenirs que personne ne faisait vivre !
Je regardais furtivement ce vieil homme, n’osant lire dans ses yeux la tristesse qu’il devait ressentir à la vue de ce spectacle. La tête affaissée contre sa poitrine il murmurait des mots insaisissables. Son corps devint d’une rigidité de pierre, il se redressa, ses yeux fixèrent un point devant lui et il dit,


- Petite tu vois le travail, cette maison n’est même plus vendable !

- Moi je l’achète ainsi,  mais  je vais finalement revoir la rente !

Aucun de nous ne rirent, seules nos lèvres esquissèrent un sourire. Sa main tapa la mienne

- Bienvenue chez toi Miss !!
Missanges a écrit:
C’était un grand jour pour chacun de nous. L’ancêtre n’avait pas voulu faire traîner les choses comme il disait,
- Faut battre le fer pendant qu’il est chaud Miss !

La vie réserve parfois de belle surprise ! L’histoire ne dira pas exactement si c’est le hasard ou bien le souffle divin d’Aristote qui avait guidé mes pas en cette demeure du pain chaud, mais il est sûr que nous savions tous deux à présent, que l’existence de chacun venait de prendre une autre dimension…
Nous avions convenu d’un jour afin de mettre tout cela par écrit devant l’homme de loi, dans le plus grand respect des règles et des formalités.


C’est donc sous un soleil timide en fin de matinée que nous descendîmes à la ville. Le vent d’une humeur taquine jouait avec le voilage de ma robe. Tous deux exécutaient une danse aérienne autour de mes pas. Mon cavalier n’était pas en reste, à petite dose de rafale le farceur essayait de lui ravir son chapeau !
C’était une grande première pour cet ancêtre que de retourner en ville après tant d’années d’isolement. Son costume était d’une autre époque, épousant plus étroitement ses formes, mais qu’importe il était heureux et son bonheur était contagieux. Les habitants ne s’y trompèrent pas d’ailleurs, chacun sortit sur le pas de sa porte afin de mémoriser l’événement de l’année.
Le vieux de la demeure du pain chaud était en ville !!
La ville ! Celle-ci était soudainement en effervescence telle une journée de foire. Les ateliers des artisans s’ouvrirent sur notre passage, chacun faisant mine d’œuvrer à son ouvrage. Les lavandières battoir en main cessèrent de commenter les derniers potins de la veille pour jaser de plus belle derrière notre dos. Le maire réélu récemment fit style d’avoir du travail sortant de sa mairie avec une pile de paperasses et même plusieurs villageois prétextèrent courir derrière un jar soit disant échappé !
Je sentis une pression sur mon bras, il stoppa sa marche, levant la tête je le regardais


- Dis moi, j’ai l’impression d’être la vedette du jour !

- Tu sais chaque ville à sa "vedette", mais ici à Narbonne j’ai l’impression qu’il y en a plusieurs et pas des tristes…

Puis nos pas se remirent en route et il me décrit alors son Narbonne d’avant.
La grande caserne de l’Ost dont il avait intégré dans sa jeunesse. Ses escapades le soir pour retrouver certaines filles de la ville afin de les faire danser. Les corvées d’épluchage de cette denrée qui s’appelle pommes de terre. Ses heures de détention passaient au trou comme il nommait la prison militaire. Il me montra du doigt une belle maison dont l’ocre rouge attirait les regards. J’appris qu’il avait participé à l’édifice de l’ouvrage. Il connaissait tout ! Cependant, il fut surpris de compter autant de tavernes et longtemps ses lèvres murmurèrent le chiffre sept !


Nos pas s’arrêtèrent devant une haute maison sombre. Un heurtoir en forme de main était fixé sur le centre de la porte finement sculptée de diverses arabesques. À hauteur d’homme, les doigts d’acier attendaient celui qui allait l’activer pour signaler sa présence. Les coups résonnèrent, l’écho se fit un plaisir de continuer à propager le bruit qui revint à nos oreilles différemment. De tous petits pas se firent entendre, la porte s’ouvrit dévoilant une femme souriante. Elle nous mena après les présentations d’usage au bureau adéquat. Une longue table de travail trônait au centre de la pièce, l’homme assit derrière celui-ci se leva venant nous saluer chaleureusement. Une discussion s’échangea entre les deux hommes, je sentis des petits airs entendus et je ne pus émettre que des hochements de tête. Tout avait été fait ! Préparé derrière mon dos et nous signâmes aux conditions du vieux !!
Posant la plume j’entendis le bouchon d’une bouteille. La signature encore un prétexte pour lever le coude sur un verre bien sympathique qui finalisait ce grand jour.


Nous reprîmes le chemin du retour, passant devant l’église, il se signa respectueusement puis sourit.

- Tu sais Miss, toi qui arrives dans ce Comté du Languedoc. Toi qui aimes les gens et les histoires anciennes je vais te conter l’histoire du curé du village voisin…


C’est ainsi, au son de sa voix j’appris que le père Martin curé de Cucugnan, raconta un jour à ses paroissiens une histoire étrange afin que les fidèles retrouvent le chemin de l’église. Faudra en parler à Monseigneur Fab et à feuilllle, sûr qu'ils ne connaissent pas cette histoire...

Et tout en riant nous regagnâmes les demeures du pain chaud…
Missanges a écrit:
Il était devenu inconcevable après l’acte de vente de séjourner à l’auberge. Josep dont j’avais su le prénom lors de nos discussions s’était emporté et j’avais du accepter son hospitalité, le temps de remettre en état la jumelle du pain chaud.
La chaleur du lit m’incitant à faire la grasse matinée et telle une marmotte je dégustais ce précieux moment débutant toute journée à venir. Ces quelques minutes qui sont, bien souvent, trop vite délaissées par tant de choses à faire et surtout par le manque de temps. Je n’avais aucune notion de l’horaire qu’il pouvait être.

L’oreille tendue, afin de surprendre les bruits de la maison, je regardais les rayons de soleil. Ils passaient aux travers des interstices des lattes du volet et venaient danser de ses doigts dorés au milieu de la pièce. De fines particules de poussière semblaient s’animer dans ce rai de lumière.
Repoussant à regret l’épaisse toile qui aurait pu servir de voile à un foncet tant la trame était serrée, je sautais du lit ouvrant les volets. Les cris émanant du ponton parvenaient lentement ainsi que l’odeur caractérisant celui-ci. Quoi de plus naturel puisque les demeures du pain chaud étaient situées près du port.

Poussant la porte de la cuisine, je le vis assis dans son fauteuil caressant mon chat noir couché sur ses cuisses. À mon entrée, il se leva prestement et vint m’accueillir. Il semblait différent. Revêtu d’une chemise jaune paille et d’un foulard rouge autour du cou. Ses pommettes très saillantes paraissaient plus empourprées ce matin ainsi que ses yeux qui luisaient d’un éclat nouveau. Mais il y avait autre chose, soudainement. La barbe !


- Vous vous êtes rasé !
Eclatant de rire
- Cela se voit tant que cela ! Parait-il que cela donne un coup de jeune !!
Hormis le fait qu’il paraissait plus jeune, cela lui donnait un air plus soigné, une dignité imposante.

Sur ce, il lança la nappe sur la table et y déposa le petit-déjeuner. J’appris tout en me restaurant, que le lait provenait de la seule vache résidente à l’étable. Celle-ci avait été traite avant l’aube et elle avait donné une quantité supérieure de lait que les semaines précédentes. Je sus aussi qu’il tenait sa forme physique grâce à ses poules ! En effet, celles-ci s’amusaient à cacher leurs œufs dans différents endroits du jardin faisant courir notre gaillard !
En fait il avait déjà fait une journée de travail...
Le petit-déjeuner finit chacun vaqua à ses occupations. Lui sortit couper du bois et moi je pris la plume,

Citation :
Mon coeur,

Cette lettre te parviendra sans doute sur les lames de ton retour. Je ne sais ta position. Je n’ai à ce jour reçu nul courrier.
Je viens d’acheter en viager deux maisons jumelles dont une restera occupée par l’ancien propriétaire Josep. Tu vas tomber sous le charme tant cet homme est rempli de générosité.
Tu m’avais donné carte blanche, ben j’ai fais fumé la carte…

Actuellement, il me donne l’hospitalité le temps que nous fassions les travaux nécessaires pour remettre en état notre maison.
Il faudra d’ailleurs prévoir de dire à Obiewan et Kalo de venir nous aider, car il me semble que tous les deux ont pris une belle bedaine à ne rien faire…
La toiture est en partie à refaire et pour ces anciens de Bretagne ayant bravé maintes tempêtes ce n’est pas un toit de plus ou du moins qui leurs fera peur !
L’intérieur de la maison est aussi à refaire, j’ai déjà fais des plans…

Je te souhaite bons vents mon cœur et à très vite.

Mille baisers

Ta Missig !
Ankou a écrit:
Nous serions les derniers ! Les derniers à déménager et les derniers à emménager. L’équipage du Gwarlan avait dû remonter en Bretagne afin de vider leur propriété et prendre tout ce qu’il pouvait être pris. Ces hommes mu d’une ambition de recommencer une nouvelle vie.
Nous avions rencontré le grand alizé dont tout navigateur raconte dans ces récits et d’autres vents souvent bien contraire à notre volonté de marins. Mais nous avions fait face bien décidé à résister à ces lames d’écume.
Après des jours et des nuits le temps obtempéra en notre faveur cédant sa colère pour une clémence plus douce. Le gwarlan filait bon train, toutes voiles dehors. Nous filâmes ainsi, poussés par un souffle puissant et régulier.

Le travail du capitaine est éreintant la barre est parfois dure à manœuvrer et préparer le tracé de la route n’est pas simple surtout lors des tempêtes, mais même perdu le visage de ma Miss me guide.
Un bouleversement s’était opéré en moi un soir de juin 1460, il est clair que ce soir là j’étais tombé follement amoureux de celle qui deviendrait ma femme plus tard, ma Missig !!!

Le ciel est d’un bleu admirable lorsque le Gwarlan s’amarre et qu’un volatile lâche sa missive. Un parfum s’échappe du vélin lorsque je le déroule, mes yeux se froncent lorsque je comprends que ma Miss n’a pas reçu mes pigeons, je vais entendre parler du pays sans doute…


Hopalaaaaaaaaaaaaa Malheureux !! Faites attention à ce cheval.

Je crie mes consignes aux hommes déchargeant nos caisses et c’est jour de paye pour mes amis qui filent en direction des tavernes.
Quant à moi, sac de marin sur le dos à peine débarqué, je me dirige vers le pain chaud en suivant les indications de ma douce tenant par la bride mon cadeau.
J’ai hâte de voir cette fameuse demeure, notre maison. Au détour d'un chemin j'aperçois enfin le pain chaud. Elle est là dehors j’agite les bras et lâche mon cadeau car je sais que son Nuage était mort…


Missanges a écrit:

Les moutons venaient d’être sortis de l’étable afin de brouter l’herbe nouvelle ! M’enfin fallait encore le chercher ce brin de verdure. Ce n’était pas tout à fait le moment du pâturage et il n’y avait pour ainsi dire pas grand-chose à brouter. Mais depuis quelques jours les rayons de soleil se faisaient plus régulier et Josep avait décidé de sortir les ovins. La vie reprenait doucement au pain chaud et je m’adaptais aux nouveaux travaux domestiques.

La hache de Josep résonnait sur le billot. Lorsque le tas devenait conséquent il rangeait le bois à côté de la maison grossissant ainsi les stères déjà empilées. Tout était calculé et trié. Le petit bois servant à l’allumage de la cheminée dans un sens et les bûches refendues dans un autre.
Tandis que Josep faisait le bois, je dessinais les plans de l’agrandissement de notre maison. Une échelle meunière derrière la porte d’entrée pourrait donner accès à l’étage, ainsi deux ou trois chambres seraient aménagées sous le toit. En cadence de la hache de Josep, coupant et empilant. Au rythme des coups de ma plume nous perdîmes tous deux la notion du temps.

Sans réellement comprendre ce qui se passait, tout sembla s’agiter soudainement. Les moutons partirent en groupe dans une course folle et ma feuille s’envola.
Soudain je le vis !
Il était là agitant sa main afin d’attirer l’attention. Lentement les grains du sablier suspendirent cette étroite descente et le temps se figea. Les cris du troupeau devinrent lointains, mes yeux fixèrent les siens, une mélodie passa en boucle dans ma tête

* Plus bleu que le bleu de tes yeux,
Je ne vois rien de mieux,
Même le bleu des cieux.
Plus blond que tes cheveux dorés
Ne peut s'imaginer,
Même le blond des blés.
Plus pur que ton souffle si doux,
Le vent, même au mois d'août,
Ne peut être plus doux.
Plus fort que mon amour pour toi,
La mer, même en furie,
Ne s'en approche pas.
Plus bleu que le bleu de tes yeux,
Je ne vois rien de mieux,
Même le bleu des cieux.

Lançant en l’air son sac de marin, il courut me prendre dans ses bras et nous dansâmes sur une musique imaginaire que seul nos deux esprits connectés entendaient. Ses lèvres vinrent murmurer à mes oreilles de douces paroles et je sus que ce magnifique cheval était un cadeau.
La mâchoire carrée de Josep se fit subitement plus tendre et ses pommettes saillantes s’empourprèrent. Le soleil couchant embrasa l’horizon afin de clore cette journée. La taille enlacée par ses bras nous rentrâmes dans la maison afin que je présente mon mari à Josep. La nuit promettait d’être longue. Le bocal de cerises à la gnôle du grand –père fut mis sur la table…


* Piaf !
Ankou a écrit:
Mon bras autour de sa taille, je dépose un baiser dans son cou, puis lui murmure
Le cheval n’a pas de nom, à toi de lui trouver un nom. J’en ai amené un pour moi aussi il est resté sur le bateau avec les affaires à décharger. J’ai voulu amener ton cheval en premier tant j’étais impatient de te l’offrir.

Je découvre enfin la demeure tant décrite dans ses lettres. D’un coup d’œil je vois les réparations à effectuer, rien de trop important.
Mes yeux se posent sur l’homme poussant la porte nous invitant à entrer. Un homme hors d’âge qui dépose un bocal de cerises sur la table.
Mon regard fait le tour de la pièce …….
Puis revient s’attarder sur l’homme qui nous fait face, je remarque une certaine complicité entre mon épouse et lui, un peu comme celle d’un grand père et sa petite fille. Le regard attendri qu’elle pose sur lui est suffisamment éloquent pour moi qui la connais si bien. Par ses courriers il me semble le connaître aussi. La soirée débute la discussion commence…
Missanges a écrit:
Les jours qui suivirent furent dédiés aux travaux. Ankou avait fait appel aux amis et il avait embauché des hommes spécialisés pour la charpente. Le terrain était devenu en très peu de temps une menuiserie à ciel ouvert. Les ouvriers débitaient maniant haches, scies, ciseaux et autres outils spécifiques. Des planches s’entassaient, s’empilaient, laissant au sol des stères et des copeaux dont le vent s’amusait à élever dans les airs.
La jumelle de la demeure du pain chaud était en chantier !

Ankou faisait office de contremaître surveillant la quantité et la qualité du bois. De sa voix forte il donnait les directives et de leurs gestes précis les ouvriers posaient les poutres au bon endroit. La plus grosse pièce de la charpente fut la plus difficile à mettre en place. Les charpentiers durent avoir recours à de grosses cordes afin de la placer correctement sans trop peiner. Tout se mettait en place assez sereinement.

Seul Kalo regardait mon plan dans tous les sens se grattant la tête, essayant de deviner mon idée mais je voyais bien dans la lueur de ses yeux qu’il ne comprenait rien à mes traits posés sur ce vélin. Il semblait chercher ses mots pour ne pas me froisser mais j’avais compris à son regard, que mon dessin ne valait pas un clou ! Pas la peine qu’il me dise que je ne savais pas dessiner çà je le savais d’avance…
Posant amicalement mon coude sur son épaule, lui souriant


- Tu peux me dire franchement si tu ne comprends rien, je ne me vexerais pas depuis le temps que l’on se connaît !
- Ben c’est pas que ton dessin est mal fait il est parfait…
- Hypocrite
Il éclata d’un rire sonore - juste que je ne comprends pas je dois être mal réveillé

Posant mon doigt sur l’esquisse j’expliquai mon idée.

- Tu vois l’ancienne demeure était de plain –pied et les toits étaient à refaire, en rehaussant un peu on gagne un étage. Ici c’est la porte d’entrée, l’idée est de faire un petit dégagement et de mettre un bel escalier en bois pour accéder au niveau supérieur.

- Ah, mais cela j’avais compris c’est cette partie là que je ne comprends pas.

- Ah !!! Cette partie ! Je ne savais pas trop comment la représenter. Du fait qu’on rehausse la maison, les toits vont êtres plus hauts et du coup cela permet dans ce coin de m’aménager un coin à moiiii. Et ce que j’ai voulu dessiner c’est une rosace en vitrail sur le pan de mur en dessus l’atelier. Cela représente le bateau d’Ankou tu sais celui au nom imprononçable. J’ai fais venir les vitaux d’Italie. Cela va donner une belle lumière dans la pièce.

Tu vois le truc maintenant ?

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MessageSujet: Re: Les demeures du pain chaud ! '    Dim 7 Juin - 18:23

Kalonek a écrit:
Kalonek avait accepté de prêter mains fortes à ses amis Ankou et Missanges pour aider à la rénovation de leur demeure.
Sauf que.... il était loin d'être un manuel et pelle, pioche, hache,scie... n'étaient pas des mots courants dans son vocabulaire. Il voulait aider mais plus moralement que physiquement.
Il regardait les autres s'affairer, le plan de la nouvelle bâtisse dans la main quand Missanges l'avait interpelé, probablement à cause de son air circonspect.
Il fallait dire que son amie avait beaucoup de talents mais pas celui de dessinatrice semblait-il !
Il avait donc écouté poliment ses explications quand elle conclut par :


Citation :
Tu vois le truc maintenant ? 

Pas encore bien ma chère amie mais ne m'en veux pas, il me faut du concret pour me rendre vraiment compte. Je te donnerais mon avis, une fois les travaux achevés.
Et j'ajouterais que pour être sur de ne pas déroger à ton plan, je ne vais pas trop m'attarder sur le chantier sinon la rosace que tu as dessiné pourrait bien ne pas être posé là où tu l'as prévu !


Kalonek esquisse un rire géné et se ressaisit aussitôt pour ne pas perdre la face

Je vais me rendre utile mais ailleurs. Je vais aller jusqu'au port pour m'assurer que tout a bien été déchargé du Gwalarn et je ramènerais le cheval de Ankou qui est resté dans l'enclos près des quais.
Missanges a écrit:
C’est avec un sourire sur mes lèvres que j’écoutais le beau Kalo, qui finalement joua en touche…

Je vais me rendre utile mais ailleurs. Je vais aller jusqu'au port pour m'assurer que tout a bien été déchargé du Gwalarn et je ramènerais le cheval de Ankou qui est resté dans l'enclos près des quais.

Tsssssssssss !! Je te jure que le travail finit cela ne fait peur à personne !!

Tandis que les ouvriers finissaient la charpente et les plus gros travaux, je préparais divers ustensiles pour remettre la forge en état.
Passant devant Josep je le vis assis sur un tabouret bancal, une brebis entre ses jambes. Il effectuait un étrange rituel. De sa main droite, il faisait jouer de la cisaille, tandis que sa paluche gauche tendait la peau de l’animal. Ses gestes étaient si précis qu’au final la toison se détacha comme l’écorce d’une orange. Voyant mon arrêt et mon regard affectif sur sa personne, il leva la tête,

-Tu vois, au delà de la rapidité et de l'agilité, il y a une technique à maîtriser et c'est avec beaucoup de force et de douceur que l’on y parvient, en leurs parlant un peu aussi on arrive à les amadouer, ces sacrés moutons ! Tu aurais pu essayer avec Kalo pour t’aider au toit !
- De faire quoi ? De l’amadouer ou de le tondre !

Nous partîmes à rire et tout joyeusement je filais en direction de la forge.

Obiewan a écrit:
Obi avait trainé en route, non pas qu’il ne voulait pas aider, non certainement pas d’ailleurs si il était plus qu’un ami d’Ankou, il adorait Miss et aimait lui rendre service. Mais lui aussi devait trouver un toit pour l’abriter, il avait donc fureté à droite à gauche, interrogé les habitants des environs et il avait fini par trouver la perle qu’il cherchait, pas très loin du pain chaud d’ailleurs, une jolie maison au toit de chaume.
C’est donc tout heureux qu’il s’approche et embrasse Miss.


Heureux de te voir, il parait qu’il y a de l’ouvrage par ici ?
Mais avant de me montrer ce qu’il y a à faire, saurais-tu ou je peux trouver le propriétaire de la chaumière qui est à coté de chez vous ?
Il parait qu’elle est à vendre mais je ne sais à qui m’adresser.


Missanges a écrit:
La forge !
Plus d’une personne en voyant l’état de l’atelier aurait pris les jambes à son cou. Des années et des années de poussières accumulées recouvrant chaque outil, faisant de cette salle un tombeau. Dans tous les coins de la pièce, les toiles d’araignées avaient pris possession des murs et je devais affronter ses satanées bestioles. T’as beau dire et penser que ce ne sont que des petites bêtes mais rien que de voir leurs pattes velues et leurs gros corps une envie de prendre la poudre d’escampette te viens…

Mes yeux avaient fixés sans doute la plus grosse araignée qui avait fait de sa toile un hamac et tout en me narguant elle se balançait tranquillement. Son abdomen était énorme, nul doute que celle-là n’avait pas fait un seul jour de diète. Lentement, je sentis les poils de mes bras se soulever et un frisson me parcourir. Non j’y vais pas je ne peux pas. C’est à ce moment là, de ma réflexion que le groupe de souris refit surface et rasa mes bottes sauf que la plus hardie grimpa tout naturellement sur le cuir débloquant le trophée alpiniste !
Dans un bruit qui ne couvrit pas ma voix, le seau, les balais que je tenais pour nettoyer finirent par terre tandis que je retrouvais l’air frais criant et secouant mes habits comme un prunier.
Un rire se fit entendre et tournant la tête je vis Josep qui se marrait en douce toujours assis sur son tabouret bancal,


- Tu as un petit souci on dirait

- J’aime pas ses bestioles
- Je m’occupe de ses fameuses bestioles et toi de la poussiè…
- Marché conclus ! Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que ma réponse fusa de peur qu’il se ravise.

Il partit chercher le plus long bambou du canier proche du ruisseau puis prenant mes chiffons il fit une boule de tissu à l’extrémité. D’une main alerte, le poignet aguerri le roseau tourna et retourna dans chacune des toiles d’araignées emprisonnant celles-ci ! Sifflotant moqueusement, il me fit un clin d’œil triomphateur chaque fois qu’il sortait secouer les chiffons. Tssss !
À chacun sa tâche ! Je sortis tous les outils de l’atelier, les posant le long de la maison dans l' attente de la brosse. Lorsque tout ce déménagement fut fini, à l’aide de quelques brins de paille resserrés autour d’un manche je passais le balai. Un nuage gris enveloppa la pièce, de fins lambeaux de poussière sortirent par la porte et les fenêtres et les plus tenaces se déposèrent sur nous. Les cheveux de Josep devinrent de plus en plus gris tandis que sa figure prenait une couleur macabre. J’éclatais de rire pensant que ma chevelure flamboyante avait dû prendre un sacré coup de grisaille. La pièce fut rapidement vide et nettoyée.


- Je vais t’arranger le bois des fenêtres et te faire quelques rangements pour tenir tes outils
- Josep j’ai vu que tu avais des touts petits cailloux au fond du jardin, ils te servent ?
Avec un sourire moqueur il répondit, - Tu veux plutôt dire, je peux prendre tes cailloux, tu veux en faire quoi ?
- Je pensais les mettre sur la terre battue il y aurait moins d’humidité.
- C’est pas couillon ça comme idée, je m’en occupe
- Et moi je fais quoi ?

La tête dans l’entrebâillement de la porte, Ankou nous souriait

- Le toit est fini ainsi que toute l’extension, je vais aider Josep et je donnerais un coup de torchis sur les murs, c’est tendance…

C’est ainsi que lentement l’atelier prit forme Josep et Ankou placèrent les meubles, le baquet de refroidissement et moi je rangeais les outils.
Puis ce fut la voix de Obi qui fusa

…il parait qu’il y a de l’ouvrage par ici ?
Mais avant de me montrer ce qu’il y a à faire, saurais-tu ou je peux trouver le propriétaire de la chaumière qui est à coté de chez vous ?
Il parait qu’elle est à vendre mais je ne sais à qui m’adresser.


Encore un qui vient lorsque le travail est fini !! Je fis la bise à Obi toute heureuse de le voir. Ce garçon était un amour de gentillesse. Une maison à côté de chez nous tu dis ! Mais c’est une bonne nouvelle. Allons fêter cela ainsi que le travail que nous venons de faire.
Regarde ma forge !


Ankou a écrit:
Le toit était fini ainsi que l’extension du haut de la maison. Les ouvriers et moi-même avions bien travaillé. Il ne resterait plus que l’agencement de toutes les pièces, mais ça je savais d’avance qui serait le maître d’œuvre. J’annonçais tout heureux,
- Le toit est fini ainsi que toute l’extension, je vais aider Josep et je donnerais un coup de torchis sur les murs, c’est tendance…

Je suivis Josep qui me montra le tas de cailloux et suivant les directives de ma Miss, je me tape tout le boulot !! Mais je dois reconnaître que l’idée est excellente et le résultat superbe. Les heures de travail sont largement récompensées quand je vois le sol de la forge parfaitement garni de ses petits cailloux lumineux venant éclaircir le sol.
Le reste en comparaison serait un jeu d’enfant, placer les meubles et le baquet ne nous aurais pris guère de temps mais c’étais sans compter sur ma Missig.

-Non trop à droite, non trop à gauche.
-Finalement il vaut mieux le mettre de l’autre coté.

Nous avons bien du déplacer les meuble cent fois avant qu’elle se déclare satisfaite.

Je suis dans la cours en train de tirer un seau d’eau pour me rafraîchir quand j’entends une voix familière.
Obi arrive enfin et je décide de le taquiner un peu.

-Tu arrives maintenant que le plus gros du travail est fait, ils sont sympa mes amis, Kalo qui se défile pour aller soit disant chercher mon cheval et qui ne reviens pas ! Tu parles je suis sur qu’il traîne en taverne le bougre.
Et toi qui arrive maintenant que j’ai fini de trimbaler ces fichus cailloux.
Vous vous êtes passé le mot ?

Puis je le serre dans mes bras en riant devant sa mine déconfite, je sais bien que je peux compter sur eux en toutes circonstances et qu’ils seront toujours la en cas de besoin.

-Il parait qu’elle est à vendre mais je ne sais à qui m’adresser.
Pas de problème je m’occupe maintenant du cadastre je vais te trouver ça, je t’apporterais l’acte de propriété et tu n’auras plus qu’à t’installer en espérant qu’il n’y ai pas autant de boulot qu’ici.

Puis mon épouse l’entraîne lui fait visiter la maison et admirer sa forge.
-Allons fêter cela ainsi que le travail que nous venons de faire.
Enfin on va pouvoir faire glisser la poussière.
Elle nous guide jusqu’à une table installée sous l’ombrage d’un arbre et dépose quelques bouteilles. C’est Obi qui se sert en premier ayant sans doute trop travaillé…
Missanges a écrit:
Et la poussière glissa…

Josep, Ankou, Obi et Kalo revenu entre temps, faisaient glisser les verres sur la table et le contenant dans leurs gosiers. Josep racontait des anecdotes de sa jeunesse et les rires de ses interlocuteurs montaient dans les airs, sous les arbres des demeures du pain chaud.
Le bocal de cerises à la gniole était lui aussi de la partie et de temps à autre on entendait le jet d’un noyau fuser d’une bouche gourmande. Il régnait une douce ambiance.

Josep parlait et tout le monde y passait. Il connaissait tous les enfants du Pays. De ma place je n’entendis pas le nom de la personne mais c’était une fille de Narbonne qui tenait l’histoire.

… Elle était hautaine celle-là pour sûr, toujours bien mise, jamais un bonjour. J’en étais tout de même amoureux comme tous les garçons de la ville. Elle n’avait qu’à poser son regard sur l’un de nous et dicter son caprice du jour, chacun de nous se mettait en quatre pour être le premier à lui rapporter.
Un jour, alors que j’allais pêcher, elle voulut me suivre. Je crois que la place du village garde encore en mémoire mon éclat de rire. Comment une fille guindée et habillée très chichement pouvait –elle venir à la pêche ! Ben, mes amis, vous le croyiez où pas elle vint…

Ce jour là, ses chaussures faites dans le plus beau cuir du meilleur artisan valsèrent en l’air. Sa robe suivit la courbe de ses chausses s’étalant délicatement sur le rocher. Pieds nus, en chemise et jupon elle était belle à faire damner tous les saints. Je crois que ce jour là, j’ai été jaloux de la fine dentelle qui caressait son cou. J’étais si fier de lui montrer mon endroit favori, une cavité entre deux rochers où l’eau à peine immobile renferme ses plus belles crevettes. Je crois que ce jour là j’ai commis le pêché d’orgueil …

Lentement le soleil au dessus de nos têtes se figea ainsi que les aiguilles de l’horloge de la ville. Plus rien n’exista ce jour là, seule la pêche prit une réelle importance. Pour la première fois c’est elle qui buvait mes paroles. Allongée contre moi, je sentais la douce odeur de son corps et ses cheveux caressaient mon visage. Elle écoutait mes conseils, buvant mes lèvres.
Au début l’eau verte un peu stagnante la dégoûta mais elle ne se déroba point. Son bras plongea dans l’eau me copiant, je vis sa main tâter le sol pour sortir une minute plus tard une crevette grise. Son rire fit sans doute partir tous les autres poissons mais j’étais le plus heureux des hommes et…


Lentement je m’éloignais voulant finir le rangement. Après la forge ce fut la maison qui prit forme. Tous les objets changèrent de position maintes fois pour finalement prendre place harmonieusement. Malgré, les épées en sautoir première réalisation de mon travail de forge, je trouvais le pan de mur vide, il manquait un p’tit quelque chose, mais quoi…
Une fresque, non cela ferait trop ! Un dessin oui mais quoi…
Je pensais soudain à mon arbre un symbole celtique d’un autre temps, d’une autre vie… Calmement ma main dessina un noisetier au centre de ce mur vide.
Arbre de la sagesse, associé à mes neuf lettres Missanges, évoquant poésie et tant d’autres choses. Je reculais afin d’avoir une vue d’ensemble, tout semblait en harmonie…


--Ankou.. a écrit:
J’écoutais les histoires de Josep avec mes amis, les verres succédaient aux autres verres et j’avoue que les noms commençaient à bien se mélanger dans ma tête. Je me demandais pourquoi des crevettes portaient de la dentelle autour du cou…Soleil et p’tit verres pas bon du tout pour la concentration.
Soudain mes yeux se porte sur un silhouette qui s’éloigne, ma Missig rentre dans la maison et sans faire de bruit, je m’approche de la fenêtre.

Hopalaaaaaa, est-ce ma vision ou les meubles bougent !! De toute façon c’est sa manière faut que cela tourne ! Elle les changera encore de place dans un mois.

Puis je la vois faire un magnifique dessin sur le mur, je m’approche doucement, absorbé par son ouvrage elle ne m’entend pas, elle se recule et je la prends dans mes bras.

C’est magnifique mon cœur.
Missanges a écrit:
La fresque donnait une touche particulière au mur et de ce fait à la pièce. Tandis que les rayons de soleil s’infiltrant par le carreau de la fenêtre semblaient faire remuer les feuilles de l’arbre, l’imagination ne restait pas reste façonnant d’étranges créatures irréelles. Un peu en recul je contemplais émerveillée ce qui avait pris forme sous mes doigts. Un nouveau vestige d’un temps présent qui deviendrait avec les années passant les restes d’un temps jadis. Le noisetier paraissait prendre vie sur le pan du mur, ses couleurs dévorant le pâle jaune du torchis.
Je souris songeant à Ankou pensant qu’il se moquerait de moi, s’il me voyait béate d’admiration pour un dessin. C’est à ce moment là, que deux mains m’enserrèrent la taille et des lèvres murmurèrent à mon oreille


C’est magnifique mon cœur.

Oui, je trouve aussi., mais ce n’est pas tout… J’ai aussi fini le haut.

Sans attendre la réponse je lui pris sa main l’entraînant dans l’escalier menant aux pièces sous les combles. Les marches de bois craquèrent sous la force de nos pieds, mon rire résonna dans le couloir qui tout heureux de notre visite présenta ses portes. Mais une seule serait ouverte, une seule était secrète à ce jour pour Ankou.

Ferme tes yeux sans tricher hein !!

Posant la paume de ma main sur la poignée je fis jouer mon poignet dévoilant ce qui avait été fut un temps notre quête. Les objets trouvaient par notre compagnie les GO trouve tout !!
Sous les combles dans cette petite pièce éclairée par la rosace, les vitraux mettaient une touche d’honneur à colorer les objets figés sur des pierres.


Comment tu trouves mon musé ???


Missanges a écrit:
Le temps avait passé…
L’été s’était installé avec sa chaleur ralentissant de ce fait quelques mouvements. Mais la Miss avait pourtant été bien active au sein de la ville et à finir les quelques travaux restants à l’intérieur des demeures.
Aujourd’hui la demeure flambante comme les cheveux de sa propriétaire avait repris une activité normale et une certaine agitation se faisait entendre.

Dans la cuisine une discussion était en cours entre Miss et Josep…


- Dis moi que cela n’est pas vrai. Je n’ai pas tué un agneau pour le voir tremper dans la flotte !!
- D’accord cher rouspéteur, ce n’est pas de la flotte mais du thé. Des feuilles à prix d’or venu d’un autre pays que j’ai réussi à avoir lors d’un débarquement.
- Si cela n’est pas dramatique de voir cela, un agneau nourri et élevé avec les plus beaux produits dans la flotte…Même colorée l’eau reste de l’eau…La marinade c’est du vin Miss que tu le veuilles ou non. Je préfère partir que de voir cela.

Et c’est en fumant non pas la pipe mais du ciboulot que Josep sortit. Pas la peine de faire entendre quoi que cela soit à des personnes plus âgées elles ont toujours raisons. Et de mon temps c’était ainsi et de mon temps…Et patati et patata.

Je fis tremper mes morceaux d’agneau comme la recette de mon amie Fantou me l’avait donné. Je ressentis une pointe de tristesse car ma p’tite Fantou devait être là avec nous mais elle avait eu un contre temps. Mais qui sait…

Oui aujourd’hui les demeures du pain chaud se mettaient sur leurs 31 ! Un baron venait souper. Tout cela avait débuté sur une plaisanterie ou plutôt sur une moquerie au bureau économique, le baron se faisant plaindre d’une légère blessure à la main car tout le monde sait bien que les hommes sont des chochottes se plaignant souvent pour pas grand-chose…

Et de taquineries en taquineries l’histoire fut finie en souper…

C’est que le baron elle l’aimait bien la Miss même s’il disait des bêtises parfois, son dévouement pour le Languedoc était sans faille et elle aimait les gens ainsi.

Une bonne odeur se répandait dans la cuisine et tout humant, je dressais la table..
Bentich a écrit:
Une dernière journée à Narbonne, et une repas officiel chez la Maire du village, c'est qu'il fallait entretenir des bonnes relations en toute amitié, et surtout professionnelle, vu sa position de Conseiller aux Maires.

Cette journée avait commencé par la transmissions des ordres aux membres de l'armée, puis une visite chez la médecin-tresoriere de l'armée, pour les soins quotidien de la main. D'ailleurs elle se demandait comment, un vieux dinosaure pouvait avoir une telle vitesse de recuperation. Deux jours et déjà on aurait dit que rien ne s’était passé.

Donc une fois tout cela fait, le Baron flâna dans les allées du marché, car il fallait bien trouver quelque chose pour la maitresse de maison, et pour son compagnon. la politesse et le respect le voulait comme ça, du moins dans l'esprit du Baron. Il avait bien pense a un bouquet de fleur, mais ça faisait très cliché, Et vu l'heure il avait tout son temps pour trouver.

Et c'est par hasard qu'il tomba sur l’étal d'un artisan, qui faisait de magnifiques assiettes de décoration et autres miniatures dans différent métaux


Bon, j'ai déjà trouve chez qui, me reste plus qu'a trouver quoi maintenant
Missanges a écrit:
Deux, trois mouvements, un pas de danse esquissé autour de la table et celle-ci fut mise en un tour de main. Le beau linge bien rangé dans l’armoire fut sorti et il en recouvrit la table.

Le couvert fut dressé et quelques candélabres furent posés autour de la table, afin de donner une note de douceur.
Le vin serait choisi par Ankou maître de lieux. C’est que dans cette maison chacun avait son rôle même Josep qui avait endossé celui du râleur…
Bentich a écrit:
La journée avait passé à une vitesse, bon il fallait dire que le baron avait discutaille ferme pour avoir les réductions qu'il souhaitait et son choix c’était porté sur une assiette en étain avec l’écusson de Narbonne gravé pour Miss et un tire bouchon en forme de poisson pour Ankou.

Il était l'heure de se rendre chez Miss, et c'est d'un pas décidé qui se dirigea dans la ville, vu qu'il ne la connaissait pas trop il fit surement quelques détours, mais arriva quand même devant la grande bâtisse de Miss et Ankou

Il frappa lourdement sur la porte et attendit qu'on vienne lui ouvrir
Missanges a écrit:
Et tic et tac ha han …
Et tic et tac firent les heures de l’horloge. L’attente c’est toujours l’amie du stress. Cela laisse du temps à la pensée afin de calculer ce que nous aurions pu oublier…

Toc toc fit la porte
Boum boum fit le cœur.

Le voilà ! Josep toujours en pétard avait choisi de faire le sourd et c’est en souriant que j’ouvris la porte


Coucou Ben, bienvenue en la demeure du pain chaud.
Ankou a écrit:
Ankou, je vais faire la recette d’agneau que Fantou m’a donné, tu t’occupe du vin.

Je descends à la cave du pain chaud, une belle cave voûtée, avec une température toute en fraîcheur mais pas trop. Ma main parcourt la douceur des douelles des tonneaux. Puis je m’approche des bouteilles que nous avons patiemment acquises de toutes les régions connues. D’un regard j’avise la bouteille que je destine au repas de ce soir. Un joli bourgueil venu des terres Angevine un rouge un peu sec et léger.

Je remonte de la cave et l’invité est là.


Bien le bonjour Baron, bienvenue chez nous je suis heureux de votre venue.
Bentich a écrit:
Le suspens est à son apogée, un suspens qui vous glace le sens, pire que la vision d'un cerbère aux yeux de cyclope dans le pire des cauchemars. La porte s'ouvrira t 'elle ? Qui va l'ouvrir ? quand s'ouvrira t' elle et surtout la pire des choses, grincera t elle comme la grande porte de la cathédrale du Puy quand Nuitcristaline arrivait comme à son habitude en retard ?

L'attente glaçait le dos des personnes qui passait, puis soudain tout se précipita, l'ouverture du portail et derrière le sourire de Miss.


Bonjour à toi Miss, j’espère ne pas être en retard, mais j'ai du surement me tromper à un moment dans le dédale de ruelle

Il entra donc à l'invitation de la Maire de Narbonne et salua chaleureusement Ankou qui arrivait une bouteille à la main.

Puis il tendit les petits présents qu'il avait acheté dans la journée pour ses hôtes


A mon avis ce que je vous ai apporte mon cher, va vous servir pour que nous puissions déguster le nectar qui se trouve dans la bouteille que vous
avez remonté


Se tourne vers Miss

J’espère que tu n'as pas mis les petits plats dans les grands, et que tu ne dépasse pas les quatre entrées froides, les cinq entremets et les six plats de volailles.

Grand sourire complice, rien de tel que l'humour pour débuter une soirée entre amis
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MessageSujet: Re: Les demeures du pain chaud ! '    Dim 7 Juin - 18:25

Missanges a écrit:
Bonjour à toi Miss, j’espère ne pas être en retard, mais j'ai du sûrement me tromper à un moment dans le dédale de ruelle

Cela ne m’étonne absolument pas… Faut venir plus souvent ainsi tu ne te perdras plus.

Bouteille en main Ankou arrive saluant comme il se doit le baron. Josep se lève venant rejoindre le groupe

J’espère que tu n'as pas mis les petits plats dans les grands, et que tu ne dépasses pas les quatre entrées froides, les cinq entremets et les six plats de volailles.

Souriant de la taquinerie j’allais répondre lorsque Josep me devança.


Tu parles d’un repas c’est cuisiné à la flotte !!

Eclatant de rire je fis prendre place le Baron à la table en lui chuchotant. C’est un nouveau plat alors cela le dérange un peu dans ses habitudes… Et puis c’est un ronchon…

Posant la bouteille de vin sur la table, Ankou prit celle réservée pour l’apéritif. Une bouteille de Cartagène. J’apportais des petits fours maison.

Alors Cartagène pour commencer avec des p’tits fours maisons. Tapenade aux olives noires et vertes puis tomates séchées. Toutes les saveurs du Sud pour une entrée en finesse.

Levant mon verre.
Santé et à l’amitié !
Missanges a écrit:
Et de fil en aiguille ou plutôt d’heure en heure, le repas se déroula tranquillement.
Le moment tant attendu fut évidemment lorsque je servis à chacun le plat de résistance, le fameux agneau au thé ! Celui-ci, avait mijoté toute la matinée dans le chaudron en fonte et il avait répandu dans la cuisine une douce odeur d’épice.
Des saveurs originales, des épices venues d’un autre pays qui faisait voyager tout épicurien à table. Et ce fut le cas !!
Dire qu’il n’y eut plus aucun bruit serait mentir. Seul le son des fourchettes plongeant dans l’assiette se fit entendre.
Je souris lorsque mes yeux rencontrèrent ceux de Josep et nos rires fusèrent.


C’est tout nouveaux pour moi, Miss ! Mais je te le concède c’est sacrément bon !

Ankou se leva et fit le sommelier et son joli bourgueil fit merveille sur ce plat.

La soirée passa trop rapidement et ce fut l’heure du départ. Le baron prit congé devant reprendre les chemins.


Merci baron pour vos présents, je vous souhaite une agréable route.

La porte se referma, mais les verres continuèrent à tinter. Ankou et Josep finissaient le p’tit bourgueil…
Ankou.. a écrit:
Le temps avait changé pourtant les journées étaient encore douces. Les rayons du soleil semblaient combattre le froid de l’hiver s’installant.

Assis sous la tonnelle derrière la maison mon esprit vagabonde. Le pain chaud a bien changé. Que de travail réalisé pour faire de ces maisons jumelles notre chez nous. Des bâtisses de style pour des propriétaires aux caractères bien trempés ! Et ce labeur est là devant mes yeux, notre maison, une demeure ou l’on se sent bien.
Miss a fait de cet endroit un lieu plein de vie et où l’on a plaisir à se poser. La reine de la décoration ne manque pas d’idées et d’énergie et son enthousiasme fait plaisir à voir. Mais je suis un marin, c’est plus fort que moi. Les embruns m’appellent je suis à terre depuis trop longtemps. Je sais que ma Miss ne partage pas ce goût non pas qu’elle n’aime pas la mer mais elle aime le contact avec les personnes, ses amis et en mer c’est vite vue…Je sais qu’elle me fait plaisir. Je sais aussi que Josep prendra soin du pain chaud même si son regard se fait plus dur lorsqu’il croise le mien et pour tout dire j’ai tout de même un pincement au cœur.

Mes cartes marines sont étalées autour de moi et le vent taquin fait bouger les bateaux dessinés. Ma plume trace notre route, le contour se fait plus épais, une croix pour les étapes lors du voyage. Il est vrai que j’en parle depuis si longtemps.
J’ai préparé mon sac marin en toile de jute, Miss va encore me dire qu’il est vieux tout rapiécé mais je suis superstitieux et légèrement pen carn.
Cette fois ça y est nous allons partir, j’attends ce moment avec impatience et pourtant je ressens un peu de tristesse en regardant autour de moi.

Tout est prêt ! Les cales du Gwarlarn sont pleines, l’équipage au complet.
Je songe à la journée de hier à cette rencontre au marché. Déambulant entre les marchands installés sur la place afin de pourvoir à l’approvisionnement du navire, je fus sorti de mes pensées lorsqu'une personne les bras chargés de caisses me bouscula.
Il ne m’avait pas vue sans doute trop pressé, les excuses s’étaient terminées autour d’un verre après maintes discussions.
Apprenant que je partais en voyage il m’avait fait don de quelques caisses. Les rencontres sont souvent ainsi riches de surprises.

C'est ainsi que quelques heures plus tard, les fruits du généreux donateur étaient venus grossir les autres denrées. Mais il manquait encore une chose un jeu de cartes et oui ma Miss et sa tarentelle…
--...Miss a écrit:
Lorsque nous partons vivre des aventures il en résulte toujours des souvenirs. Ceux-ci se rangent au fond de notre mémoire sous diverses catégories. Bons ou mauvais et sans le vouloir ils s’estompent peu à peu, afin d’embrouiller un éventuel récit. Mais l’homme intelligent peut facilement remédier à ces pertes de mémoire en inventant quelques anecdotes.

C’est ainsi, assise dans un coin sur le pont du bateau, le visage fouetté par l’air humide, réparant ce foutu filet, que mon imagination alla bon train mettant en place l’histoire que j’allais conter à Josep. Une chose est sûre c’est que le Josep allait pousser une sacrée beuglante en me voyant !
Un voyage comme celui-ci sans donner des nouvelles, mais bon les pigeons auront encore bon dos !

Dans une brume épaisse qui avait entouré le bateau depuis plusieurs jours, une vareuse semblait s’agiter à la barre. Le capitaine Ankou donnait ses ordres et les marins exécutaient en répétant d’une voix forte les consignes. Une confirmation exécutée des ordres reçus dont la brume farceuse se délectait immédiatement. L’homme à la barre, la femme à l’aiguille admirable répartition des tâches humaines !!

Le son strident provenant d’un sifflet fendit la brume puis la voix du capitaine parvint plus clairement à mes oreilles …Narbonne en vue !

Assurément aucune personne ne croira la vision qui se joua à ce moment là. À peine Ankou venait de finir de dire le nom de la ville que le brouillard s’ouvrit comme nettement coupé par la lame d’un coup d’épée. Dans le lointain, des ombres se profilèrent, des maisons étrangement petites qui grandissaient rapidement sous l’allure de la proue. Des points de lumière s’éclairèrent, une fenêtre puis deux semblèrent prendre feu. Soudain Narbonne se para de ses plus beaux atouts lumineux. L’onde s’illumina captant cette lueur et chaque vague se touchant passait le relais de cette féerie lumineuse. La mer scintilla s’embrasa entièrement.

Narbonne nous voilà !
Missanges a écrit:
L’histoire ne dira pas quelle fut la distance, la plus rapidement engloutie par mes pas !
Celle qui relie le bateau au quai ou bien celle qui mène à la demeure du Pain - Chaud.
Quoiqu’il en soit, je fus vivement au sein de notre chez nous, laissant Ankou finir de donner ses ordres aux matelots. Je cherchais des yeux Josep. Je le vis, la hache à la main maugréant entre ses dents quel sapin choisir afin de décorer l’intérieur de la maison. Il semblait y mettre une mauvaise volonté trouvant un p’tit quelque chose à tous ces géants verts.
Sans faire de bruit je m’approchais de lui lentement. Lorsque mon corps fut assez près du sien je tendis les mains pour les poser sur ses yeux prête à crier…. Qui c’est…
Mais celui-ci se retourna vivement en disant


- Tu crois vraiment que tu allais me surprendre ! J’ai reniflé ton parfum depuis que tu as passé la barrière.

Prenant une moue légèrement boudeuse, je rétorquais

- Tsss !! T’es pas marrant toi !

La hache tomba au sol et l’instant suivant je fus dans ses bras. Aristote le bonheur peut être si simple. Le temps se figea l’éternité commença…
Soudain une main invisible leva le voile feutré qui était tombé sur nous et tout se remit en marche. Dans un brouhaha de paroles incompréhensibles chacun raconta ses jours passés sans l’autre, ses activités…
Tantôt j’élevais la voix prenant une posture de guerrière lorsque je décrivais comment nous avions affronté les lames de la mer en furie. Ses iris s’ouvraient en grand buvant mes paroles. L’instant suivant c’est moi qui écoutait son récit, faisant des hochements de tête tandis qu’il racontait son travail quotidien.
La vie avait repris autour de nous, les oiseaux eux aussi faisaient du bruit essayant vainement de couvrir nos paroles. Les rides de Josep s’activèrent plissant ses yeux pétillant de joie. Le rouge de ses joues s’accentua de plus en plus sans doute le froid ou bien l’émotion…


-Tiens au fait je pensais à cet arbre cette année. Qu’en penses tu ?

Son index désigna un beau sapin au feuillage vert foncé avec une multitude de petites aiguilles.

- Tu as raison c’est le plus beau.

Ankou nous ayant rejoint, il ne fallu guère de temps à ces deux là pour abattre l’épicéa. Quelques heures après ce roi des forêts embaumait et enchantait l’intérieur de la maison. Chacun y mit sa touche personnelle. Les jours passèrent si rapidement que nous en délaissâmes un peu la maison…
Le grand jour, la nappe blanche recouvrit la table et le précieux service fut de sortit ! C’était ainsi, celui-ci prenait l’air que pour de grande occasion et devait se transmettre de génération en génération… M’enfin chaque année, il devenait de plus en plus dépareillé…

Une belle agitation se déroulait au sein de la grande pièce. Josep chantait tout en plumant l’oie. Ankou transvasait le vin dans des carafes afin que celui-ci s’aère ! Si même le vin doit s’aérer maintenant…Sans doute un prétexte pour ne pas mettre la main à la patte !!

La journée passa rapidement et lentement le jour déclina laissant la lueur des bougies faire leur magie. Vers la fin du repas les treize desserts s’invitèrent au même moment où la musique des cloches nous appelèrent à la messe de minuit. Enveloppée dans une chaude houppelande, la main dans celle de mon mari, nous suivîmes la lueur des lanternes des familles nous précédent. Malgré l’heure tardive et le froid, les habitants de Narbonne marchaient vers l’église évitant quelques boules de neige fusantes.

Il sembla faire plus chaud à l’intérieur de l’église mais rapidement le froid gagna chacun de nous. Les trois messes s’enchaînèrent si rapidement que nous crûmes un instant qu’elles ne furent pas dites.

Une magie s’opéra au retour lorsque j’ouvris la porte. Des cadeaux s’étalaient au pied du sapin. Le bonhomme rouge était passé…
Tandis qu’Ankou dévoilait une boussole pour ne pas perdre le Nord à la barre de son bateau, je découvrais un magnifique bijou en forme de cœur.
Les mains de Josep exhibèrent fièrement une chaude veste mais il ne put se retenir de rouspéter en disant que des outils neufs auraient mieux fait l’affaire !

Les treize desserts finirent agréablement le gros souper mais la touche finale fut la petite goutte made in Josep !

Un jour de prit demain en sera un autre…
Ankou a écrit:
Le temps était venu.
Partir, partir loin sans savoir où l’on va, loin de ses quelques amis qui restent, tout recommencer...Si cela se pouvait, j’aimerais.
Marcher au gré des routes au hasard des rencontres
Plus que la volonté de richesse ou bien de liberté, c’est une vraie recherche de sens. Quoi de plus exaspérant qu’être sur une voie sans but, ne rien faire se sentir inutile.

Au delà du simple désir de partir, de fuir cette monotonie qui me ronge, peut être l’espoir secret de ne jamais revenir. Mais Miss ne l’imaginera sans doute pas un instant.
Je soupire de ne plus reconnaître Narbonne, la ville que j’avais choisi pourtant mais comme j’aimerais un instant croire à cet exil, une fuite vers un ailleurs.

Un proverbe irlandais dit que l’espoir, c’est ce qui meurt en dernier.

Partir pour mieux revenir, retrouver les siens autours d’une fête, d’un nouveau projet.
Tout laisser pour mieux retrouver ?
La forge va s’éteindre, le cœur du pain chaud va s’arrêter de battre pour un temps, court ou long, qui le sait. Je murmure un vieux poème entendu,

*La lune trop blême
Pose un diadème
Sur tes cheveux roux
La lune trop rousse
De gloire éclabousse

Mais voilà qu'il flotte
La lune se trotte
La princesse aussi
Sous le ciel sans lune
Je pleure à la brune
Mon rêve évanoui


* La Complainte De La Butte
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